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Extrait de "Tous les lys du monde..."

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Publié dans
le 02.05.17
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Si je vous propose cet extrait, c'est que, voyez-vous, j'ai eu pour habitude d'aller en forêt, tant en Normandie qu'en Ile de France, voire même dans le Périgord ou la Lozère, juste pour y faire de l'observation forestière. Ce besoin d'être en phase avec la nature vient très certainement de mon adolescence lorsque j'étais en pension en pleine campagne normande. C'est aussi par goût, avec le désir de mieux connaître la faune dite "sauvage" de ces espaces et qui parfois est venue à ma rencontre. J'aurai bien des anecdotes à vous raconter mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est de trouver parmi vous de gens qui comprennent mieux à quoi je fais allusion, quand je parle d'amour de la nature.

Voilà pourquoi je vous propose ce petit extrait de cet ouvrage que j'ai écrit : "Tous les lys du monde n'y suffiraient pas" dont la préface vous a été livrée.

" - C’est finalement en fin de soirée que la petite auto et son conducteur, saoulé de virages, d’arbres et de bosquets défilants, de poids lourds montant péniblement les côtes, se présenta devant l’hostellerie de l’un de ses amis qui l’attendait.
Il faut dire que dans cette contrée lointaine, réfugiée au sein d’une région sauvage, magnifiquement préservée, les routes étaient des chemins d’aventure, les masures abandonnées au flanc des collines, des châteaux forts menaçants et les villages blottis le long du torrent, des oasis vite traversées. Mais que de paysages merveilleux avait-il contemplés tout en roulant, pendant que le soleil poursuivait son périple quotidien.
Dans son petit véhicule, il avait poursuivi la rivière, passé le vieux pont de pierre, s’était arrêté sous le clocher de l’église. Il avait longé le mur vermoulu de la propriété autrefois noble, aujourd’hui bourgeoise, d’une notabilité. Il avait klaxonné à plusieurs reprises pour avertir de sa présence la vieille paysanne imperturbable qui montait la côte en vélo à son rythme habituel. Il avait rencontré la carriole et son vieux canasson au détour d’un virage. Il avait suivi le car de ramassage et vu les enfants s’éloigner dans leur cape, le visage abrité sous leur capuche, se donnant la main, vers leur maison chaude et douce. Il avait observé le château orgueilleux et découvert la petite chapelle enfouie sous le lierre. Il avait confronté son regard à celui rond et doux de l’inévitable vache qui s’était un peu trop écartée du troupeau et que son gardien enjoignait de réintégrer à l’aide de son bâton.

Il avait parcouru son pays dans toute son extraordinaire beauté. Il avait traversé son territoire et sa vie quotidienne, observant petit à petit les indicibles changements d’architecture des monuments, la forme des toitures d’ardoise et de tuiles, l’évolution des habits et des habitudes des habitants, tout ce qui donne à chaque région ses caractéristiques et ses charmes. Et il aimait la FRANCE, car elle était belle toujours différemment, riche de toutes ses régions, de toutes ses origines, de toutes ses cultures toutes merveilleusement intégrées.
Telle une nation exemplaire dans un monde qui se dispute âprement ses différences, parfois avec violence, parfois dans la honte des tortures, des viols et des rapines, elle était simplement majestueuse et honorable. Même dans ses doutes.
Harassé de fatigue, il était donc arrivé dans ce petit coin de LOZÈRE, au ras des fameuses Cévennes, dans ce village niché au creux d’une vallée, au pied du mont du même nom. Il avait découvert la maison de pierre blottie au flanc de la montagne. Il avait arrêté sa voiture sur l’esplanade, face au soleil couchant dont les rayons nimbaient d’ocre les sommets bientôt envahis eux aussi par la brume.
L’hostellerie en ces lieux avait quelque chose de magique. Mais la magie n’avait pas encore exercé tout son charme. Il fallait pour cela qu’il se présente, voyageur hirsute, sur le seuil. Là, une dame accorte, toute de douceur et d’attention, pleine d’un sourire qui a lui seul, faisait soleil dans la nuit, l’accueillit comme l’un de ses enfants attendus après une longue absence. Ce, avec le magnifique, le magistral accent de ce pays méditerranéen qui venait parfumer les paroles de bienvenue et de réconfort.
Le visiteur subjugué qu’il était, gardera toujours dans son cœur, l’excellence d’une femme remarquable, par sa simplicité et sa sincérité, par sa gentillesse et son dévouement. Image immuable et pleine d’amour qui quelque part au fin fond de la LOZÈRE, l’attendait au détour d’une nuit fraîche de printemps, sur sa route vers l’Espagne, comme s’il était l’un des siens. Le plus naturellement du monde.
Il était venu dans la demeure de celui qui devait devenir son "ami cévenol" comme l'a si bien chanté Yves Duteil. Et cela est et restera absolument magique.-"
L. Y. S.

Commentaires

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2017-05-03 09:44:50 +0200

J'ai retrouvé "Mon ami cévenol" chanté par Yves Duteil

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2017-05-06 10:42:23 +0200

Une expédition dont j'ai toujours rêvé

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2017-05-06 11:02:13 +0200

Patrick son ami cévenol, a été mon meilleur ami. Ce poète qui magnifiait sa production culinaire avec un art sublime et je pèse mes mots, a été celui qui m'a offert, apporté, donné un regard sur la vie et le comportement humain bien différent de ce que j'avais rencontré jusque là. Par exemple, provocateur pour obtenir la réaction de son vis-à-vis dans un débat, il savait entrer dans la profondeur de son âme et de son esprit. Cela donnait des échanges vraiment intenses et passionnants. Mais je n'en dirai pas plus pour ne pas encombrer ce site dont le propos est autre, sauf que justement il avait pour l'humanité et la biodiversité une attitude déjà complètement en phase avec la Vie. Malheureusement il est parti bien trop tôt pour qu'on lui reconnaisse ses nombreux talents, sauf pour quelques-uns comme Yves Duteil ou Renaud. Entre autres.

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2017-05-16 10:59:32 +0200

Merci pour ce partage rempli d émotions tellement intenses !!!!
La forêt si belle est mon monde merveilleux: j'y vis de fabuleuses découvertes depuis 40 ans !

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2017-05-19 18:16:59 +0200

Si vous aimez les arbres ne passez pas à côté de ce remarquable ouvrage : " NOS AMIS LES ARBRES". La Vie secrète des arbres, de Peter WOHLLBEBEN. Vous serez surpris(e) je crois de découvrir à quel point la vie peut être diversifiée et avoir beaucoup plus d'intelligence, d'interconnexion, de sens même chez les arbres.

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À propos de l'auteur

Enfant de l'estran, cabri breton comme on me baptisait dans mon enfance lorsque je sautais d'un rocher à l'autre, je ne suis jamais qu'un passant. Un passager de la vie au parcours qui m'a conduit au travers de la société, du monde bourgeois dont je suis issu au monde tout court, celui qui parcourt la cité. Celui-là même auquel on se frotte quotidiennement sans même parfois le remarquer. Or j'a...

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