POPULARITÉ
29

Frelon asiatique : les apiculteurs veulent utiliser le dioxyde de soufre

Éditer
Publié dans
le 22.07.13
Frelon130719152906845_20_000_apx_225_

Le frelon asiatique, dévoreur d’abeilles, ne cesse de se multiplier et de conquérir de nouveaux territoires. Débordés par ce prédateur, les apiculteurs attendent que le gouvernement leur rende une de leurs armes les plus efficaces : le dioxyde de soufre.

Entré en France en 2004 dans des poteries venues de Chine, le frelon asiatique est désormais présent dans une soixantaine de départements, notamment dans un très large quart sud-ouest, en Italie et en Espagne.

Ces grosses guêpes aux pattes jaunes "sont une espèce particulièrement agressive. Leur nombre augmente très vite, donc leur espace vital aussi", explique Denis Thiéry, spécialiste de la question à l’Inra.

« À terme, on s’attend à ce que le frelon asiatique colonise toute l’Europe, et une fois en Italie, il va coloniser toute la zone méditerranéenne", ajoute ce directeur de l’unité Santé et Agroécologie du Vignoble à Bordeaux, région d’entrée du frelon en France et où se trouve la plus forte concentration.

Les abeilles sont des proies

Proies privilégiées du frelon insectivore, les abeilles payent le prix fort de cette extension. Un mal qui vient s’ajouter aux plaies déjà nombreuses (insecticides, virus…) qui expliquent la chute des populations des abeilles.

À la fin de l’an dernier, les apiculteurs ont enfin obtenu le classement du frelon comme espèce "envahissante" et "nuisible", ouvrant la voie à un plan national de lutte.

Or, à cette occasion, les autorités se sont « aperçues que dans les méthodes utilisées, il y avait le dioxyde de soufre (SO2) pour détruire les nids », explique Richard Legrand, spécialiste du frelon à l’Union nationale de l’Apiculture française (Unaf).

Utilisé dans les caves à vin…

La technique, utilisée depuis des années, consiste à placer une petite bonbonne au bout d’une perche et à injecter le gaz dans le nid. "C’est la seule technique qui permet d’atteindre des nids à grande hauteur, c’est-à-dire jusqu’à 30 mètres dans des conditions de sécurité à la fois pour l’environnement et les humains", assure M. Legrand. Or le dioxyde de soufre n’a jamais été formellement autorisé pour cet usage. Il a donc été présenté comme interdit dans une circulaire envoyée en mai aux apiculteurs. "On marche sur la tête. Pour lutter contre le frelon, on doit utiliser des pesticides, ce qui a pour conséquence d’accélérer la destruction des abeilles", résume Marie-Claude Noël (EELV), conseillère municipale de Bordeaux, très impliquée sur ce dossier. L’élue se réjouit de la récente saisine de l’agence de sécurité alimentaire (Anses) par le ministère de l’Ecologie sur cette question.

L’avis de l’Anses est attendu "au cours de la deuxième quinzaine d’août", indique-t-on à l’Agence sanitaire. Au ministère alors de réévaluer, s’il le souhaite, les conditions de mise sur le marché de la molécule.

Les spécialistes se demandent pourquoi le SO2 est interdit. "Ce n’est pas une molécule très toxique, beaucoup moins que pas mal d’insecticides. C’est ce qu’on utilise pour désinfecter les cuves à vin", avance M. Thiéry, qui explique que la technique permet en fait de "congeler" les frelons dans un nid grâce au froid produit par le gaz sous pression soudain détendu.

Il existe d’autres méthodes pour lutter contre les frelons, comme le piégeage des reines ou des ouvrières, mais selon lui, « la destruction des nids » est la voie à suivre, tout en précisant qu’il « n’y a pas de méthode miracle contre les prédateurs super efficaces ».

source : http://www.ouest-france.fr/actu/AgricultureDet_-Frelon-asiatique-les-apiculteurs-veulent-utiliser-le-dioxyde-de-soufre_3640-2213490_actu.Htm

Commentaires

2
2013-07-23 13:38:45 +0200

Il vaut dans tous les cas mieux agir directement sur les nids, après vérification qu'il s'agit bien des frelons asiatiques, que de tenter de piéger les reines ou les ouvrières, car les pièges ne sont en aucun cas spécifiques et font des dégâts auprès de bien d'autres espèces. Le Dioxyde de souffre, ou un autre gaz réfrigérant, puisque c'est le froid qui agit et non la toxicité de la molécule, est sans doute une moins mauvaise solution. A condition d'être utilisé avec discernement, et en quantités limitées au strict nécessaire.

2

0
2013-07-29 07:44:38 +0200

Bonjour
Oui tout à fait en accord avec vous Emmanuel,comme tout dans la vie il s'agit de juste milieu.
Nos décisions sont longues à venir faisons vite pour ce traitement, nos abeilles en ont grandement besoin et nous aussi.

0

À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 225677
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 171780
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 62653
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 16945
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 9378
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 202092

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy