POPULARITÉ
419

Détermination

Éditer
Publié dans
le 26.09.18
Capture_d%e2%80%99%c3%a9cran_2018-09-25_%c3%a0_21.23.15

Paris, le 23 septembre 2018.

"Si nous voulons éviter de grandes misères humaines, il est indispensable d’opérer un changement profond dans notre gestion de la Terre et de la vie qu’elle recèle." Ce premier appel, signé par 1.700 scientifiques date de 1992.

En 2018,

  • 15.000 scientifiques, biologistes, physiciens, chimistes , climatologues, océanographes, ont lancé un deuxième avertissement dans la revue Biosciences, traduite dans Le Monde.
  • 200 personnalités voudraient déclencher une action ferme et immédiate pour la biodiversité et le climat …
  • des marches sont organisées. Elles rencontrent un certain succès.
  • Les pétitions se succèdent …

Entre ces actions médiatiquement relayées, il y a le travail quotidien, incessant, des associations dédiées à la préservation de la nature. Je le connais bien pour avoir moi-même, quinze ans durant, mis la main à la pâte chez Humanité & Biodiversité, maintenant présidée par un autre scientifique, le biologiste Bernard Chevassus-au-Louis. Et je suis, dans la mesure de mes moyens, toujours membre actif car l’avenir de notre espèce se joue dans la décennie actuelle.

Résumons :
"L’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui."

Regardons de plus près … Toutes les initiatives ponctuelles qui fleurissent en ce moment sont la preuve que l’opinion publique est en état d’alerte écologique bien davantage maintenant qu’en 1992.
C’est déjà réconfortant.

Cependant c’est la détermination à agir avec constance qui doit s’installer dans la société. Et cette attitude a du mal à devenir quotidienne. Cela s’explique pour partie par la situation économique de bon nombre de nos concitoyens. Ils ont déjà fort à faire à se débattre pour joindre les deux bouts. Cela s’explique aussi par les habitudes prises par ceux qui n’ont pas ces problèmes pécuniers. Elles sont ancrées dans leur personnalité et un jour, ils prennent la résolution de s’en débarrasser, signent de bonne foi une pétition ou marchent en soutien à une cause mais le lendemain, un voyage ou le changement de voiture, ou tout autre décision entraînent encore beaucoup d’entre eux dans un choix néfaste au climat et à la nature. Pour ma part, je me reconnais dans ce dilemme permanent. Nul n’est parfait!

Par ailleurs mon amour de la nature ne va pas jusqu’à me faire penser que tout ce qui est naturel est bon et que la chimie est le diable. C’est pourquoi, comme mes amis de Humanité & Biodiversité, je ne suis pas hostile à tous les produits de synthèse utilisés en agriculture, ou en médecine … Cette attitude de rejet de la chimie ressemble à une régression. Et c’est pourquoi une position de vigilance, au cas par cas, est celle qui me paraît la plus sage. Adopter une vieille expression européenne comme ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain permet de garder les pieds sur terre et de ne pas déifier la nature par excessive réaction à une contestation de certaines pratiques entraînant hors du raisonnable et ceux qui les adoptent et ceux qui les vilipendent radicalement.

Hubert Reeves

Commentaires

1
2018-09-26 23:19:28 +0200

A propos , voici la position exprimée par Hubert Reeves sur les pesticides, dans le cadre d'un colloque au collège de France le 6 septembre organisé par le Think Tank "LePlusImportant" (https://leplusimportant.org...)

Cette position est relayée par le blog du journaliste Olivier Masbou le 17 septembre.

Hubert Reeves : « la bonne écologie regarde à la fois les animaux, la nature, mais aussi les humains »

Dans une conférence donnée le 6 septembre dernier au Collège de France, l’astrophysicien Hubert Reeves remet, utilement, les choses à leur place sur la question des pesticides. « Les pesticides, pour la plupart des écologistes, c’est la peste. Il faut les exterminer. Ils ne savent pas que les pesticides nous ont sauvé de ce qu’on appelle la famine de l’an 2000 » déclare-t-il. Il rappelle que lorsqu’il était étudiant aux Etats-Unis dans les années 60, la faculté d’agriculture voisine de son université, était essentiellement composée de chimistes. Ils avaient une mission : trouver une réponse au fait qu’à cette époque les milieux scientifiques s’attendaient à une immense famine vers les années 2000, une famine qui pourraient concerner des centaines de millions de personnes. « Cette famine n’est pas arrivée, poursuit Hubert Reeves. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu la révolution verte. Et qu’est-ce que c’est la révolution verte, c’est d’avoir développé les pesticides ». « Les pesticides, ça nous a sauvé. Mais ça pose énormément de problèmes. L’attitude, ce n’est pas le rejet total comme ci c’était la peste, mais de regarder au cas par cas. De penser par exemple qu’il y a des animaux qui meurent, mais qu’il y a des fermiers qui meurent aussi parce qu’ils n’ont pas les moyens d’avoir les récoltes qu’il faut (.) Une bonne écologie, c’est une écologie qui regarde à la fois les animaux, la nature, mais aussi les humains » conclut-il. Dans le contexte actuel, cela fait du bien à entendre.

source : http://leblognotesdolivierm...

1

0
2018-09-27 15:31:18 +0200

Cependant c’est la détermination à agir avec constance qui doit s’installer dans la société. Et cette attitude a du mal à devenir quotidienne. Cela s’explique pour partie par la situation économique de bon nombre de nos concitoyens. Ils ont déjà fort à faire à se débattre pour joindre les deux bouts. Cela s’explique aussi par les habitudes prises par ceux qui n’ont pas ces problèmes pécuniers. Elles sont ancrées dans leur personnalité et un jour, ils prennent la résolution de s’en débarrasser, signent de bonne foi une pétition ou marchent en soutien à une cause mais le lendemain, un voyage ou le changement de voiture, ou tout autre décision entraînent encore beaucoup d’entre eux dans un choix néfaste au climat et à la nature. Pour ma part, je me reconnais dans ce dilemme permanent. Nul n’est parfait!

Non, et donc il faut que nos gouvernants à qui nous avons confié le devoir de légiférer, contrôler, sanctionner, acceptent cette responsabilité qui est celle de prendre des décisions nécessaires, radicales d'une certaine manière (mais l'urgence l'impose) , le fassent.
L'élan de la COP21 (comme les précédentes ?) n'a rien donné, dès l'année suivante nous étions déjà en retard ...

Je peux faire de mon mieux, je suis humain, faillible, ignorant de beaucoup de choses, à titre individuel polluer moins, sans doute un peu oui. Toutefois, nous sommes 6-7 milliards et nos responsables politique seuls ont le pouvoir d'intervenir à l'échelle de régions, de pays, et c'est nécessaire.
Il est nécessaire d'interdire ou de limiter légalement, on ne peut pas attendre de chaque citoyen qu'il ait le temps, les connaissances, la compréhension de savoir faire les meilleurs choix de consommations, ni aux très nombreuses petits entreprises ni même aux grandes, collectivités et j'en passe.

Aussi, ne faisant plus aucun doute que dans les décennies à venir, même si nous arrêtions toute pollution dans l'année (ce qui est simplement impossible), les processus naturels sont déjà là (la fonte es pôles continuera pour seul exemple) et leurs conséquences seront de plus en plus dures pour la vie en général, il faut aussi penser à cet avenir difficile qui s'annonce.
C'est un autre défi, une autre responsabilité pour tous, et donc pour nos gouvernants.
Il ne s'agit pas seulement de moins polluer, mais de se préparer à ce qui va arriver et d'anticiper de la meilleure des manières possibles pour offrir la meilleure des réponses possibles aux défis de demain.

Quoi qu'il arrive, La planète tournera toujours autour du soleil, la gravité, comme les autres lois de l'univers, ne se préoccupe pas de savoir si un objet dans l'espace accueille ou non une vie consciente ou non pour que cet objet continue d'exister ou non.
Je pense que l'humanité ne disparaîtra pas totalement, mais ce qui fait cette planète belle, c'est à dire nous, nos créations l'art, risque de disparaître et ceux qui resteront n'auront peut-être pas la chance de recommencer ... aujourd'hui les problèmes de fin de mois, demain (après nos morts à nous aujourd'hui vivants sans doute, mais pas dans si longtemps), la survie ?

0

0
2018-10-03 18:00:44 +0200

"On ne peut pas résoudre un problème avec le même type de pensée que celle qui l'a créé." disait Einstein.
Je crois que cela s'adapte bien à l'agriculture.
Dans un contexte de pic pétrolier, de pic du phosphore, de pollution des sols, il faut tout réinventer.
Sinon, on se retrouve à faire des plans Ecophyto et rien ne change, les pesticides continuent d'être utilisés massivement.
Partons de la question : comment se passer des pesticides, en particulier des pesticides de synthèse ?
Posons cela comme point de départ. Cela permet de penser différemment. L'agroécologie, l'agroforesterie et la permaculture sont des réponses intéressantes qui gagnent à être davantage explorées par la recherche scientifique.
L'agriculture biologique utilise des pesticides et le fait que ces pesticides soient d'origine naturelle ne veut pas dire qu'ils soient sains (ex : le cuivre de la bouillie bordelaise). Evitons ceux qui sont les plus nocifs, les moins sélectifs, appuyons-nous sur la vie du sol, sur les champignons dont le mycélium permet de faire mieux circuler les nutriments.
Et soyons inventifs, appuyons-nous davantage sur les services rendus par la nature, sur les prédateurs des ravageurs, sur la diversité des variétés cultivées, sur les semences paysannes, sur les associations de cultures, sur un sol vivant.
C'est possible mais pour faire sauter les verrous actuels, il faut... un grand mouvement populaire et nous devons y contribuer.

0

À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 771714
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 302500
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 125984
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 222267
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 43824
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 271399

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy