POPULARITÉ
345

Loup et pastoralisme : un nouvel arrêté qui change les règles

Éditer
Loup__berger__moutons

En début d’année la population de loup a été évaluée à environ 527 individus dépassant ainsi le seuil de 500 loups mentionnés dans le plan national loup lancé en 2018. Le gouvernement a donc décidé de lancer une feuille de route « post 500 loups » et de modifier les modalités de gestion du grand prédateur.

Ces modalités viennent d’être fixées par l’arrêté du 26 juillet 2019 portant sur l’expérimentation de diverses dispositions en matière de dérogations aux interdictions de destruction pouvant être accordées par les préfets concernant le loup publié le 27 juillet 2019, et pris pour une durée limitée, jusqu’à la fin de l’année 2019. La mise en œuvre de ce dispositif expérimental fera alors l’objet d’une évaluation par le Préfet coordonnateur.

Deux disposition principales sont mises en place par l’arrêté:

1. L’adaptation des dispositifs de tirs avec la création d’un cercle de zonage «0» dans lequel sont comprises les communes qui ont subi plus de 15 attaques par an sur les trois dernières années. À l’intérieur de ce « cercle 0 », les conditions de tir du loup sont assouplies. En outre, un tir de défense mixte est mis en place pour ce « cercle 0 » ou les zones reconnues comme « difficilement protégeables ».
2. L’augmentation du pourcentage de la population de loups pouvant être abattus. Le plafond était de 10-12% de la population et passera à 17-19%. C’est donc entre 90 et 100 loup qui pourraient être abattus en 2019. En juillet 2019, le nombre de loup abattus était de 52 soit un de moins que le plafond fixé par les précédente normes (10-12% de la population).

De nouvelles mesures d'indemnisation sont prises pour les dégâts causés.

Voir https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/de-nouvelles-regles-d-indemnisation-en-cas-d-attaque-du-loup-1563983484

Nos propositions

Nous avions élaboré, il y a plus d’un an, une note de position au sujet de la cohabitation entre loup et pastoralisme. Celle-ci est plus que jamais d’actualité puisque bien qu’ouverte à une gestion adaptative et différenciée (en fonction des caractéristiques des territoires socio-économique, écologique et pastoraux), notre association estime que cela doit être conditionné à des études préalables. Or, ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement qui semble se diriger vers une gestion de la souffrance des éleveurs à court terme en augmentant seulement le nombre de tir à saupoudrer sur les territoires où le prédateur et le pastoralisme doivent cohabiter et en indemnisant les pertes pour les éleveurs. Aucune évaluation de l’effet du tir létal sur la structuration des populations de loup n’a été effectuée ni d’étude sur la vulnérabilité à la prédation du loup en fonction des territoires.

Retrouvez en document joint nos propositions.

Consultez également la note du président de l'association, Bernard Chevassus-au-Louis, sur les populations de loups en Europe.

En vignette: Loup, berger, moutons © Musée des Civilisations Europe Méditerranée

Commentaires

0
2019-08-03 02:58:50 +0200

il est à regretter , et pour le loup et pour nous que l'exemple de ce qui c'est passé au parc de Yellowstone , où grâce à la ré-introduction du prédateur , l'écologie du territoire c'est recomposé , ne serve pas de leçon de vie à nos ''élites dirigeantes'' si peu éclairées ...

0

1
2019-08-06 14:23:52 +0200

Loup et pastoralime, mais ce n' est pas très compatible avec décision politique et électoralime !!!!

1

1
2019-08-20 11:44:53 +0200

Pas étonnant en fait... Hélas quand on voit le ministre de l'Agriculture aller se délecter tout sourire d'un spectacle de corrida avec sa collègue chargée de la Cohésion des territoires... Sans compter La secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées qui a même présidé une corrida le 17 août dernier, à Dax... Tout cela laisse songeur... Alors les loups... La biodiversité... C'est de la poudre aux yeux pour ces gens là... Ils autorisent la chasse d'espèces d'oiseaux menacées... Alors même que nous sommes dans une crise sans précédent avec une extinction massive, un climat et une nature ravagée... S'il avaient une quelconque volonté d'inverser la situation actuelle, cela se saurait non...? Pire, j'ai l'impression que la seule place qu'on nous laisse, c'est d'être des "Don Quichotte" lutant contre des moulins à vent !!!! Pour eux tout cela n'existe pas ou il font tout comme, le résultat est le même et s'aggrave de jour en jour...

