POPULARITÉ
20

"J'aime cette harmonie avec la nature"

Éditer
Publié dans
le 20.06.17
I1407843215

"J'aime cette harmonie avec la nature".
C'est donc cette réflexion issue d'un commentaire de "Le potager en carrés à la française" qui me porte à vous proposer ce petit texte, si vous le voulez bien.

Nous savons d'après le constat qui doit être le nôtre à propos de notre société, que s'opposent deux conceptions, deux façons de vivre, deux idéaux différents.
La vie citadine.
La vie à la campagne.

Les raisons sans aucune intention de jugement ou de culpabilisation, viennent d'un glissement de plus en plus rapide de valeurs et de coutumes usuelles vers un matérialisme absolument génial mais addictif, un consumérisme frénétique, une infrastructure commerciale positionnée sur l'arme terriblement efficace de la "pub". Le tout appuyé sur un système qui part de l'ingénierie, de la recherche, de la conception, de l'industrialisation pour aller jusqu'au désir parfaitement provoqué de l'individu. Individu consommateur soumis mais par ailleurs tout autant citoyen et donc électeur. Tel est donc le citadin.

Ce citadin là n'a plus de contact réel avec la nature, sauf à ce qui lui est montré, démontré, proposé peut-être mais quoiqu'il en soit, imposé. Il n'y a pas à ce que l'on sait, d'enseignement approprié à l'école ni de contact véritable avec des éléments vivants dans un contexte naturel. Avec ses lois, ses règles, ses besoins. Tout est donc adapté à l'enseigne de l'humain, selon une conception humaine et dans un idéal où l'humain prédomine. Il en ressort des priorités qui sont d'un tout autre ordre de valeur et cela escamote purement et simplement la réalité du vivant qui n'a plus lieu d'être ou de paraître, sauf à soutenir ces priorités.

A la campagne, il en va tout autrement. On vit à côté et même parfois avec les plantes, la faune, l'espace naturel, bois et forêts, champs et prairies, en plaine, en montagne et même au bord de la mer. La vision est toute autre par conséquent. L'élevage, qu'il soit bovin, ovin, caprin ou autres est déjà une première approche. Les canidés ont une toute autre vie qu'en ville. Les chats d'autres nécessités que de rester enfermés dans un appartement et faire des ronrons certes appréciés de part et d'autre. On vit à côté des insectes qui vous pourrissent la vie, puces, punaises, frelons et j'en passe. On vit avec les petits campagnols, les musaraignes, les souris ou d'autres espèces du même ordre. On se pique aux orties ou on en fait des soupes. On apprécie le printemps et la joie qu'il provoque partout dans le paysage jusque dans les cœurs. Mais on n'est pas enfermé dans une tour, dans un appartement ou dans un pavillon. Le vécu, le quotidien est complètement différent. Il n'y a pas qu'un espace télévisuel ou numérique. Il y en a bien d'autres.

À la campagne, les villages se vident, les petites villes voient les commerces se fermer, le bureau de poste s'enfuir, les gendarmeries se regrouper au loin, les maternités disparaître, les petites écoles s'éteindre. Pourquoi ? Parce que les grandes cités urbaines les ont oubliés, les ont vidés, les ont sortis de leurs priorités. Les maisons sont fermées, les jardins s'ensauvagent, fleurissent les pancartes à vendre de ce qui est invendable désormais. La faune elle s'adapte. Le renard, les chevreuils même et on l'a déjà vu les sangliers, la nuit circulent dans la rue quand les volets sont fermés. La fouine redoutable, la martre pire encore, vident de leur sang tout ce qui est le poulailler. Les petites fermes de quatre ou six vaches sont des souvenirs. On instaure l'élevage de centaines de bovins ça et là. Tout l'accastillage pour reprendre un terme marin, de ces structures s'est adapté et les produits pour animaux se livrent en sacs, venant de très loin tant en distance qu'en origine. On veut maitriser la nature. On y emploie des pesticides. On plante même des manipulations sur les gênes pour produire plus, mieux, encore plus et encore mieux. Sans savoir où l'on va, on se soumet au dictat des grands groupes industriels agricoles et on s'endette jusqu'au suicide pour certains.

A la ville, on jouit. On s'enivre de tout ce que les services et les loisirs procurent à foison. On se saoule, on s'aveugle, on n'écoute plus que soi et s'il est des efforts ou des changements à faire dans son quotidien, c'est aux autres de le faire. A la ville on se donne des priorités. Acheter et vendre. Ringardiser et ouvrir le marché sur les nouveautés du moment. Nouveautés ringardisées à leur tour, à peine mises sur le marché. Déjà sont étudiées, préparées à l'industrialisation d'autres produits, d'autres biens, d'autres services. tous aussi attachants, attirants, géniaux. A la ville, on devient sourd et aveugle de ce qu'est en réalité la vie, sauf quand vient à disparaître un être cher. Alors on se replie un moment sur soi, sur sa douleur, sur son incompréhension. Et puis le manège continuant à tourner on y remonte.

En conclusion, il convient peut-être de tirer les conséquences de tout cela. Ramener la vie dans sa réalité à la ville, aux citadins, en commençant par créer des liens, des passages, des ponts pour qu'ils puissent apprécier ce qui à la campagne apparaît tellement naturel qu'on ne comprend pas pourquoi ces citadins là, se sont éloignés à ce point. Amener la biodiversité comme valeur essentielle dans ce court passage qu'est notre existence, au lieu de vouloir toujours accumuler des richesses ou des apparences qui ne sont que des marionnettes d'un jour. Amener l'humanité au sein de tout cet univers absolument prodigieux et magique qu'est le vivant sur cette planète. Cette planète c'est "Chez nous" ! Chez nous c'est tout autant à la ville qu'à la campagne, après tout. Non ?

P.S : vous voudrez bien me pardonner s'il demeure des fautes d'orthographe ou de syntaxe que je n'aurais pas découvertes.

Commentaires

À propos de l'auteur

Enfant de l'estran, cabri breton comme on me baptisait dans mon enfance lorsque je sautais d'un rocher à l'autre, je ne suis jamais qu'un passant. Un passager de la vie au parcours qui m'a conduit au travers de la société, du monde bourgeois dont je suis issu au monde tout court, celui qui parcourt la cité. Celui-là même auquel on se frotte quotidiennement sans même parfois le remarquer. Or j'a...

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 587
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 14
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 10
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 8
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 8
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 545

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy