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Au Brésil, un quart du littoral pollué par des hydrocarbures

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Publié dans
le 01.11.19
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La pollution qui frappe depuis août le nord-est du Brésil a déjà atteint plus de 2 000 km de littoral,«avec de graves conséquences pour l’environnement et la sécurité des populations», s’inquiètent les Nations unies.

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L’origine de cette catastrophe, elle, demeure inconnue.

- Entre colère et résignation, les Brésiliens n’en finissent plus, depuis bientôt trois mois, de jour comme de nuit, de nettoyer leurs plages.
Des centaines de bénévoles, dans le nord-est du pays, s’activent, sans équipement adapté, exposant leur santé, pour sauver ce qui peut l’être, là où s’accumulent sans discontinuer les galettes et traces d’hydrocarbure.

- Cette pollution, jamais, ne semble s’arrêter. D’où vient-elle ? Du grand large, dans une zone située à environ 700 kilomètres des côtes, dans les eaux internationales. Mais précisément, nul ne le sait. D’une plate-forme offshore ? Ou d’un supertanker transportant du pétrole du Venezuela, incognito en raison du blocus imposé par les États-Unis sur ce pays ? Voire d’une collision entre cargos lors d’un transfert de pétrole, de bateau à bateau…

- Selon des analyses de la compagnie pétrolière Petrobras, le pétrole recueilli sur le littoral brésilien serait un «mélange issu de trois champs vénézuéliens». À forte densité, il s’écoule non pas à la surface de l’eau, mais au fond de la mer, ce qui complique son repérage.

- Mais ceci ne dit rien sur la pollution et son origine, donc sur la façon de la stopper. «C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin», a expliqué l’un des directeurs de Petrobras, Eberaldo de Almeida Neto, lors d’une conférence de presse, le 25 octobre dernier.

- Plus de mille tonnes de mazout et autres résidus d’hydrocarbure ont déjà été ramassées par les habitants du littoral, selon la Marine brésilienne, et ce sur près de 2 250 kilomètres au nord-est du Brésil.
Pas moins de neuf États sont concernés. Le pétrole y souille les plages, y détériore les mangroves, ces écosystèmes protecteurs de la côte et de sa biodiversité dans cette région, parmi les plus pauvres du Brésil, où la population vit du tourisme, dont la saison approche, et des ressources de la mer.

- Par dizaines, tortues, oiseaux ou dauphins meurent. Les coraux et la flore sont également durement touchés. Même si l’on peine à quantifier l’impact exact écologique, économique ou sanitaire des nappes d’hydrocarbure à la dérive, le terme de «désastre» environnemental est désormais employé sur place, comme en ce qui concerne les feux en Amazonie.

Plus de 50 jours avant de mobiliser l’armée

- Et c’est loin d’être fini. Les nappes s’approchent de zones de migrations de baleines, et menacent en outre la baie de Rio de Janeiro. Selon le journal brésilien O Globo, il a fallu plus de 40 jours pour que le plan d’intervention prévu en cas de marées noires soit actionné par le gouvernement de Jair Bolsonaro. Et plus de 50 jours après les premières pollutions pour que 5 000 militaires soient mobilisés.

- Pour "Anna Carolina Lobo", responsable du programme de protection des océans de l’antenne brésilienne du Fonds mondial pour la Nature "WWF": «C’est une situation très critique». «Nous savons que les côtes peuvent mettre au moins vingt ans pour s’en remettre», s’inquiète-t-elle, tout en dénonçant l’impréparation gouvernementale.

- Le ministre de la défense Fernando Azevedo e Silva a reconnu qu’il était impossible de déterminer le temps que durerait cet écoulement de pétrole. «Nous n’avons aucune notion de durée, notre objectif est de limiter les dégâts et de renforcer la surveillance maritime et aérienne», a-t-il déclaré.

- Non content de se défendre en assurant qu’il avait pris des mesures, le gouvernement à travers son ministre de l’environnement, Ricardo Salles, a mis en cause Greenpeace dans cette pollution, le 24 octobre, sur Twitter: «On dirait qu’un navire de Greenpeace naviguait justement en eaux internationales face au littoral brésilien au moment de la fuite de pétrole vénézuélien», a-t-il écrit.

- L’ONU a fait part mardi 29 octobre de sa «profonde inquiétude» alors que «près d’un quart» des 7 000 kilomètres de littoral du Brésil a été touché. L’organisation, tout en soulignant «l’importance de l’utilisation d’équipements de sécurité» pour les bénévoles qui participent aux opérations de nettoyage, déclare se mettre «à disposition pour collaborer avec les autorités et la société civile pour identifier l’origine» de la pollution, et trouver «des solutions alternatives pour en limiter les conséquences».

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2019-11-01 11:28:04 +0100

Et aussi https://actu.orange.fr/soci...

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