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Glyphosate : comment le mettre hors champs ?

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Publié dans
le 14.08.18
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«Libération» est allé à la rencontre d’agriculteurs en Bretagne.

TÉMOIGNAGES

Extraits

  • Ne parlez plus de glyphosate à Pascal Hervé.

Ce solide sexagénaire, maire de Laillé, une commune de 5000 habitants près de Rennes, considère qu’on peut très bien se passer de l’herbicide controversé de Monsanto grâce au désherbage mécanique. Près de son tracteur, qui compte déjà un paquet d’arpents au compteur, il détaille les différents outils accrochés en batterie à l’arrière de l’engin et capables de venir à bout des mauvaises herbes les plus persistantes.

  • Pour les agriculteurs Christian Mochet, 53 ans, et Jean-François Vallée, 40 ans, il est difficile de totalement se passer du glyphosate.

Christian Mochet, qui exploite avec deux associés une ferme de 105 hectares pour 90 vacheslaitières défend un «usage raisonné»
Pour ce qui est du glyphosate, «trois ou quatre litres par hectare, c’est trop», soulignant pour sa part se limiter «à un litre». A ces doses, il y a «peu de risques», selon lui, qu’on en retrouve dans l’eau et aucune raison qu’il en reste des traces dans les produits d’origine agricole. L’éleveur insiste aussi sur les précautions pour pulvériser ses herbicides, pour un maximum d’efficacité et en limiter la volatilité. Hydrométrie, force des vents, rien n’est laissé au hasard. «Le matin ou le soir sont les meilleures périodes de la journée pour pulvériser ces produits. La nuit est le moment idéal. Certains agriculteurs dorment le jour et pulvérisent la nuit, ce qui peut permettre de diminuer les doses de moitié.»

A quelques dizaines de kilomètres, à Saint-Marc-sur-Couesnon, Jean-François Vallée, qui dirige avec son épouse une exploitation de 120 hectares d’orge et de blé principalement, a considérablement fait évoluer ses pratiques. Mais il estime devoir encore, même marginalement, avoir recours au glyphosate. Sur des sols peu profonds où affleure la roche, plus question d’utiliser le moindre engin mécanique, comme il l’a fait durant des années, usant le soc de ses charrues comme l’acier de ses outils à disques, tout en favorisant l’érosion des parcelles.
«Autrefois, j’en utilisais 3 litres à l’hectare. Aujourd’hui, j’en suis à 0,8 litre et on n’en a jamais retrouvé trace dans les eaux de drainage. Mais si demain, on nous supprime ce produit, c’est tout notre système vertueux de régénérescence et de protection des sols qui sera remis en cause.»

Vignette: Photo Thierry Pasquet. Signatures

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