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Des tribus et des agriculteurs s’unissent pour mettre fin à l’expansion de la culture du palmier à huile aux Philippines

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le 04.11.14
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Des peuples indigènes et des petits exploitants agricoles de la province de Palawan, aux Philippines ont appelé à l’arrêt de l’expansion des plantations de palmiers à huile qui détruisent les forêts dont ils dépendent pour survivre.

Leur récente Coalition contre l’accaparement des terres (CALG) a recueilli plus de 4 000 signatures de la part des populations indigènes et des agriculteurs affectés par les plantations et a appelé à un moratoire sur l’expansion du palmier à huile.

Palawan, qui est souvent désignée comme la ‘dernière frontière écologique des Philippines’ est une réserve de biosphère et le foyer de nombreux peuples indigènes tels que les Palawan, les Batak et les Tagbanua, lesquels dépendent de leurs forêts pour leur subsistance, leur plantes médicinales et la construction de leurs maisons.

Il a été cependant planifié la conversion de 20 000 hectares de terres tribales en plantations de palmiers à huile qui détruirait à jamais les forêts dont les peuples indigènes dépendent. L’huile de palme est utilisée pour les biocarburants et dans de nombreux aliments et produits cosmétiques.

‘Pour trouver des plantes médicinales, nous devons marcher plus d’une demi-journée pour atteindre l’autre côté de la chaîne de montagnes’ a déploré un Palawan. ‘En raison de la longue distance, nous devons laisser nos enfants à la maison, par conséquent ils ne peuvent ni apprendre le nom de ces plantes ni leur usage. Les connaissances anciennes se perdent.’

Les plantations ont été catastrophiques pour les communautés locales. Les taux de pauvreté et de malnutrition augmentent rapidement dans la région qui détient la plus grande quantité de terres converties à la production d’huile de palme. Le représentant de la communauté, John Mart Salunday, a qualifié le projet de véritable ‘fiasco’ en termes de lutte contre la pauvreté.

Survival International, le mouvement pour les droits des peuples indigènes, soutient la demande de moratoire sur les plantations de palmiers à huile à Palawan et appelle le gouvernement philippin à veiller à ce les peuples indigènes de Palawan puissent donner leur consentement libre, préalable et éclairé avant de mener toute activité sur leurs territoires – tel que l’exige le droit international.

Commentaires

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2014-11-05 22:17:04 +0100

merci pour l'info il faut éviter d'acheter de l'huile de palme ,ou des dérivés.

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2014-11-07 10:37:03 +0100

Non Milune, pas d'accord ! Ne tombons pas dans une autre extrémité elle aussi, celle du boycott, due à l'ignorance.
La culture d'huile de palmier africain est traditionnelle dans de très nombreux pays d'Afrique où des coopératives s'organisent pour leur exportation.
Au Costa Rica, un village entier en vit, voir mon article : http://www.humanite-biodive...
Il faut organiser la traçabilité et proscrire les achats d'huile de palme qui causent la déforestation.
Il faut un label contrôlé de manière indépendante.
Militer pour arrêter la consommation totale revient à mettre au chômage des milliers de personnes, ailleurs, qui ne dépendent pas forcément de grosses firmes.
Attention !
Le palmier à huile est un miracle de la nature, il n'a aucune maladie, aucun champignon, et hormis le désherbage aucun intrant n'est nécessaire.

