POPULARITÉ
2080

Des boues rouges … en France aussi.

Éditer
Publié dans
le 02.12.15
Alteo_gardanne_vue_large

La rupture de deux barrages au Brésil fut évoquée sur notre site sous le titre "Drame humain et écologique"
Hubert Reeves s'exprime sur lepoint.fr en évoquant le problème que pose ces "boues rouges" en France.


"À l'heure de la COP21, échéance fondamentale pour les générations futures, l'État brésilien du Minas Gerais subit, à la suite de la rupture de deux barrages, une terrible pollution aux « boues rouges ». Celle-ci se répand tout au long du fleuve Rio Doce jusqu'à son delta, et atteint donc la mer située pourtant à quelque 800 kilomètres de l'accident.
En France aussi, nous avons actuellement un problème qui n'est certes pas de même ampleur, mais qui met néanmoins en cause ces mêmes « boues rouges » transformées à partir de bauxite, minerai riche en oxyde de fer présentant cette couleur caractéristique. L'usine de Gardanne transforme cette bauxite pour créer des « alumines de spécialités » employées notamment dans nos écrans plats. Depuis 1966, l'usine rejette des effluents liquides au large de Cassis, dans la toute récente réserve des Calanques créée en 2012, et ce, au moyen d'une canalisation vieille de cinquante ans. Certes, une partie importante de ces effluents sont transformés en déchets solides. Pour l'exploitant, ces substances ne sont d'ailleurs pas des « déchets », mais plutôt une matière nouvelle qui reçoit le nom commercial de « bauxalite », stockée désormais sur le site de Mange-Garri, balayée par les vents et lessivée par les eaux de ruissellement. Et pendant ce temps, les rejets en mer, certes diminués, se poursuivent encore.
Dans ces conditions, les ONG - FNE, FNH, LPO, Surfrider, WWF et Humanité & Biodiversité - ont écrit au Premier ministre pour rappeler que l'arrêté préfectoral de 1996 prévoyait un arrêt de rejets en mer au 1er janvier 2016 et, puisque ce n'est pas le cas, lui demandent que l'autorisation d'exploitation ne soit pas renouvelée. Le ministère de l'Écologie ne fait pas mystère du fait que cette solution est la seule possible. Le dossier est maintenant entre les mains du préfet représentant de l'État français. En cette semaine où le monde entier a les yeux braqués sur la France, quelle va être la position gouvernementale ?"

Vignette: © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP Le site de MangeGarri à Gardanne où les résidus de bauxite qui produisent les boues rouges sont stockés sous forme solide.

Vous trouverez en pièce jointe le courrier auquel Hubert Reeves fait allusion

Commentaires

3
2015-12-02 10:52:27 +0100

Ce ne sont plus des boues qui sont rejetées en mer puisqu'elles sont stockées sur terre mais l'évacuation des résidus liquides en Méditerranée n'est pas neutre. On comprend les pêcheurs. Mais la menace sur les emplois existe qui ne peut être négligée… On parle de 700 !
Après avis favorable au renouvellement de l'autorisation donné par le commissaire enquêteur, qui résume la consultation publique, en effet la décision incombe au préfet qui doit trancher avant le 31 décembre 2015, après avis du gouvernement.
Eh bien ce n'est pas une décision facile à prendre !

3

-1
2015-12-02 19:42:28 +0100

Quand va t -on arrêter le sempiternel chantage à l'emploi! On peut se reconvertir professionnellement si nos gouvernants veulent bien changer leur fusil d'épaule, par contre je ne connais aucun mort qui travaille et la pollution tue!

-1

2
2015-12-03 09:47:38 +0100

Il s'agit de ne négliger ni les non-humains... ni les humains!
Fermer l'usine au 31 décembre 2015 serait-il vraiment la solution tenant compte des deux impératifs?
Pas si simple !
Ce couperet est-il supportable pour les salariés ? Reconversion ?… avec embauche à la clé ? est-ce assuré ?
Et même pour la nature?… Notre indispensable approvisionnement en alumines proviendrait alors de groupes étrangers : leurs préoccupations environnementales seraient - elles nettement meilleures que celles de Gardanne? En tous cas, l'éloignement génèrerait de plus longs transports …
Pas facile de trancher, selon moi...

2

1
2016-01-02 18:48:35 +0100

Le 30 décembre 2015
Résultat
Plusieurs associations de défense de l’environnement et de riverains dénoncent la toxicité de ces boues rouges. Néanmoins, certaines se sont montrées mesurées à l’annonce de la décision d’autorisation. « Le Conseil a finalement émis un avis favorable à une dérogation permettant des rejets liquides dans la Méditerranée, mais seulement pendant six ans, et non dix ...

http://www.la-croix.com/Eth...

1

À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 766125
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 343351
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 131396
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 210881
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 41226
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 283511

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy