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L'utile savoir-faire des vignerons bio

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Publié dans
le 06.09.12
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Mixer agriculteurs bio et non bio pour des transferts d'expériences, c'est le principe des journées « Tech et Bio » organisées par les chambres d'agriculture et leurs partenaires. Celle suivie jeudi dernier par 500 visiteurs (1), au lycée viticole de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) a confirmé la règle. Retour sur quelques innovations et techniques qui y figuraient.

Vins bio. Avec la vendange 2012, leur cahier des charges entre en application. Il limite fortement l'usage du soufre utilisé pour combattre l'oxydation des vins. À Tech et Bio, on a présenté une méthode simple pour mesurer le taux d'oxygène dissous dans les vins afin de mieux maîtriser ces apports de soufre. Utile aussi aux non bio pour qui la réglementation se durcit.

Mycorhizes. « Au pied de certaines vignes, j'ai planté des poireaux sauvages... », a indiqué Didier Barrouillet, viticulteur en Loir-et-Cher. À cela une raison : à partir des racines de ces plantes (ou encore des ails) se développent les réseaux de mycorhizes, des champignons filamenteux aux nombreuses vertus. Ils améliorent en effet la structure du sol, retiennent l'eau et les éléments minéraux, concurrencent les champignons pathogènes, etc. « Certes, il faut rester prudent, a expliqué le viticulteur. Mais après six ans, mes vignes témoignent d'une vigueur accrue. » À terme, cela permettrait, y compris en non bio, de limiter d'autant le recours aux engrais ou à certains produits de traitement.

Variétés. Les visiteurs ont pu apprécier sur place le travail de sélection massale réalisé par l'Inra pour obtenir des vignes résistantes, notamment aux maladies du bois, et donc limiter les traitements. Le défi est complexe car rendre les vignes plus dures au mal ne doit pas dégrader la qualité gustative de leurs raisins ni les rendre plus sensibles à d'autres maladies. Mais à ce jeu, certaines variétés semblent prometteuses.

Plus coûteux mais... Produire en bio revient certes plus cher. Mais selon les chambres d'agriculture, le différentiel est parfois plus réduit qu'on ne le croit. En Val-de-Loire, le coût de production (à la vigne) représenterait en moyenne 6 900 €/ha en conventionnel pour 7 352 €/ha en bio. Bien sûr, la différence s'accroît si l'on raisonne en terme de rendements, évidemment inférieurs en bio. Mais ces chiffres le confirment : se convertir au bio, surtout avec une transition, n'est pas un devoir impossible. Le message fera peut-être méditer certains encore non-bio.

Gwenaël DEMONT.
Source : http://www.ouest-france.fr/actu/AgricultureDet_-L-utile-savoir-faire-des-vignerons-bio-_3640-2110274_actu.Htm

Commentaires

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2012-09-06 10:47:51 +0200

A propos des micro-organismes du sol :
http://www.humanite-biodive...

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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