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Jocelyne Porcher défend l’élevage

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Publié dans
le 27.08.17
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Pour Jocelyne Porcher, cesser de manger de la viande nous entraînerait vers une société sans animaux.

Elle préfère promouvoir un élevage « à l’ancienne », respectueux de la relation de travail et de partenariat avec les bêtes.

Dans le paysage très contrasté qui oppose les carnistes et les végans, Jocelyne Porcher occupe une place à part.
Sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), elle mène avec son équipe de passionnants travaux sur la relation de travail qui s’instaure entre les éleveurs et leurs animaux. Avec une véritable connaissance du terrain, puisqu’elle fut un temps éleveuse de brebis dans le Sud-Ouest, avant de travailler en Bretagne dans un centre de production porcine.

Rupture anthropologique
Elle y a côtoyé la souffrance – celle des animaux comme celle des hommes – qui règne dans les élevages industriels. Et une conviction : arrêter de manger de la viande serait « la pire des choses qui pourrait nous arriver dans notre relation aux animaux ».

A l’entendre, la tendance végane actuelle – soutenue avec force par le marché des substituts aux produits animaux – nous promettrait en effet, si elle se généralisait, une rupture anthropologique. « L’agriculture sans élevage produira une société sans bêtes, qu’il s’agisse d’animaux de ferme ou d’animaux de compagnie », soutient-elle.

Pourquoi ? Parce que la vache et le chien de compagnie ont « le même destin », celui d’un animal domestique. Or, le mouvement antispéciste s’élève contre la domestication. « Si les vaches disparaissent, les chiens de compagnie disparaîtront un jour à leur tour », affirme-t-elle, évoquant « un projet de société effrayant ». Jocelyne Porcher ne considère pas pour autant qu’il faille laisser les choses en l’état. Mais les adeptes du véganisme font à ses yeux une grave erreur en mettant sur le même plan « production animale » et « élevage » – confusion qu’elle analysait déjà dans son ouvrage Vivre avec les animaux. Une utopie pour le XXIe siècle (La Découverte, 2011).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/08/24/pourquoi-jocelyne-porcher-defend-l-elevage_5175873_3232.html#XjHDzqd8pd9D2pFv.99

Commentaires

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2017-08-27 15:23:44 +0200

Bonjour. Je suis végétarien depuis 7 ou 8 ans.
Sans pour autant être tous vegans, nous pouvons concevoir une société dans laquelle les animaux ne seraient plus élevés afin d'être mangés.

  • 1 Rappelons au passage l'empreinte carbonée et l'accaparement des terres lié à la production de viande, de la consommation de viande (notamment l'agneau) dans un monde de 7 milliards d'humains, où nous ne cessons d'être de plus en plus nombreux. On l'oublie trop vite et trop régulièrement, cette empreinte carbonée et cet accaparement des terres pour produire l'alimentation des vaches en stabulation.
  • 2 Nous pourrions préserver les races locales de vaches, chèvre, etc (souvent unifiées par les politiques agricoles et le gigantisme) en leur faisant produire de la laine dans un contexte de bonheur. Des poules élevées dans de grands espaces dehors seraient plus heureuses pour nos oeufs que des poules en poulailler industriel
  • 3 Une société sans animaux, c'est déjà un peu ce que nous connaissons à certains endroits avec des animaux d'élevages enfermés dans des poulaillers ou stabulations, et une faune sauvage si craintive de l'homme qu'elle se fait presque invisible.

Repenser ne société en lien avec les animaux nécessite inévitablement une faune moins craintive, comme certains voyageurs peuvent la croiser ailleurs qu'en France (Scandinavie, Suisse, Allemagne), où la pression cynégétique et les pratiques cruelles (déterrage,...) sont bien moindres. J'ai reçu divers témoigagnes de ces voyages: ici vers Zurich, on peut approcher des canards plongeurs toujours observés de loin en France. Là-bas en Europe de l'Est, on peut croiser des ours. Là haut en Scandinavie, on voit des cervidés et rapaces beaucoup plus facilement qu'en France où les observations ne sont parfois réservées qu'à des personnes expérimentées. ça encore, en France, nous sommes les seuls à trouver cela normal alors que ça ne l'est pas. Quand aux animaux domestiques, leurs élevages sont nombreux , les tentations aussi (chiots présentés devant des enfants dans des jardineries) et les abandons se produisent par milliers.
Notre lien à l'animal mérite d'être revu !

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2017-08-27 15:25:30 +0200

et, non merci, je ne remangerai pas de viande, même si elle vient d'un élevage à côté où les vaches sont heureuses...Donc, ne standardisons pas non plus la société vers la viande pour tous !

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2017-08-27 16:02:24 +0200

En quoi ne plus manger de viande nous entrainerait vers une société sans animaux ? Il n'y aurait plus d'insectes, plus d'oiseaux ? Curieuse affirmation.
Par ailleurs, l'antispécisme c'est de ne pas traiter différemment un animal selon qu'il soit un animal de compagnie ou un animal destiné à la consommation, par exemple prendre soin d'un chien alors qu'on maltraite un cochon en élevage industriel (alors qu'un cochon est plus intelligent qu'un chien).
Quel est le message le plus important à diffuser aujourd'hui, dans un contexte de réchauffement climatique dramatique ? Qu'il ne faut pas changer nos habitudes ou qu'il faut manger moins de viande ?

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2017-08-27 16:10:42 +0200

En évoquant une société sans animaux, Jocelyne Pörcher ne visait que les animaux ayant un propriétaire, d'abord les animaux d'élevage puis ensuite les animaux de compagnie.
Qui élèverait des représentants des races de vaches, de moutons et de chèvres actuelles sans commercialisation, sans débouchés?

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2017-08-27 17:02:58 +0200

Il y a environ 1 an, j'ai échangé avec un naturaliste chevronné, à la grande compétence, qui m'a étonné en disant qu'il était contre le maintien des animaux domestiques, en argumentant. J'avoue que son discours m'a paru aller trop loin. Mais les chats domestiques dont d'énormes ravages sur la biodiversité (oiseaux, jeunes écureuils, lézards, et même loir gris et courtilières comme je l'ai vu tout près de chez moi avec les chats d'une voisine !). Les chiens sont utilisés par l'homme pour traquer sans mesure les animaux sauvages (sans le chien, l'homme est handicapé par son faible odorat et son audition insuffisance). Beaucoup d'animaux de compagnie ont une vie peu enviable, très éloignées de leurs conditions d'origine, dans des cages: perroquets, serpents, furets (des putois domestiqués donc), rongeurs... La faune domestique se mèle à la faune sauvage et la dénature ou est susceptible de la dénaturer (c'est chose faite avec le cochonglier, ça pourrait arriver avec le chien et le loup, c'est aussi une menace avec l'abeille domestique qui concurrence et risque d'altérer génétiquement les abeilles sauvages autochtones). Enfin, les relâchages d'animaux de compagnie (grenouille taureau, poissons rouges, pythons en Californie, etc...) sont à l'origine de catastrophes écologiques...Donc, l'antithèse (le non à la banalisation et l'extension des animaux domestiques) se défend aussi. Et ce n'est sans doute pas les animaux domestiques qui ont enraciné plus l'homme dans la nature et le sol. Ainsi, en France, nous avons en moyenne beaucoup d'animaux domestiques, mais globalement un mauvais rapport à la nature comme le développe Valérie Chansigaud (chercheuse associée au Museum National d'Histoire Naturelle) dans son livre "Les Français et la natue- pourquoi si peu d'amour?".

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2017-08-27 18:01:34 +0200

L'hybridation des loups et des chiens est une réalité
Aujourd’hui, le taux d’hybridation atteint 34 à 42% de la population de canidés sauvages (en Toscane), d’après une étude génétique publiée en italien le 5 décembre 2013 par Luigi Boitani ( professeur de zoologie à ' Université La Sapienza de Rome) et Chiara Braschi ( Université de Rome · Département de biologie et de biotechnologie "Charles Darwin).
Toujours d’après l’étude italienne, il aurait commencé dans les années 1940 à 1970, alors que dans le sud de l’Italie, le loup en voie d’extinction côtoyait une population considérable de chiens errants. "

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2017-08-27 18:04:24 +0200

Quant au problème que cause le chat, voyez http://www.humanite-biodive...

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2017-08-27 18:35:05 +0200

Je serais plus en faveur d'un contrôle des naissances, pour diminuer notre impact sur l'environnement, plutôt que de cesser de manger de la viande.
Et n'oubliez pas, comme il est dit dans le reportage, sans élevage d'animaux, il ne peut y avoir ni chat, ni chien...

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2017-08-27 20:10:41 +0200

Il n'y a pas d'élevage sans souffrance, que ce soit au moment de l'abattage des vaches et cochons, qui se fait à un âge toujours bien inférieur à l'espérance de vie de l'animal, donc sans lui laisser la possibilité de vivre une vie normale (et dans des conditions le plus souvent terrifiantes et inhumaines) ou lors de la séparation du veau de sa mère peu après sa naissance, veau qui ira lui-même très rapidement à l'abattoir …. Même dans un élevage traditionnel, bio, on génère de la souffrance par le seul fait que les animaux sont considérés, non comme des êtres sensibles voulant vivre leur vie mais comme de la viande sur pied, avec droit de vie et de mort sur eux. Supprimer l'élevage ne conduirait pas nécessairement à cette rupture anthropologique et à cette vie sans bêtes qu'évoque Jocelyne Porcher, les vaches pouvant continuer à entretenir les prairies et fournir du fumier pour les maraîchers, les moutons et chèvres, à défricher les zones pour éviter les broussailles et limiter les risques d'incendies, etc .... Quant aux chiens et chats, à condition de bien les traiter et de leur offrir une vie bonne et respectueuse de leurs besoins, ce qui est loin d'être le cas bien souvent (maltraitance, abandons, élevages en cage …), il n'y a aucune raison de les supprimer. Supprimer notre consommation de viande (je suis végétarienne) ne signifie pas supprimer les animaux d'élevage, mais repenser leur existence autrement que comme de viande en sursis !

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2017-08-27 21:24:00 +0200

et la souffrance sous-jacente à la production du lait existe aussi, et les éleveurs se construisent un mur isolant leur sensibilité et leur empathie lorsqu'ils séparent les petits des mères en voyant très bien que c'est un acte contre-nature -le petit étant élevé au lait en poudre industriel-. On aurait pu imaginer un système où l'on vient prélever le lait des mères, sans toutefois les séparer de leurs jeunes...Mais on serait tellement loin du productivisme ! Tout finit souvent en queue de poisson pour des raisons économiques...

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2017-08-27 22:34:44 +0200

Oui, c'est avant tout aux vaches laitières que je pensais quand je parlais de la séparation du veau de sa mère. Rien ne justifie, pour moi, d'empêcher une vache d'élever son veau en le nourrissant de son lait, d'autant que les nutriments présents dans le lait de vache sont facilement fournis par une alimentation végétarienne équilibrée. Pour ce qui est des fromages, le simple fait que l'on puisse en apprécier le goût n'est pas un argument qui justifie la mise à mort des milliers (ou même millions) de veaux nés dans les élevages laitiers !

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2017-08-28 11:54:47 +0200

Jocelyne Porcher...
L'élevage, une industrie aussi inutile que mortifère cause la mort de plus de 65 milliards d'animaux dans les abattoirs chaque année et ô combien nuisible et destructrice pour la planète et ses habitants (voir Cowspiracy).

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2017-08-28 18:30:16 +0200

à Majanv
Il manque la source de l'information que vous divulguez.
Sur internet, j'ai trouvé ceci sur https://www.viande.info/via... :
En 2012, le nombre d’animaux abattus dans le monde pour la consommation alimentaire est estimé par la FAO à 67 milliards.
Je n'ai pas réussi à trouver le nombre sur le site de la FAO

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2017-09-05 18:22:22 +0200

N'oubliez pas que si nos ancêtres n,avaient pas mangé de viandes nous ne serions pas des hommes. C'est l'apport en protéine de la viande qui a fait évoluer le cerveau des singes, pour devenir des hommes. Je ne suis pas d'accord pour arrêter de manger de la viande, il faut le faire de manière responsable, et réduire le nombre d'êtres humains par le contrôle des naissance, c'est en fait notre seiule option, pour mieux gérer la ressource. Le contrôle des naissance. Voire stériliser les nouveaux nés pour éviter que l'on ne surpeple la planète encore plus. Il n'y a pas d,autre solution si vous êtes objectifs et logique.

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2017-09-05 18:31:45 +0200

Des chercheurs israéliens ont mis en évidence assez récemment que le régime alimentaire des hommes préhistoriques contenait beaucoup plus de fruits, de baies et de racines que ce que l'on pensait. En fait, les restes animaux (os,...) sont beaucoup plus facilement retrouvés que restes végétaux! Les végétariens vivent mieux et plus longtemps que les consommateurs réguliers de viande...Mais comme le notait une personne précédemment, il y a toujours des gens qui tiennent fort à leur steack.

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2017-09-20 15:18:14 +0200

C'est faux de prétendre que les végétariens vivent plus longtemps, et c'est faux de prétendre que l'apport en protéines de la viande n'a pas contribué au développement du cerveau humain. C'est ce qu'on appelle de la propagande basée sur des études biaisées. L'humain mange de la viande depuis la nuit des temps et il continueras à en manger jusqu'à la fin des temps, s'il y a une fin. La seule solution pour l'humanité est la réduction de la population mondiale par le contrôle des naissances et l'élevage responsable du bétail. Il n'y a pas d'autre option. Si vous aimez manger de la luzerne, mangez-en, mais n'imposez pas vos vues à ceux qui aiment la viande...

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2017-09-20 15:49:55 +0200

Mais je ne prétends rien et n'impose pas mes points de vue; relisez-moi ! et je cite mes sources (je vous serai reconnaissant de faire de même au lieu d'affirmer des choses douteuses (e cerveau humain est surtout constitué de lipides et nécessite de bons acides gras, et même les acides gras essentiels peuvent êtres apportés par les végétaux et les oeufs) ....

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2017-09-20 15:53:17 +0200

Pour alller plus loin sur les rapports entre l'alimentation humaine et l' "environnement": http://www.humanite-biodive... ET http://www.humanite-biodive...

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion de la b...

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