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2014-11-07 14:22:48 +0100

merci pour l'info

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2014-11-15 19:19:09 +0100

Les emplois suscités par l'exploitation industrielle de l'huile de palme sont souvent des emplois assez précaires et parfois à la limite de l'esclavage, comme j'ai pu le constater dans divers documentaires . La traçabilité de l'huile de palme est toujours en gestation, depuis des années, malgré les réunions et les documents élaborés par le WWF et les industriels réunis pour la certification RSPO.... A mon sens, c'est l'ignorance même qui conduit à consommer sans compter des produits contenant de l'huile de palme, et c'est l'information qui incite à s'en méfier et à l'éviter...Pourquoi, si ce produit est si vertueux, les industriels le masquent sous des termes tels que "huile végétale", "graisse végétale", "lauryl sulfate"? Par ailleurs, l'huile de palme est très riches en acides gras saturés, et une personne qui consommerait le matin des pain de mie industriels à l'huile de palme, le midi une pizza ou un produit pané à l'huile de palme, à 16h des gâteaux industriels ou de la pâte à tartiner à l'huile de palme, et, le soir, une soupe à l'huile de palme serait menacée de problèmes cardio-vasculaires. La consommation fréquente de cette huile n'est certainement pas étrangère aux infarctus et autres maladies cardio-vasculaire survenant chez des gens de plus en plus jeunes....La méfiance est de mise, et Survival, Kalaweit, et autres ONG ne me contrediront pas, Hervé Coves non plus...Nous nous sommes rencontrés sur un réseau social sur ce thème...Il n'y a pas de fumée sans feu et en matière d'huile de palme, la transparence n'y est pas...

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2014-11-15 19:24:56 +0100

Et les conflits d'intérêts y sont souvent (par exemple pour la RSPO, personne de vraiment neutre pour l'élaborer, et malgré cet "accouchement" difficile, la certification restera douteuse car empreinte de conflits d'intérêts, par comme pour ECOCERT ou FSC...)

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2014-11-15 20:15:11 +0100

Germain,
je comprends ton indignation et tu as raison, l'industrie agroalimentaire pousse à utiliser l"huile de palme qu'elle fabrique ou achète de manière monstrueusement exagérée. Et c'est mauvais pour la santé. Mais sais-tu que l"huile de palme sert aussi dans les huiles de vidange, les lubrifiants de fusils, etc?
J'ai déja écrit dans un commentaire que des millions de personnes en Afrique et ailleurs sous les tropiques vivent artisanalement de cette culture, des gens qui n'ont que ça pour vivre, les imagines-tu lire ton commentaire? Que recherches -tu comme but, combattre pour interdire ou bien lutter pour une éthique stricte dans une filière scandaleuse, parce que manipulée? mais pas que !!
Personnellement, je suis allé dans les champs de palme, j'ai discuté avec des paysans, c'est pour cela que je m'exprime. Merci.

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2014-11-15 20:25:15 +0100

Oui, merci pour ces précisions, je sais qu'il existe une culture traditionnelle, ancienne, de l'huile de palme, dont les importations au port de Marseille existaient déjà il y a longtemps (dans d'autres proportions).
Je sais aussi que cette huile est utilisée comme lubrifiant, comme élément des produits de toilette et de beauté (gel de rasage, gels douche, savons)...et comme ingrédient des agrocarburants (où se pose encore un problème d'accaparement des terres)…

Cependant, je souhaitais corriger votre remarque sur l'ignorance qui conduit au boycott. Vous connaissez certainement mieux l'Afrique que moi. En revanche,dans ma région, les gens qui boycottent l'huile de palme sont (comme par hasard) les plus réfléchis et informés (et, je pense, intelligents, mais l'intelligence n'est pas si facile à mesurer).
En plus, bannir les produits pleins d'huile de palme revient à éviter des produits industriels fabriqués en masse par des compagnies parfois peu scrupuleuses (d'ailleurs, UNILEVER a déjà été moultes fois dénoncé pour son manque d'éthique auprès des salariés). Ces produits sont souvent aussi trop salés, contiennent souvent trop d'additifs (pas toujours évidemment, mais souvent) et de produits transformés dont on sait que leur consommation régulière est associée à un risque accru de maladies.

EN FRANCE, éviter les produits contenant de l'huile de palme, c'est recourir à des marchés courts, à des produits locaux ou régionaux, fabriqués avec de l'huile d'olive ou du beurre (chez nous, c'est cela qui est ancestral...et pas les matières végétales hydrogénées ou l'huile de palme). Je me demande dans quelle mesure les terres libérées par la non-consommation (par les occidentaux) de l'huile de palme pourraient être utilisées à des fins humaines dans ces pays qui souffrent de famine si l'on en croit les actions de ACTION CONTRE LA FAIM notamment...

