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L'antispécisme et la bulle

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Publié dans
le 28.03.18
Manger-viande

L’exploitation animale à grande échelle est une aberration écologique et le signe extérieur d’une Humanité qui se déshumanise.

Le “mouvement de libération animale” est évidemment une réponse concrète à une société dont les individus ont acté d’une capacité de destruction sans limite sur le reste de la biodiversité. Les actions d’associations sont indispensables pour faire prendre conscience aux citoyens et aux politiques qu’un enjeu de société majeur se pose ici.

La bulle

Cependant, à lire les ouvrages de référence sur l’anti-spécisme et l’éthique animale, je vois apparaître un contre-sens qui me fait penser que le mouvement végan et l’idéologie antispéciste atteignent une limite. Idéologie devenue parfois insensée et absurde, miroir direct du fléau aussi démesuré et excessif qu’elle combat.

Oui l’antispécisme prône la bienveillance envers toutes les espèces animales, l’abolition de la mise à mort et de la consommation de tout animal. Ce refus global de la souffrance est en soit est une position absolument séduisante et honorable...

Sauf que cette idéologie revient finalement à prôner l’idée contre laquelle elle était censée lutter. Replacer l'Homme comme une espèce pensante supérieure, qui par ses choix éthiques échappe désormais à cette loi naturelle et universelle qu’est de se nourrir d’un autre être vivant. C’est là une vraie contradiction, et finalement un positionnement totalement spéciste.

Car il y a confusion, la cruauté n’est pas dans l’acte de mise à mort, ni de consommation d’un être vivant par un autre. Peut-on condamner le lion qui dévore la gazelle qu’il a chassée, ou la grenouille pour la mouche qu’elle a gobée? Pourtant ces deux victimes ont ressenti de la souffrance à ce moment là.

Tuer un animal et le faire souffrir un instant avant de le consommer n’est pas incompatible avec le fait de considérer que son intelligence et ses émotions sont comparables aux nôtres. De nombreux peuples déifiant la nature et les animaux avaient déjà cette approche, rien n’est nouveau ici.

Non, la cruauté est dans ce phénomène malsain qu’est l’exploitation animale. La cruauté se trouve dans le fait d’incarcérer et de faire souffrir un animal depuis sa naissance jusqu’à sa mort...

L’anti-spécisme et l’éthique animale mènent, à terme, à une séparation de l’homme avec ce qu’il a d’Être de Nature.

Il est vrai que des religions puis le siècle des Lumières ont amené à désincarner l’animal pour mieux l’exploiter, et ainsi se défaire d’une charge morale à leur encontre. Mais à l’inverse, quelle arrogance que de penser à un monde dans lequel l’homme échapperait à sa condition primale de prédation pour atteindre un état dans lequel il romprait tout contact avec la souffrance, la mise à mort et finalement la mort elle-même !

Cette vision de l’Homme dans le futur pourrait, à certains égards, se comparer aux projections d’un avenir basé sur les théories transhumanistes : un monde aseptisé, froid dans lequel l’Homme se “libèrerait” de sa condition animale pour faire front à cette angoisse de la souffrance et de la finitude des choses et donc de lui-même. Des notions pourtant intrinsèques à son appartenance au monde du vivant. Un Homme soit-disant plus évolué, mais qui finalement choisit de s’isoler dans une sorte de bulle, une humano-biosphère.

Refuser la bulle, c’est s’accorder sur un monde dans lequel un extrême n’en balayerait pas un autre. C’est repenser notre place au sein d’une biosphère globale. Le projet est ambitieux et ne demande pas à revenir en arrière mais bien au contraire de trouver des solutions modernes adaptées à cet Homme moderne et responsable qui choisit de s’inclure au sein d’une planète finie.

Commentaires

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2018-03-28 20:06:14 +0200

Ne restons pas isolé dans une humano-biosphère. Faisons la bascule grâce à ces quelques exemples déjà abordés dans H&B :
- Un excellent article de Jocelyne Porcher sociologue et directrice de recherches à l'INRA "Jocelyne Porcher défe...
- ainsi que l'article complet "L'alimentation en...
- également "Maltraitance animale ...
- ou "Recommandations diété...
...

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2018-03-29 10:09:27 +0200

Le monde végétal est aussi peuplé d'êtres sensibles... On le découvre de plus en plus. C'est à intégrer dans nos réflexions.

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2018-03-29 12:49:43 +0200

Non l'homme n'est pas un animal comme les autres, les animaux mangent et tuent en fonction de leur régime alimentaire!
L'homme a le choix! Il tue pour son plaisir, corrida (jeu), chasse(?), et abattoirs (papilles)... Contrairement à ce que l'on dit, on n'est pas omnivore, mangez de la viande non préparée ou conservée au froid et vous serez malade! Une poule ou un cochon oui peut manger de tout...
L'humain a le choix de manger de la viande ou non, de ce sentir coupable de la souffrance des élevages et abattoirs, du risque sur notre santé, et surtout de l'empreinte environnementale : pensez aux générations futures c'est pas la base de "Humanité et biodiversité"?
Il est dit que les gens vont s'isoler du monde animal s'il n'y a plus de vaches ou cochons... mais vous les voyez dans les champs les cochons? non enfermés en stabulation... Si les gens côtoyaient les élevage, si les abattoirs étaient ouverts au public, ils mangeraient autant de viande?
Alors s'il vous plait pas de sectarisme, je ne suis pas végan mais tout le monde demande plus de respect envers les animaux et ne pas dire comme dans cet article que c'est normal qu'un animal souffre et vivent moins longtemps que prévu ..
Biosphère? les humanidés n'ont pas mangé de viande pendant des millions d'années avant la découverte du feu ce qui est assez récent dans notre évolution...
Enfin comment faire la frontière entre l'animal que "l'on peut" ou pas manger? Le lapin de compagnie non, la lapin de garenne oui?...

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2018-03-29 13:11:42 +0200

L'homme un animal comme les autres qui peut tuer et manger en fonction de son régime alimentaire omnivore. Cela n'empêche pas, bien sûr, de condamner les mises à mort de loisirs (chasse à courre, corridas, ...).
Mais cet article ne parle pas de cela. Et il est justement question ici de la condamnation des élevages intensifs et des cruautés dans des abattoirs, pour le respect et l'avenir de la biodiversité. Et d'essayer de penser l'Homme intégré dans une biosphère et non encore une fois différencié.

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2018-03-29 17:25:12 +0200

Foolside: si l'article parle de ça! pas des élevages intensifs :
"Tuer un animal et le faire souffrir un instant avant de le consommer n’est pas incompatible avec le fait de considérer que son intelligence et ses émotions sont comparables aux nôtres"

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2018-03-29 18:30:18 +0200

Les humains sont physiologiquement omnivores, ce qui n'exclut aucun aliment et il se pourrait que nos lointains ancêtres aient été charognards et mangeaient une viande crue et peut-être déjà putréfiée avant d'apprendre à chasser. En Suède, une spécialité est à base de hareng de la Baltique qui a fermenté pendant plusieurs mois. ... Elle se digère fort bien !
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Il faut manger pour vivre.
Indéniablement il y a une hyperconsommation de viande chez certaines personnes.
Ce n'est pas en les stigmatisant qu'elles changeront.
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Le régime alimentaire dépend souvent du pays d'origine, de ses choix culturels. Chez les Inuits qui ont le droit de chasser l'ours aux seuls fins de subsistance, ils lui demandent pardon.
Dans notre pays, il y a des éleveurs responsables qui assurent un bien-être à leurs animaux, très loin des pratiques d'élevages industriels. Et il y a aussi des abattoirs qui n'ont pas de pratiques répréhensibles..
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Etant "à dominante végétarienne" je choisis parfois de manger de la viande, d'avoir une consommation éthique par le choix de sa provenance, ou une consommation respectueuse des humains qui m'invitent à leur table et ont pris beauucoup de soins à la préparer...

je ne crois pas qu'une mort naturelle (accident, maladie ou vieillesse) soit forcément exempte de souffrances... et cela parfois dans durée (je pense par exemple aux chamois devenant aveugles...)
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Il faut tuer pour vivre, tuer des êtres vivants: animaux, et/ou végétaux.
C'est notre lot !

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2018-03-29 18:56:51 +0200

Désolé Nelly mais nous ne sommes pas obligés de tuer pour vivre! et l'humanisme peut réfléchir à ça...
Les humains ne sont pas omnivores! Pourquoi vous ne mangez pas de cochon cru? Parce que vous risquez par ex d'attraper la Trichinose: notre corps n'est pas prévu pour éliminer ces parasites ! la poule oui!
La question est: pouvons-nous nous passer de consommer de la viande? Oui (cf les bouddhistes qui sont en parfaite santé)
Pour moi, la question est aussi et surtout environnementale, surtout sur ce site, on pense aux générations futures! l
Les Chinois veulent faire comme l'Occident : manger de la viande rouge tous les jours!! C'est un non-sens énergétique, environnemental et de santé!
L'élevage consomme des protéines végétales (soja OGM transporté d'amérique du sud!) – près de 44 % des céréales produites dans le monde sont destinées aux animaux d'élevage – pour un faible rendement : pour une kcal sous forme de viande, l'animal doit ingérer en moyenne 7 kcal (3 kcal pour les poulets, 16 kcal pour les bovins), ce qui se traduit également par un besoin de 7 à 10 kg de végétaux pour obtenir 1 kg de viande bœuf, 4 à 5,5 kg pour 1 kg de viande de porc. Il a été estimé que sur une année, le nombre de personnes pouvant être nourries par hectare était de 22 pour les pommes de terre, 19 pour le riz, 2 pour l'agneau et 1 pour le bœuf...
et sans compter la pollution des eaux, sols avec ses cultures intensives...
Orientons nous vers moins de produits carnés, de la permaculture et agroforesterie et circuit court...
Et votre chamois aveugle, le loup en fera son affaire...

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2018-03-29 19:14:26 +0200

Guigui: les végétaux sont des vivants: nous les tuons donc pour les manger.
Vous affirmez sans fournir les travaux qui justifieraient vos "certitudes".
Voyez cette étude universitaire relative à l'utilisation durable des terres selon dix scénarios alimentaires https://www.elementascience...
Il en résulte que les régimes avec des quantités de viande faibles à modestes surpassent un régime végétalien, et que les régimes végétariens avec produits laitiers, ont obtenu les meilleurs résultats globaux...
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Mais nous sommes d'accord pour "moins de produits carnés"!

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2018-03-29 21:24:39 +0200

Nelly, étude aux USA! ils produisent sur place! mais votre soja pour votre boeuf il vient d'où? Basez-vous juste sur une des propositions du GIEC qui montre le déséquilibre protéine carnée versus végétale...
Vous devez vivre en ville! Venez en milieu rural voir la surface des terres nécessaires pour l'alimentation animale et celle que l'on sait faire pour produire des céréales et légumineuses à destination humaine...
Bon j’arrête cette discussion...

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2018-04-13 10:46:19 +0200

Je crois à l'évolution de l'homme, tout en restant de nature animale.
J'espère qu'un jour l'être humain prendra en compte le vivant et le respectera.
Dorénavant, l'être humain est trop centré sur sa petite personne, une aberration dans notre évolution. S'il faut tout saccager pour exister, détruire notre bijou terrestre, alors mieux vaut ne pas rester sur la planète. Notre terre est en danger mais des esprits conscients permettent aussi d'améliorer notre futur.
De plus on sous estime la conscience au détriment de l'intelligence. L'intelligence doit être armée de notre conscience pour continuer et avancer dans l'évolution. Il ne sert à rien d'emmagasiner un savoir et ne pas réfléchir aux conséquences pour toute entreprise ou toute invention. La notion du bien et du mal, en somme. Toute entreprise a son revers, mais il n'est pas interdit de se rendre compte qu'un système est dangereux...On peut revenir en arrière. Quand un ingénieur agronome, fortement payé par une entreprise tueuse persiste à inventer des produits nocifs, pour soi disant le bien de l'humanité, il n'est pas interdit de jeter l'éponge...Le bien matérialiste a pris le dessus et non le BIEN ETRE. Respectons la vie sous toutes ses formes et l'indien d'amazonie est aussi important que l'Européen, perdu dans l'avoir.

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