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Clôture des Etats généraux de l’alimentation

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Publié dans
le 22.12.17
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Nous vous avions informés de la restitution de la 1ère phase dans laquelle le Président de la République affirmait sa volonté d’enclencher des transformations afin d’aller vers un modèle d’agriculture plus soutenable du point de vue économique, social et environnemental.

Voici la note de synthèse : Clôture des États Généraux de l’Alimentation

Ce jeudi 21 décembre 2018 avait lieu la journée de clôture à Bercy des États Généraux de l’Alimentation (EGA) ouvert en juillet dernier. Notre président Bernard Chevassus-au-Louis y était présent. Cette journée avait pour but de présenter les principales actions retenues à l’issue des ces EGA ainsi que de fournir une première feuille de route pour l’année 2018. Le mot de la fin a été laissé au Premier Ministre Edouard Philippe qui avait lui-même ouvert ces EGA en juillet dernier. 

Bilan de cette journée et des EGA au regard des attentes d’Humanité et Biodiversité

Sans reprendre la liste complète des mesures retenues à la sortie de ces EGA, un premier bilan peut être établi et complété par une analyse plus poussée (voir la note d’analyse). Tout d’abord, il convient de souligner que ces EGA ont été l’occasion d’échanges réels entre des acteurs qui avaient plus pour habitude de dialoguer par escarmouches vives, ponctuelles et récurrentes. Un grand nombre de propositions consensuelles sont ressorties des différents ateliers, notamment du second chantier des Etats généraux.

Presque tous les acteurs se sont prêtés à l’exercice et la quasi-totalité des filières ont répondu à la demande exprimée lors du discours de Rungis d'élaborer des plans de filières. La présentation en séance était trop rapide pour juger de l'importance des évolutions envisagées par les différentes filières, en particulier dans leur prise en compte des enjeux environnementaux, mais il a été indiqué que ces plans feront l'objet début 2018 d'échanges avec les associations et nous veillerons à prendre part à ces échanges.

Néanmoins, le projet de loi annoncé durant la journée restreint considérablement le champ exploré par tous les ateliers. Il portera pour l'essentiel sur les questions économiques discutées lors du premier chantier, avec quelques mesures sur la sécurité sanitaire et le bien-être animal. Il sera présenté début 2018 et mis en œuvre par ordonnances, ce qui limitera fortement les possibilités de débat au Parlement.

Les principaux points discutés lors du deuxième chantier font seulement l'objet d'annonces encore assez imprécises. Par exemple, un plan de sortie des phytosanitaires est "en préparation" mais ne sera connu que début 2018. De plus, un nouveau plan pour le développement du bio sera également élaboré, avec un objectif de passer de 6% à 15% des surfaces agricoles en bio en 2022, présenté seulement comme "envisageable" et devant faire l'objet d'une analyse économique sur son coût et d’une autre concertation. Il est dit aussi que l'on soutiendra les modes de production "favorables à l'environnement" mais sans afficher clairement une volonté de développer l'agroécologie (si ce n'est dans les pays en voie de développement). En outre, si la transversalité entre politiques agricoles et sanitaires est mise à l’ordre du jour, proposition que nous portons depuis longtemps, la biodiversité n’est évoquée qu’à travers les crises sanitaires sans réellement prendre en compte son rôle clé et systémique dans l’interface entre santé et agriculture. Enfin, d’autres de nos propositions, comme le soutien aux projets alimentaires territoriaux, ont été valorisées (objectif de 500 PAT d’ici 2020) sans pour autant faire l’objet d’annonce sur les moyens mis en œuvre.

Le discours du Premier Ministre a, pour sa part, mis en avant le rôle du consommateur dans la démarche de transformation des modèles de production agroalimentaires français. Ainsi, l’information au consommateur sera renforcée notamment sur l’origine et les modes de production des produits. L’incitation à des démarches volontaires des producteurs est le complément de l’information des consommateurs. L’esprit général est donc la mise en adéquation par le marché de la demande sociétale avec la production agricole. 

Pour conclure

Le bilan est, pour le moment, globalement assez décevant au regard des espoirs suscités par le discours du Président de la République à Rungis le 11 octobre. À noter cependant l'annonce d'un élargissement du Conseil National de l’Alimentation (CNA) pour que le MTES en soit la quatrième "tutelle" (aujourd'hui agriculture, santé et consommation) et qu'il intègre des représentants des ONG. Ce CNA pourrait donc être un lieu de poursuite du dialogue initié par ces Etats généraux. Le maintien du dialogue, notamment sur la seconde phase des EGA, est d’ailleurs soutenu par Nicolas Hulot.

Nous allons donc poursuivre notre travail de suivi et de plaidoyer afin d’intégrer réellement les enjeux environnementaux dans les futures politiques agricoles et alimentaires. Cela afin de transformer l’essai et d’atteindre les objectifs initiaux de ces États Généraux qui ne sont que très partiellement remplis à l’heure actuelle.

En pièce jointe: Note d'analyse

Commentaires

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2017-12-22 10:38:28 +0100

Lu... et entendu sur Europe n°1.. Ren n'est clair sauf une chose : au train où vont les "choses" les consommateurs sont en ligne de mire une nouvelle fois... Mais me direz-vous comment il pourrait en être autrement dans un société qui fonctionne sur la consommation et la croissance en passant exclusivement par toujours la même idée TAXER ( les dindons de la farce ...nous -expression de la semaine remontant au Moyen âge ); l'écologie à ce rythme va devenir vite insupportable à tous...
Attention veillez car c'est comme cela que l'opération va se terminer...
Prendre des décisions courageuses concernant le bien être de tous restent dans les discours toujours.
Bien avec vous et bon courage.

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2017-12-22 11:34:17 +0100

Discours du Premier ministre Édouard Philippe en conclusion de la journée de clôture des États généraux de l'alimentation, le 21 décembre à Bercy

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. ************************************************************************************************************************************* Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. ****...

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