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Au Kenya les roses épineuses de la Saint-Valentin

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Publié dans
le 14.02.15
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Nairobi, premier exportateur de fleurs coupées à destination de l’Europe, réalise un tiers de sa production à l’occasion de la “fête des amoureux”. Un secteur prospère mais au fort impact social et environnemental.
Extrait:
' Entre 70 000 et 80 000 roses, d’une palette allant du rouge au jaune, sortent tous les jours de ses entrepôts. Direction l’Europe, à 7 000 kilomètres de là, mais aussi les Etats-Unis, l’Australie et le Japon."

Dans un pays où 40 % de la population est au chômage, la floriculture, qui emploie 500 000 personnes, dont 90 000 dans les fermes, est perçue comme un eldorado malgré la faiblesse des salaires

Si les fermes de fleurs sont si frileuses à ouvrir leurs portes, c’est que leur activité, ainsi que la population croissante qu’elles attirent, ne sont pas sans conséquences sur l’écosystème de Naivasha.

L’horticulture kenyane en chiffres
2 150 Nombre de fermes de fleurs au Kenya (150 grandes exploitations, dont une soixantaine autour du lac Naivasha, et 2 000 petits producteurs). Elles représentent 3 700 hectares de serres. 60 % des fleurs produites sont des roses.
500 000 personnes Nombre de Kenyans qui travaillent dans la floriculture, dont 90 000 directement dans des fermes. Au total, ce secteur fait vivre 2 millions de Kenyans.
125 000 tonnes Quantité de fleurs exportée par le Kenya en 2013. Nairobi est le quatrième exportateur au monde et le premier vers l’Europe. C’est aussi le cinquième producteur après l’Inde, la Chine, l’Equateur et la Colombie.
500 millions de dollars Valeur des exportations de fleurs du Kenya chaque année, qui en font la troisième source de devises étrangères du pays, après le tourisme et le thé. L'horticulture dans son ensemble génère 1 milliard de dollars par an.
36 % Part des importations de fleurs de l'Union européenne qui proviennent du Kenya, devant l'Equateur (15 %), l'Ethiopie (15%) et la Colombie (12 %) "

Le reportage intégral au cœur de la vallée des roses, sur les rives du lac Naivasha.
http://www.lemonde.fr/planete/visuel/2015/02/14/au-kenya-les-roses-epineuses-de-la-saint-valentin_4576021_3244.html

Texte
Audrey Garric

Commentaires

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2015-02-14 16:13:03 +0100

Les Valentins et Valentines qui tiennent à fêter ce jour feraient mieux d'éviter les fleurs coupées, du Kenya ou des serres de Hollande, "parce que les fleurs coupées sont périssables"... et ne sont pas de saison (sauf les camélias et les mimosas dans les régions méridionales).

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2015-02-14 18:10:45 +0100

Pourquoi aller chercher si loin ces fleurs "épineuses" ?
Une simple rose dessinée plaira davantage, ou par ces temps d'hiver, un petit perce-neige, emprunté à Dame Nature au fond de son Oasis nature ...

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2015-02-15 11:22:53 +0100

Très juste! Moi aussi, cela fait des années que j'ai expliqué à mon épouse pourquoi je n'achèterai pas ce type de fleurs. Elle l'a bien compris et j'achète toujours des fleurs de saison et de région. A défaut de fleurs, ce peut-être une patisserie en forme de fleur ! Ou un mot joliment écrit...

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2015-02-15 13:16:31 +0100

Mais que penser des roses-pétroles, des fleurs importées de loin (Equateur par exemple) par avion (pour rester fraîches) et ayant un équivalent pétrole démesuré par rapport à leur brièveté? Il s'agit d'impact en terme de réchauffement climatique, et donc en terme de biodiversité et, au final, de santé humaine.

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2015-02-15 18:10:00 +0100

Votre réponse est agréable à lire. Néanmoins, vous semblez mélanger deux choses très différentes:
1) le transport maritime, en particulier à voile (Moyen-Âge), très écologique, et qui était source de fertiles échanges culturels jusqu'au XIXème siècle
2) la mondialisation actuelle, poussée à l'extrême, plutôt source d'érosion culturelle (uniformisation des cultures) et utilisant - pour les roses en tout cas - des transports polluants par avion (dois-je vous rappeler qu'il est actuellement le transport le plus émetteur de CO2?
La navigation, même par bateau utilisant du fioul, ne l'est pas autant - loin s'en faut - mais nécessite des temps de transport incompatibles avec celui des roses.
Par ailleurs, qui vous dit que les conditions de production des roses en Aiirque ou en Amérique latine sont décentes? De mémoire, j'ai déjà lu des articles à ce sujet. Regardez aussi la manière dont sont tissés les vêtements en Asie (et les accidents professionnels peu indemnisés)...Il n'est évidemment pas question de vision du monde noir et blanc, mais de vision en teintes de couleurs....Et il me semble que l'achat irréfléchie d'une "rose" sans souci de sa provenance prédomine largement sur l'état d'esprit de questionnement et préférence des productions locales à l'achat. Cela ne concerne pas les politiques, mais chaque citoyen.
Avec de petites actes quotidiens, l'ensemble des consommateurs pourrait infléchir certaines tendance. Il s'agit d'information.

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2015-02-15 18:12:50 +0100

OK pour l'idée du commerce équitable. Je fais comme vous pour le cacao, les bananes (biologiques aussi) (aliments qu'on n'est pas obligés de consommer tous les jours non plus) et surtout le café...

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2015-02-15 20:53:56 +0100

Denrées précieuses, oui. Mais denrées rapidement périssables, non...Je ne comprends pas en quoi trafic d'armes et commerce des fleurs peuvent être comparés: que l'on achète des fleurs du Vaucluse ou du Kenya, que peut-on face au trafic d'armes? A part (et il n'est pas certain du tout que cela change quoi que ce soit) en votant ?

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2015-02-15 22:06:51 +0100

Il paraît qu'il y a des roses "équitables"… Même s'il en existe qui sont ainsi labellisées, le sont-elles vraiment quand on sait combien de critiques sont émises sur ces labels ?
Dans l'article du Monde il est dit, à propos de la culture "responsable tant pour l’environnement que pour les salariés":
" Lorsque l’on cherche à vérifier ces informations sur le terrain, on se heurte rapidement aux barrières des fermes ultra-sécurisées, derrière lesquelles les journalistes ne sont pas les bienvenus…."

Il est donc quasiment impossible d'avoir les preuves récentes d'une production de roses véritablement "équitables" au Kénya.

Et il n'existe aucun moyen de transport autre que l'avion …
les fleurs sont coupées en boutons le matin et quittent l'aéroport de Nairobi en soirée …
Et une rose achetée, c'est à 90 % de l’eau, sans doute de l'eau du lac Naivasha…

Pourtant un boycott généralisé des roses kényanes serait une catastrophe pour les salariés des fermes floricoles… l'industrie des fleurs emploie 50 000 travailleurs !
Mais ce boycottage, un temps souhaité par une association kényanne, n'est plus envisagé…
Il faudra bien que se résolvent les conflits que provoquent l'utilisation de l'eau, la déforestation , la pollution… et l'afflux de population vers ces fermes horticoles…

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2015-02-15 22:08:39 +0100

Pour ma part, il n'est pas question de repli nationaliste (si j'aime mon pays, j'en aime aussi beaucoup d'autres et me sens surtout citoyen de la planète Terre!). Mais je comprend votre allusion... Quand au pistolet sur la temps, celle-ci m'échappe totalement, par contre... Je ne suis pas au courant que je fabrique des armes. Je pense que les collusions lobbys de fabriquants/gouvernements le font, mais contre mon accord... Il me semble qu'il n'est possible d'agir que dans les limites de ses possibilités. Il était plus question, dans mes interventions, de la notion d'empreinte écologique. Savez-vous que certaines personnes achètent du raisin d'Egypte en plein mois de janvier? Que pensez-vous de cela? Le total libre-échange est-il compatible avec les impératifs du dérèglement climatique?

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2015-02-16 14:06:58 +0100

Il est important d'admettre que chaque pays décide de son sort. Les acteurs, je parle par exemple des syndicats, sont souvent hostiles au boycott. Alors soyons modestes dans nos réactions.

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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