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La biodiversité connaît un anéantissement sans précédent

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Publié dans
le 19.02.19
Amphibien-odyssee-terre

?La nature souffre. La biodiversité est en crise à l’échelle mondiale. La communauté scientifique dresse un constat alarmant : en 40 ans, les populations d’animaux sauvages sur notre planète ont chuté de 60% ! Selon les scientifiques nous connaissons les débuts de la 6ème grande extinction massive des espèces sur Terre. Le célèbre astrophysicien et défenseur de la nature, Hubert Reeves tire la sonnette d’alarme «?Nous sommes en train de vivre un anéantissement biologique?». De la forêt amazonienne, aux déserts en passant par les zones tempérées, tous les écosystèmes, de tous les continents sont impactés. Les espèces animales et végétales disparaissent à un rythme inégalé depuis la disparition des dinosaures, il y a 66 millions d’années !

Une extinction accélérée qui n’a plus rien de naturelle. Cette chute inédite de la biodiversité est directement liée à nos activités qui détruisent et fragmentent les milieux naturels. La biodiversité est pourtant essentielle pour le fonctionnement des écosystèmes. Une crise de la biodiversité qui menace ainsi la survie de l’Humanité, puisque celle-ci nous rend de nombreux services, indispensables au fonctionnement et au maintien de nos sociétés modernes. Cette extinction de masse des espèces pourrait s'aggraver dans les décennies à venir, si nous poursuivons sur la voie d'une croissance démesurée. Pour enrayer cette érosion de la biodiversité, la protection de sites clés contribuant significativement à la persistance de la biodiversité devra se renforcer dans le cadre d’une gouvernance mondiale ambitieuse de préservation de la nature et de la précieuse vie qu’elle héberge. Un challenge de notre époque.

 

UN "ANEANTISSEMENT BIOLOGIQUE" SANS PRECEDENT

 

A ce jour environ 1,7 millions d’espèces ont été décrites dans le monde, et l’on estime entre 5 à 15 millions le nombre d’espèces présentes sur notre planète. Des espèces qui n’ont, pour l’essentiel, pas encore été découvertes. Principalement dans les forêts tropicales qui réunissent à elles seules 90% du vivant de notre planète, comme le montre la carte.1. Les couleurs rouges et jaunes indiquant les terres émergées riches en espèces animales, couvrant une grande partie de la zone intertropicale, à savoir le bassin amazonien, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du sud-est. Chaque année, environ 16 000 nouvelles espèces sont découvertes par les scientifiques, principalement dans ces zones riches en vie. Ainsi, à l’heure on nous écrivons ces lignes, si l'on devait estimer théoriquement le nombre de nouvelles d'espèces découvertes par les scientifiques depuis le début de l'année 2019, nous en comptons plus de 2 000.

Répartition géographique de la biodiversité sur notre planète Carte.1 : Cartographie de la répartition géographique de la biodiversité sur notre planète. Les couleurs rouges et jaunes indiquent les terres émergées riches en espèces animales, couvrant une grande partie de la zone intertropicale, à savoir le bassin amazonien, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du sud-est. Les couleurs bleues symbolisent des zones moins riches en biodiversité, comme les déserts et les hautes latitudes. Source : carte créée par le Dr. Clinton Jenkins pour SavingSpecies/Globaia, 2012

 

Notre planète a connu 5 extinctions massives des espèces depuis l’apparition de la vie, il y a entre 3,8 milliards et 3,5 milliards d’années. La dernière, connue sous le nom de la crise du « Crétacé-Tertiaire » remonte à 66 millions d’années et correspond à la disparition des dinosaures. Seuls les dinosaures théropodes ont survécu et sont les ancêtres de nos oiseaux actuels. La crise « Permien-Trias » qui a eu lieu il y a 252 millions d’années a vu disparaitre environ 95% des espèces. Il s'agit jusqu'à présent de la plus grande crise de la biodiversité qu’ait connue notre planète.


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Une érosion de la biodiversité inédite, car cette crise que les scientifiques considèrent désormais comme la 6ème grande extinction de notre planète, n’est pas conforme aux mécanismes naturels d’extinction des espèces. En effet, la vitesse de disparition des espèces atteint aujourd’hui des records. Sur la base des travaux de Gerardo Ceballos (Université nationale autonome du Mexique), de Paul Ehrlich et de Rodolfo Dirzo (Université de Sanford, Californie), publiés en juin 2015 dans la revue scientifique Sciences Advances, les populations d'animaux n’ont jamais décliné à un rythme aussi rapide depuis le début de la Révolution Industrielle. Depuis 1 900, le rythme de perte de biodiversité est 100 à 1 000 fois supérieur que le taux naturel d’extinction des espèces, calculé au cours des temps géologiques. Au cours des 100 dernières années, ce sont environ 200 vertébrés qui ont disparu sur Terre.


En utilisant la base de données de la liste rouge l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature ou UICN, qui recense les espèces menacées d’extinction sur tous les continents, à différents degrés d’urgence, les scientifiques ont étudié 27 600 espèces de vertébrés au niveau mondial. Ils concluent que 32% des espèces connaissent un diminution de leur effectif. Toujours selon l’organisme intergouvernemental, ces derniers 500 ans, 820 espèces à l'état sauvage ont disparu. L’étude plus approfondie de 177 espèces de mammifères a montré que quasiment toutes ont perdu au moins 30% de leur aire de répartition géographique. 40% de ces espèces ont même perdu plus de 80% de leurs territoires historiques, entre 1 900 et 2015.


Les effectifs des vertébrés, pour la plupart des espèces communes, reculent donc à la fois en nombre, mais également en terme de répartition géographique. Ces zones où les taux d’érosion de la biodiversité sont les plus importants sont identifiés en rouge et jaune sur la carte.2. Tous les pays, de tous les continents, voient leur biodiversité chuter. Les zones les plus impactées se situent au niveau des zones tropicales puisque ce sont les écosystèmes terrestres les plus riches en faune. Dans la zone intertropicale, les populations de vertébrés ont chuté de 89%. Sans surprise, les espèces animales les plus touchées sont situées dans le bassin amazonien. En Afrique, le bassin du Congo subit la plus grande érosion du vivant. A titre d'exemple, le nombre de lions a chuté de 43% en l’espace de 20 ans. Aujourd'hui, environ 20 000 à l'état sauvage, ils pourraient totalement disparaître d’ici 2050. En Asie centrale et du sud-est, près de 42 % des animaux terrestres et des plantes ont disparu ces 10 dernières années. Dans les zones polaires, les déclins se situent entre 23 et 31% selon les espèces.

Taux d'exctinction des espèces de vértébrés dans le monde Carte.2 : Un grand nombre d'espèces animales risquent l'extinction en Asie du Sud-Est, dans le bassin du Congo, en Amazonie et dans les Andes septentrionales, comme le montre cette carte d’extinction des mammifères, des amphibiens et des oiseaux. Les animaux sont également confrontés, dans une moindre mesure, à des taux d'extinction élevés en Europe et en Amérique du Nord, où l'on trouve proportionnellement moins d'espèces. Source : Félix Pharand-Deschênes (cartographie), Clinton Jenkins (traitement des données), traitement des données de l’UICN/Birdlife International. Propriété de l'American Association for the Advancement of Science, carte publiée dans Science Magazine.

 

Les zones tempérées ne sont pas nous plus épargnées. L’état de la biosphère en France est particulièrement préoccupant puisque notre pays se situe au rang des 10 pays les plus concernés par l’érosion de la biodiversité. Une position peu glorieuse qui est largement dû à ses territoires d’outre-mer et méditerranéens, qui concentrent des « points chauds » de la biodiversité mondiale, c’est-à-dire des régions particulièrement riches en faune terrestre et/ou marine. En France métropolitaine, sur les 1 608 espèces évaluées par l’UICN, 20 % sont considérées comme menacées : 14% des mammifères, 24% des reptiles, 23% des amphibiens ou encore 22% des poissons et 28% des crustacés d’eau douce. En France, selon les études du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et du CNRS, en l’espace de 15 ans, un tiers des oiseaux a disparu de nos campagnes. « Nos campagnes sont en train de devenir de véritables déserts. » détaille Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux-Sèvres.

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