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PLAN BIODIVERSITE 2018 : La position de H&B

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Publié dans
le 20.07.18
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Suite à l’annonce par Nicolas Hulot le 18 mai à Marseille d’un plan gouvernemental pour la biodiversité, le gouvernement a dévoilé, le 4 juillet, le contenu du plan national pour la biodiversité, à la suite d’une réunion interministérielle présidée par le Premier Ministre, Edouard Philippe.

Humanité et biodiversité se réjouit de voir l’ensemble du gouvernement se mobiliser autour de l’enjeu de la reconquête de la biodiversité. Cependant, nous regrettons le caractère précipité de la démarche qui n’a pas permis de mettre en place, comme lors de l’élaboration de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité (SNB), de véritables concertations entre les acteurs concernés.

Sur le plan des objectifs stratégiques, les principales cibles, c’est-à-dire les principaux facteurs responsables de l’érosion de la biodiversité- qu’il convient d’atténuer ou de supprimer - sont bien identifiés. Cependant, nous considérons que ces cibles ne constituent que des objectifs stratégiques intermédiaires, des « obligations de moyens », par rapport à l’objectif global d’arrêter l’érosion de la biodiversité, voire de la restaurer. Enfin, la principale faiblesse de ce plan réside dans la quasi-absence de moyens nouveaux.

De nombreuses initiatives sont à prendre, des objectifs restent à préciser, des modalités d’action à définir. C’est pourquoi nous demandons en particulier :
- 1. que soit élaborée et présentée rapidement une « feuille de route » énonçant pour chaque mesure les actions concrètes à mettre en place, les opérateurs qui en seront chargés, les livrables attendus et leur échéancier.
- 2. que soit mis en place un dispositif de pilotage interministériel pérenne, chargé de veiller à la mise en place de toutes ces mesures et d’en rendre compte régulièrement, en particulier devant le Comité national de la biodiversité.
- 3. que soit complétée la liste des valeurs cibles à atteindre pour les différents objectifs de ce plan pour la réduction des pressions ou l’amélioration de l’état de la biodiversité. Ces valeurs devront être déclinées au niveau des grandes régions biogéographiques, en concertation avec les collectivités territoriales.
- 4. que certaines actions soient redéfinies rapidement de manière beaucoup plus opérationnelle et efficace, en particulier pour la protection des zones humides (5) et des prairies permanentes (24), la lutte contre l’artificialisation (6 à 10) et la réduction des subventions néfastes à la biodiversité (88).
- 5. que les mesures relatives aux aires protégées soient élargies pour prendre en compte la protection des ZNIEFF, les nouveaux Parcs naturels régionaux et le soutien au réseau Natura 2000, qui devra rester un dispositif important de la future politique agricole commune.
- 6. Enfin, pour notre association, la crédibilité de ce plan sera jugée à l’automne, à l’aune de la Loi de finances 2019. L’annonce faite que «250 millions seront dédiés au renforcement des actions engagées par le ministère et ses opérateurs » devra donc se traduire par une augmentation substantielle de ces moyens et nous seront particulièrement vigilants sur ce point.

Retrouvez la position complète d'H&B en document joint

Commentaires

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2018-07-21 01:25:53 +0200

Les objectifs de moyens sont plutôt une sorte de ronronnement alors que les objectifs de résultats allient le sens et l'efficacité,

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2018-08-02 16:16:03 +0200

Ce plan n'apporte aucune rectification ou complément à la politique quantitative de l'eau dont les projets de territoire, censé régler les conflits d'usage et établir les conditions d'une restauration des milieux, constituent en fait une relance insensée de l'irrigation. La biodiversité de certaines régions ne peut s'améliorer si la surconsommation agricole et la maîtrise domestique ne sont pas étudiées et cadrées scientifiquement. Aujourd'hui c'est le lobby de la FNSEA qui fixe ses besoins et veut ainsi paramétrer les programmes. La Charente Maritime , sous couvert de pseudo solutions est gravement menacée avec des programmes qui rehausseraient de 30% à 60% les consommations agricoles moyennes actuelles. Au delà de la pléthore d'incitations, d'orientations, de conseil et de conciliations, des normes juridiques devraient cadrer un fonctionnement durable, ça ne coûte pas cher, encore faut-il en avoir le courage politique.

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

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