1

-2
2019-08-20 14:32:30 +0200

Je n’ai rien contre le loup, il ne m’apporte rien de plus que de le voir fugacement (trois rencontres qui ne m’ont pas procuré la jouissance suprême) lors de mes périples dans mes Pyrénées.
C’est très beau et louable de vouloir le loup et l’ours dans nos territoires exigus de la métropole, mais totalement utopique, irréaliste et irresponsable !
Dans les commentaires, « l’encre » fait référence au parc de Yellowstone. OK mais nous ne parlons pas du même monde ! d’un côté un territoire immense et pratiquement vierge, de l’autre une France aux territoires exigus et mités de toute part par la présence humaine et sa surdensité.
vouloir défendre le loup à grand renfort d’études préalables, de recherches et de mise en place de principes de gestion, adaptatives ou différenciées, de conditionnalité des indemnisations, de protections diverses après études préalables sur les milieux, d’élargir la réflexion, de faire de nouvelles études avant de concrétiser, d’en évaluer la pertinence, de créer des programmes pluridisciplinaires, d’appréhender ces mesures et programmes au regard des vulnérabilités et facteurs divers…, mettre en œuvre des réflexions, des concertations, des interactions, des préalables, des anticipations etc ….OK
Mais ce n’est qu’une suite de logorrhée absconse qui se noie dans un verbiage inutile.
Pendant ce temps, les éleveurs subissent et désespèrent pendant que l’on pérore dans les salons !
Mettez les pieds concrètement dans les campagnes et les montagnes françaises avant de gamberger, en quittant les sentiers battus ou balisés !Vous y rencontrerez des personnages sains d’esprit et courageux, qui ne demandent qu’à vivre de leur travail sans être importuné par des fauves qui n’ont plus leur place dans des territoires anthropiques. Et j’élude le risque pour ceux qui s’aventurent ; on n’est jamais à l’abri d’une bête malsaine ou affamée ! Les accidents ne sauraient tarder s’il n’y a pas limitation.
Vous avez une vue totalement idéaliste des grands fauves ; on doit certes les protéger, quand c’est possible, sur des terres appropriées à leurs mœurs et leurs espèces.
Le territoire européen est trop colonisé pour qu’ils y subsistent en harmonie avec l’espèce humaine, sans en réguler le développement;
Si vous tenez vraiment à les côtoyer, alors allez camper dans la steppe et la toundra. Ils vous seront reconnaissant d’améliorer leur ordinaire.
Bien sûr le voyage est risqué et onéreux ; il vous reste la solution de les implanter dans certains lieux comme, par exemple, le bois de Boulogne. Ils pourront faire un peu de ménage et s’aiguiser les crocs !
Bien cordialement

-2

1
2019-08-21 01:37:53 +0200

ok ... comparaison : surface totale des Pyrénées = 19 000 km2 .... parc de Yellowstone 8991 km2 ....

1

0
2019-08-21 06:41:04 +0200

le problème ne se pose pas en terme de surface mais de densité et d'occupation humaine;
D'autre part, vous avez constaté personnellement les retombées positives sur yellowstone ou vous ne faites que rapporter ce que l'on a bien voulu vous laisser entendre ?

0

3
2019-08-29 14:20:02 +0200

Dans les échanges dans notre communauté, il faut s'écouter. Le Loup est venu en France, contrairement à l'ours il n' a pas été réintroduit. La souffrance des éleveurs est réelle, il faut toujours essayer des discuter, d'échanger. Une société, où l'on voit des gens masqués et en arme à la TV indiquer qu'ils étaient prêts à tirer en toute illégalité n'est pas acceptable.
https://www.lexpress.fr/reg...
"La brigade loups de l'office national de la chasse et de la faune sauvage est, elle, attendue jeudi pour procéder à de potentiels tirs aux abords du parc.

Manifestation des éleveurs des #HautesAlpes depuis ce matin devant la préfecture de #Gap.
La surveillance est assurée par un équipage de @PoliceNat05. pic.twitter.com/c73SjtDDfe
— Police nationale 05 (@PoliceNat05) August 27, 2019"

l'ONCFS doit faire son travail.

3

0
2019-08-29 17:12:54 +0200

A Bompart
Bien sûr qu’il est inacceptable de voir des gens masqués en arme pour, défendre n’ est pas le bon mot, mais plutôt déshonorer leur cause.

Mais se parler, prévoir, étudier les causes et les remèdes appropriés ne satisfait pas leur demande immédiate de protection qu’ils attendent désespérément, pendant que l’ on pérore dans les salons.
Il faut comprendre que ces gens cherchent à subsister dans des milieux difficiles où ils sont nés et où ils ont vécu
Ils sont, pour certains, excédés de voir leur troupeau saccagé par des fauves qu’ils ne souhaitent pas dans leurs estives, et dont ils ne voient que le côté négatif. Ceci simplement pour la satisfaction de populations qui ne vivent pas dans ces milieux hostiles et qui ne verront jamais le loup ou l’ours, sauf très rare opportunité.
Le loup a sa place dans la nature, sans contexte, mais il ne peut aller à l’encontre des gens du cru qui ont le mérite de nettoyer un peu les espaces envahis par une végétation anarchique, même si elle est naturelle. Ou alors, il faut leur abandonner totalement la montagne et les réserves naturelles, puis revenir, sans intervention humaine aucune, aux sites et paysages de la préhistoire .

Or, vu la densité humaine de plus en plus inquiétante, cet abandon est utopique.
La régulation dans les territoires occupés par l’homme est incontournable et doit être sévèrement encadrée. A défaut, on va obligatoirement vers des affrontements et exactions inévitables

0

1
2019-08-30 19:58:13 +0200

Merci à "toine" d'apporter son tésoignage et de rejeter comme Jean-Pierre Bompard l'attitude de certains personnages indignes de représenter le monde des bergers.

1

À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 764964
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 340221
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 131225
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 210862
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 41213
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 283251

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy