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La biodiversité, une question vitale

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Publié dans
le 23.06.13
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FOCUS SANTE


 


Depuis la nuit des temps, l'être humain fait appel aux extraits de plantes, d’animaux ou de champignons pour se soigner. Avec l’avènement de l’industrialisation, les scientifiques espéraient pouvoir développer les médicaments en synthétisant tous leurs éléments. Très vite, ils ont constaté que les substances naturelles sont à ce point diversifiées et complexes que l’étude et la préservation de la biodiversité sont incontournables pour le développement de médicaments. Un réservoir riche et précieux.


 


De nombreuses espèces contiennent des substances bénéfiques pour la santé. Plus particulièrement, les espèces sédentaires (plantes, éponges, etc.) recèlent des composants très intéressants: comme elles ne peuvent pas se déplacer, elles doivent assurer leur défense ou attirer d’autres espèces via des mécanismes physico-chimiques. L’Organisation mondiale de la Santé estime que 80% de la population de la planète a régulièrement recours à des remèdes traditionnels à base de plantes. De plus, ces dernières génèrent plus de 25% de toutes les matières actives présentes dans les médicaments. Bien qu’il existe plus de 300 000 espèces végétales à travers le monde, seulement 5 000 d’entre elles ont été étudiées à des fins médicales.


 


Il reste donc énormément à découvrir, pour autant que les espèces ne disparaissent pas prématurément. Les régions riches en biodiversité, comme les forêts tropicales, contiennent énormément de substances médicalement intéressantes. Chez nous aussi, des plantes mêmes très communes regorgent de composants actifs. Du côté des animaux, les cônes – une famille d’escargots marins tropicaux – contiendraient plus de 50 000 toxines potentiellement intéressantes pour la médecine.


 



L’étude de ces substances a déjà révélé un antidouleur mille fois plus puissant que la morphine, un agent anti-épileptique et une substance active contre le cancer des poumons. Quant aux champignons, ils sont bien connus pour leurs propriétés antimicrobiennes. C’est le cas notamment d’une moisissure du genre Penicillium qui a permis de développer la pénicilline, le tout premier antibiotique.



 


Les composants naturels nous viennent également en aide d’une manière plus mécanique. Par exemple, les substances adhérentes trouvées chez certaines grenouilles sont robustes, flexibles et deviennent rapidement rigides, même en milieu humide. Cette ‘colle de grenouille’ est utilisée pour remédier à des problèmes de rotules et de ménisques. Un exemple similaire est la résiline présente chez des insectes tels que sauterelles, grillons et puces. Ce polymère très élastique, surnommé ‘caoutchouc de qualité supérieure’, peut être utilisé pour remplacer l’élastine, une protéine qui assure l’élasticité de certains tissus (artères, poumons, etc.) et dont la synthèse diminue avec l’âge.


 


L’importance de la biodiversité pour la santé ne se limite pas à l’extraction de substances. En effet, les scientifiques utilisent de nombreuses espèces comme modèles pour l’étude du corps humain et de son fonctionnement. Ceux-ci nous aident à trouver de nouveaux traitements médicaux. Par exemple, la multiplication des cellules chez l’arabette des dames, une plante sauvage apparentée au chou, est étudiée pour comprendre le développement des cancers. Cette plante est également utilisée pour la recherche génétique.


 


UN ETRE HUMAIN SAIN DANS UN ENVIRONNEMENT SAIN


 


La biodiversité n’est pas seulement une source de médicaments. Les écosystèmes nous rendent d’innombrables services, comme l’absorption de substances toxiques ou le contrôle d’espèces pathogènes, sans lesquels notre santé serait en danger.


 


On estime qu’un hectare de forêt absorbe annuellement 70 000 kilos de poussières fines et d’éléments toxiques. En 2000, ces poussières fines ont contribué à plus de 10 000 décès accélérés en Belgique.


 



Si les surfaces forestières étaient plus étendues, notamment dans les villes, il y aurait moins de problèmes de santé et donc également moins de dépenses de santé publique.



 


Quand l’écosystème est déstabilisé et que les mécanismes naturels de contrôle sont détruits, certaines maladies peuvent prendre des proportions épidémiques. C’est notamment le cas de la malaria et du choléra, et cela semble également s’appliquer à la grippe aviaire. En concentrant les volailles sur des périmètres trop restreints, l’homme a permis au virus de la grippe aviaire de se développer, de muter plus rapidement et de se propager. Les oiseaux migrateurs ne sont pas les seuls responsables de l’expansion de la maladie; le commerce et le transport de volailles partagent cette responsabilité. Saviez-vous par ailleurs que le médicament contre la grippe aviaire contient des extraits de plantes, comme de l’anis étoilé… ?


 


Enfin, la biodiversité procure d’innombrables bénéfices pour le bien-être. C’est tout d’abord un facteur de détente; se promener dans la nature permet d’oublier la société exigeante et de combattre le stress. C’est également une source de réconfort: les animaux de compagnie sont de plus en plus utilisés en thérapie pour aider les personnes atteintes de troubles psychologiques.


 



Sauvegarder la biodiversité, c’est non seulement garantir une inépuisable source de médicaments, mais également maintenir le bon fonctionnement des écosystèmes. Par conséquent, c’est la meilleure façon de prendre soin de notre santé. 



 


Source : La biodiversité en Belgique, une question vitale


http://www.natuurwetenschappen.be/common/pdf/institute/structure/biodiv/bibke2_fr.pdf


 


La biodiversité en Belgique, une question vitale


 



 


Commentaires

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2013-06-23 22:15:20 +0200

Un livre sur ce thème
http://www.humanite-biodive...

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2013-07-02 16:30:36 +0200

Ce thème est très très intéressant, même la tradition de polygamie des peuples autochtones est soutenue physiologiquement par de substances naturelles proches des médicaments de synthèse que notre société utilise pour lutter contre les pannes sexuelles ( cas de la pharmacopée des Massaï en Tanzanie et au Kenya.

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À propos de l'auteur

Le Site de Grand Intérêt Biologique des Viviers, plus connu sous le nom de Terril des Viviers est un ancien site de charbonnage s'étendant à l'est de Gilly, section de la ville de Charleroi. Ce site présente un petit terril conique ainsi que de vastes zones ouvertes constituées principalement de pelouses pionnières et de friches. Il comprend aussi un plan d'eau ainsi que des mares temporaire...

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