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Proposition 8 : mettre en place des projets territoriaux portés par des communautés d’acteurs

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Publié dans
le 22.03.17
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Thème : Alimentation et santé

Proposition 8 : mettre en place des projets territoriaux portés par des communautés d’acteurs.

Toute politique publique doit avoir son pendant opérationnel pour être mise en œuvre. Il est proposé ici, via des appels à projets, de faire émerger des actions innovantes dans les territoires associant à la fois les scientifiques et les acteurs de terrain et permettant de tendre vers des « territoires positifs pour la biodiversité et la santé ».

Pour résumer :

Quand on dégrade notre environnement, on contribue à nous rendre malade. A l’inverse, le bon fonctionnement des écosystèmes aide à lutter contre la propagation des maladies ; L’Humain fait partie du vivant et fonctionne comme, et en lien avec, les écosystèmes naturels. Il nous faut donc comprendre comment fonctionne la nature pour comprendre comment préserver notre santé ; La biodiversité est notre ressource, c’est notre « assurance santé de demain ».

Le besoin d’une prise de conscience des acteurs de la santé

Ces éléments majeurs ne sont pas suffisamment pris en compte pour la santé humaine et par les institutions de santé, essentiellement mobilisées sur les soins, sur le curatif. Or, de nombreux outils, de nombreuses agences sanitaires spécialisées existent, disposent des études et de la connaissance, et sont dotées de plans d’actions et de crédits. C’est un changement de paradigme de l’ensemble du secteur dont nous avons besoin : il faut se focaliser sur les causes et pas seulement sur les conséquences et mettre en place des approches pluridisciplinaires (médecins et écologues, vétérinaires et sociologues, etc.).

Les décideurs publics peuvent jouer un rôle clé en facilitant les passerelles entre les institutions, en les encourageant à utiliser des ressources et expertises communes. Mais ces passerelles ne sont et seront possibles qu’à travers une approche interministérielle du problème, croisant l’environnement, la santé humaine et la santé animale. Cette approche est essentielle pour la traduction sur le territoire national de l’approche « One Health », promue au niveau international par l’Organisation mondiale de la santé. Enfin, sur le terrain, les populations et les acteurs socio-économiques qui sont usagers ou gestionnaires des ressources naturelles doivent être associés et écoutés (agriculteurs, éleveurs, forestiers, ONG etc.).

Deux leviers pour agir

Concrètement, notre association propose d’actionner deux leviers :

  • 1- La mise en place d’un pilote parmi les institutions nationales d’études, de recherches et de propositions sur les liens entre santé et biodiversité. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), déjà bien positionnée sur la santé environnementale, pourrait jouer ce rôle de chef de file, en liaison avec les autres agences concernées. Cela nécessiterait de lui octroyer les crédits nécessaires pour lui permettre de se positionner sur cette problématique clé. La négociation du nouveau contrat d’objectifs pluriannuel 2018/2023 est une excellente opportunité pour engager cette politique.
  • 2- Le lancement de projets innovants dans certains territoires pour aider les acteurs locaux à agir, en favorisant la collaboration entre scientifiques, acteurs de la société civile (ONG, agriculteurs, pêcheurs,…) et pouvoirs publics. Il s’agirait de favoriser à travers des appels à projets (ou autres outils adaptés), l’émergence d’actions locales portées par des « communautés d’acteurs » dans les territoires, autour d’une démarche inspirée du « Health impact assesment » développé dans les pays anglo-saxons. A partir d’un diagnostic portant, d’une part, sur l’état, la « santé » des milieux naturels et, d’autre part, sur l’état de la santé humaine et de la santé animale (épidémiologie), les acteurs agiraient en conséquence pour améliorer l’état de santé écologique du territoire et en mesurer les effets sur la santé de la population et de leurs animaux concernés.

On pourrait par exemple se donner pour objectif des territoires « 0 biocide » ou plus largement des « territoires positifs pour la biodiversité et la santé » (TPBS), à l’instar de ce qui existe dans le domaine de l’énergie avec les territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV). Divers outils institutionnels existants pourraient être utilisés : les contrats territoriaux de santé portés par les Agences régionales de santé ou les Atlas de la biodiversité communale, portés par le ministère en charge de l’environnement.

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

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