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Interrogation sur la reprise économique en France.

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Publié dans
le 15.05.15
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La nouvelle est bonne et inattendue.

Le PIB a augmenté de 0.6% au premier trimestre 2015.

Lorsque que l’on décompose cette croissance, on observe, une hausse importante de la consommation et de la reconstitution des stocks.
Par contre nos importations connaissent un forte hausse de près de 0.5 % et les investissements de sont pas au rendez-vous.
Les destructions d’emplois (-13 500 en trois mois) sont encore nombreuses.
L’économie Française est dans une phase de transition, celle où les carnets de commande se remplissent peu à peu, condition nécessaire pour une reprise durable.

Les facteurs favorables à la reprise de la consommation sont essentiellement liés au niveau bas du prix des carburants. Le reste est un peu obscur. Comment les ménages se projettent-ils de manière confiante dans l’avenir.

Sur le front de l’emploi, la situation dans le bâtiment est la première cause de la mauvaise performance du premier trimestre. La loi Duflot n’est pas étrangère à ce mauvais résultat. Mais si la croissance par la consommation se poursuit 2016 devrait connaitre une baisse du chômage. Ceci étant notre croissance est sur le même sentier que les fois précédentes.
On ne voit pas émerger de nouveaux secteurs fortement porteurs de créations d’emplois. La loi sur la transition énergétique pourrait être un de ces secteurs, avec les aides à domicile. Les grands programmes aéronautiques sont spectaculaires mais ne s’adressent qu’à une main d’œuvre qualifié et induisent un surcroit d’importation. On n’est donc loin dans la recomposition de notre modèle de croissance et le PIB est toujours l’indicateur unique d’une bonne santé économique.

Dans une période de reprise, on devrait pouvoir accompagner le PIB d’autres indicateurs plus ouverts au bien-être. Une société où les inégalités s’accroissent ne donne guère confiance à long terme. Les limites en ressources « mortes » ou « vivantes ». Si l’on prend la biodiversité, l’indicateur que l’on propose : http://www.humanite-biodiversite.fr/document/enrichir-le-pib permet de mieux saisir les modifications d’utilisations des surfaces toutes affections confondues.

Le PIB, tel qu’il est construit, ne donne pas une bonne vision de notre avenir. Mais l’on sait qu’en période de crise, les crispations sur l’ancien sont fortes. Il dépend un peu de nous de donner de l’optimisme et d'essayer d’agir pour plus de « bonheur ».

JP BOMPARD

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Commentaires

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2015-05-16 11:09:39 +0200

J'ai toujours du mal à comprendre qu'on se réjouisse du "toujours plus"; on ne voit l'avenir qu'en terme de "croissance".
Peut-être serait-il temps d'arrêter de grandir, ce serait peut être le signe que nous sommes devenus adultes... car en observant la nature on se rend compte qu'il y a un moment où les choses arrêtent de croître.

Discours de J-F Kennedy à Dublin le 28 juin 1963 : " Nous avons besoin d'hommes qui savent rêver à des choses inédites."

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2015-05-16 13:54:51 +0200

Le PIB - produit intérieur brut - de la zone euro a progressé de 0,4 % au premier trimestre.
Ce rebond s'accompagne néanmoins d'une nouvelle baisse de l'investissement total, qui recule de 0,2% et ce ne sont pas là les prémices d'une croissance durable,.. Pour que ce soit durable, il faudrait des investissements dans les filières d'avenir … en phase avec la transition écologique - et pas seulement de la transition énergétique…

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2015-05-16 16:13:36 +0200

Pour répondre aux deux commentaires. Il faudrait en effet dépasser la version actuelle du PIB qui est l'héritière de la reconstruction. Les difficultés méthodologiques sont grandes dans la mesure où des indicateurs de "bien-être", comme ceux concernant la biodiversité ne peuvent ( ne doivent) donner lieu à des calculs monétaires. On doit alors s'appuyer sur des données physiques ou des enquêtes d'opinion. Par ailleurs, le taux d'emploi est sensible statistiquement à la croissance du PIB, mais avec un décalage. Notre modèle de croissance suit la trajectoire, consommation, investissement, emploi. Si l'on veut un modèle de transition écologique, il faut probablement que les consommateurs donnent des signes rigoureux de changement de consommation, par exemple en optant pour "l'agri-agro" biologique. Je ne crois pas que les grandes entreprises aillent spontanément vers les produits à haute valeur biologique. L’État stratège peut par contre donner des anticipations novatrices, économies de ressources par exemple. Mais le bouleversement souhaité bousculera les emplois existants, il faudra donc accompagner les salariés en reconversion.

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2015-06-30 23:18:12 +0200

La croissance est nécessaire à notre système de production capitaliste! Il n'y a pas de croissance durable ou développement durable! Le développement (ou croissance) ne peut se faire qu'avec un apport exponentiel de puissance, donc d'énergie. Ce n'est pas la transition énergétique, l'économie circulaire qui changeront quoi que ce soit (ou alors à la marge)§ C'est une véritable imposture de dire cela! L' Etat n'est pas stratège, mais offre des opportunités de marché aux secteurs les plus polluants notamment! D'ailleurs, les transnationales l'ont bien compris car elles adhèrent à ce discours fallacieux leur permettant d'avoir de nouvelles opportunités qui ne règleront rien!

Malheureusement, il faudra que l'on se rapproche du mur, pour que l' être humain commence à comprendre que l'on doit se diriger vers une société de non consommation, de sobriété et de frugalité (pour la soit-disant civilisation occidentale) et permettre aux pays qui ont été dépouillés et asservis par les pays dits développés de sortir de la misère (à ne pas confondre avec la pauvreté voulue au sens spirituel).

Une sociét3 comme la nôtre de production de tout et surtout n'importe quoi (voir tous les gadgets technologiques inutiles!) est vouée au toujours plus et à se cacher derrière le système techno-scientifique dirigé par l' Etat pour essayer de sauver par la technologie les désastres occasionnés par cette même technologie.

Il nous faut donc moins de biens et plus de liens, mais pas via les réseaux asociaux!

Je pense malheureusement que nous nous dirigeons vers une société de la contrainte afin de gérer plus mal que bien les pénuries futures (au profit des plus riches bien entendu!). En sachant que nous sommes depuis longtemps dans une société de contrôle et depuis peu de surveillance!

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2015-06-30 23:28:20 +0200

je signale aussi que nous sommes plus proche du plein emploi à ce jour que pendant les 30 piteuses (eh, oui, il n'y avait que peu de femmes salariées). D'autre part, parler d'emploi nous oblige à rester dans le cadre du capitalisme, de l'aliénation salariale et du taux d'employabilité. Il vaut mieux parler d'activité et de travail utile à la communauté et en s'appuyant sur des techniques plus simples que nos systèmes complexes. Je ne suis pas utopiste, je sais malheureusement que le tournant est pris et qu'il sera très difficile à nos cerveaux lobotomisés par la propagande capitaliste de marché ou d'état (journaux à la solde des plus riches, TV itou, publicité, etc..) de faire notre critique et de retrouver notre raison pour ne pas sombrer définitivement. '

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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