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2014-11-15 20:27:43 +0100

Tout est une question de proportion…
En Corse, on fabrique de petites charcuteries à partir d'élevages de porcs en plein air. Si le monde entier s'entichait de charcuteries corses, où cela ménerait-il cette fabrication traditionnelle qui crée aussi de l'emploi?
La mondialisation défait beaucoup de règles et rend souvent les consommations a priori anodines ravageuses (exemple: la consommation de quinoa en Amérique du Sud).

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2014-11-15 20:53:49 +0100

Bonsoir, on pourrait philosopher longtemps et engager un vaste débat sur ces questions.
Doit on privilégier les pommes et les poires et proscrire les bananes et le chocolat, et quelles conséquences cela aurait il sur les filières équitables et bio qui se sont construites sur place? Sur des régions qui vivent de ça?
Il ne faudrait plus acheter que de l"huile de palme, des bananes ou autres produits lointains issus de filières réellement équitables, si possible bio et de manière réfléchie. Ça réduirait les achats d'huile de palme, et par la même occasion les problèmes qu'elle suscite, et ça ne pénaliserait pas les petits paysans. C'est une question de point de vue.
Pour moi, d'une part :
- on ne peut pas empêcher le commerce, l'empêcher de manière stricte aujourd'hui nuit à des personnes innocentes qui trinquent de manière "bis". On doit faire en sorte qu'il tende vers des équilibres éthiques. Et je persiste, l'ignorance mène au boycott, oui, les personnes qui se soucient de mener une vie éthique sont souvent éloignées d'un terrain où des personnes cherchent simplement à subvenir à leurs besoins.
- et puis, "vivre simplement pour que les autres simplement vivent", oui.

Mais attention aux décisions strictes à l'effet papillon. Ce n'est pas l'huile de palme qui est mauvaise, mais l'usage qui en est fait, la manière dont c'est travaillé et vendu, idem pour internet ou tout autre produit ou tendance.

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2014-11-15 21:15:28 +0100

Nous tombons d'accord, alors, et je conclus de cet échange que l'indication de la provenance de l'huile de palme pourrait être utile aux consommateurs…
Mais le statu quo en la matière rend le choix du consommateur critique quelque peu difficile (il paraît effectivement logique, ne serait-ce que pour des notions d'équivalent-pétrole, de garder les bananes, chocolat et autres produits venant de loin, pour une consommation occasionnelle, et pas quotidienne...). Merci

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2014-11-15 21:29:59 +0100

Oui nous sommes d'accord. Quelque chose du genre : "Huile de palme en provenance de petits producteurs contrôlés par la certif indépendante ..." et une mention du style "l'abus d'huile de palme peut nuire à la santé, consulter votre mèdecin ......" + "L'huile de palme venant de tel pays dépense tant d'équivalent pétrole, pensez à consommer local", ce style serait de bonne augure.
Mais dans ce monde d'une liberté économique façonnée par et pour les plus riches, c'est pas facile à mettre en oeuvre ! Indignons nous ! Luttons !

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2014-11-15 21:42:02 +0100

Dans la publication de Survival ce sont populations indigènes elles-mêmes et des agriculteurs affectés par les plantations qui appellent à un moratoire sur l’expansion du palmier à huile.
Les situations sont contrastées et finalement, c'est au cas par cas qu'il faut apprécier car ce qui est vrai aux Philippines ne l'est pas au Costa Rica ou en Afrique
J'ai relu avec intérêt http://www.cirad.fr/actuali...
Et oui à la traçabilité prônée en conclusion des échanges.

Quant à l'abus de matières grasses, quelles qu'elles soient, c'est, bien sûr, à proscrire !

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2014-11-15 23:54:44 +0100

Effectivement, militer contre la consommation de huile de palme aura vraisemblablement des répercussions sur les populations qui vivent de la production et de la commercialisation de cette huile.
Pour ma part, je me suis investi contre le développement de cette production à Bornéo. Les zones côtières agroforestières faisaient vivre beaucoup de personnes. Lorsque la production du huile de palme s'est imposée, elle a offert du travail à un nombre limité de familles. Toutes les autres se sont déportées dans des bidonvilles à la périphérie des grandes villes.
Globalement, même si un faible pourcentage des populations rurales ont un niveau de vie légèrement améliorée grâce à lui de palme, la majorité restante ne vit que grâce aux aides alimentaires des pays industrialisés.
Cette production est vraiment un facteur de récession sociale dans ce secteur de la planète.
Le spectre de l'accaparement des terres, la paupérisation des populations, la gloutonnerie des pays industrialisés, sont des problématiques liées. Nous en avons la responsabilité.

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2014-11-16 08:51:32 +0100

Le problème me rappelle celui de l'or: il fait vivre (un peu) certaines personnes à peu près dignement, mais il est aussi à l'origine d'une extraction illégale qui intoxique l'Amazone et ses population au mercure...L'or de toutes les provenances (y compris celui issu de la refonte) est revendu par des GROSSISTES sans distinction d'origine ou de méthode de production....Il en résulte que l'achat de bijoux en or, aujourd'hui, est responsable d'une dégradation de la santé et de l'environnement en Amérique du Sud. Le consommateur ne peut pas faire la différence, puisque même les bijoutiers ne le peuvent pas, du fait des pratiques des grossistes (la seule solution est de se tourner vers les bijoux anciens ou les rares entreprises rééllement engagées dans l'or éthique, qui coûte forcément beaucoup plus cher (Jewellery Ethically Mined). LE PROBLEME RELEVE DONC AUSSI DE LA PRATIQUE DES GROSSISTES ET IL SERAIT BON QUE LES PETITS PRODUCTEURS AFRICAINS PUISSENT OBTENIR UN LABEL ET VENDRE DIRECTEMENT à des sociétés engagées dans le respect de l'environnement (exemple: Bonneterre).

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2014-11-16 08:52:27 +0100

Mais tout mélanger dans le même gros sac à 90% néfaste des grossistes n'est pas une bonne chose...

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2014-12-06 09:07:12 +0100

Conflit entre l'industrie, la faune et la flore en Indonésie: encore un orang-outan mort criblé de balles.

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2014-12-17 20:33:40 +0100

Lisez cette nouvelle publication qui reprend beaucoup de points que j'ai notés dans mes commentaires...

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2014-12-28 10:01:09 +0100

Le gouvernement malaisien part en croisade contre le "palm bashing" ou dénigrement de l'huile de palme... « Aucun pays ne peut se permettre d’avoir 80 % de forêts s’il veut se développer », assène Yusof Basiron (président du Conseil malaisien de l’huile de palme)
Les industriels commencent à penser qu'il ne sert à rien de promouvoir la consommation alimentaire de l'huile de palme car les besoins en agrocarburants sont énormes. D'ailleurs 80% des nouvelles plantations servent aux carburants! http://www.lesechos.fr/fina...

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2015-01-02 19:06:36 +0100

« La nouvelle vague d’accaparement des terres destinées à l’huile de palme dépouillent les communautés d’accès à des ressources vitales en terres et en eau »...http://www.radio-kankan.com...

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2015-01-02 19:17:10 +0100

Accaparement des terres et déversement de pesticides dans l'environnement (tiens, tiens) sont cités dans un article présenté ici.

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À propos de l'auteur

Survival International aide les peuples indigènes à défendre leur vie, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir. Survival est la seule organisation mondiale soutenant les peuples indigènes par des campagnes d'opinion. Elle fut fondée en 1969 à la suite d'un article de Norman Lewis, dans le journal britannique Sunday Times dénonçant les massacres, le vol des terres et le génoci...

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