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La Conférence environnementale, un regard extérieur.

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Publié dans
le 02.12.14
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La Conférence qui s’est tenue pendant 2 jours la semaine dernière a suscité de nombreux commentaires, positifs pour les uns, négatifs pour les autres.
Si l’on compare avec la démarche Grenelle on peut dire que l’on est dans le même type d’approche. On réunit les acteurs, on dégage les points de consensus et de désaccords. La première différence porte sur le processus gouvernemental, pour la version Hollande il faudra attendre Janvier 2015 pour savoir la feuille de route du gouvernement.
Ceci étant on peut tenter un premier jugement à la lumière des comptes rendus des ateliers et des interventions ministérielles et présidentielle. La participation des acteurs a été dans l’ensemble pleine et entière. Des boycotts ont existé, mais n’ont pas perturbé le déroulement global. On peut d’ailleurs s’interroger sur le sens de ces boycotts. Dans une démocratie ouverte comme la nôtre la non-participation a-t-elle un sens ?

Les points forts ont été les suivants :
-> 1 - Cop 21, la commission a souligné la difficulté d’atteindre en décembre 2015 un accord contraignant sur les émissions de GES. Bien sûr, on peut voir des indices d’un monde qui bouge avec l’accord Chine-USA, mais il reste de nombreuses inconnues dont le futur comportement de l’INDE et l’acceptation d’un marché mondial du CO2. Aujourd’hui le CO2 n’a aucun prix significatif pour le Monde, des bouts de marchés existent mais cloisonnés. Malgré les prévisions pessimistes du GIEC, il est à craindre que le scénario de +2 degré soit dépassé. On serait alors dans une situation d’adaptation forcée mêlée avec des démarches d’atténuation. Le coût serait très élevé avec en conséquences des tarifs d’assurance en hausse constante. Mais la commission a fait preuve d’optimisme en rajoutant la préservation de la biodiversité à la lutte contre le réchauffement climatique. Les deux étant intimement liés. Remarquons aussi l’annonce de mobiliser les médias publics en 2015 sur les questions climatiques.
> 2 - Sur les mobilités et les transports, la question de l’écotaxe était dans toutes les têtes. Une ouverture a été faite par le gouvernement qui envisage d’écouter les régions prêtes à taxer, comme l’Alsace et la Lorraine…à condition que la mécanique soit simple, donc pas d’Ecomouv. Un autre point a retenu mon attention, il s’agit de la recomposition de notre parc automobile en direction de l’essence au détriment du diesel. Le sujet est délicat sur le plan social, il faut certes aligner le prix du diesel sur celui de l’essence (et ne pas baisser la fiscalité essence), mais aussi avoir une politique de prime à la reconversion offensive et pas limité aux voitures électriques. La commission a aussi ré ouvert le chantier de l’évaluation ex-ante des projets d’aménagement d’infrastructure. Plus de démocratie pour éviter le drame de Sivens. Le point du référendum local devra faire l’objet d’une analyse précise et éviter le localisme qui fait que l’on veut tout sauf chez soi. Ce qui est parfois le cas, par exemple pour les éoliennes.
> 3 - Sur santé et Environnement, il semble que l’on prenne enfin conscience de l’urgence de la situation, ce qui signifierait que ce lien soit partie prenante d’une politique globale de santé. La question des rapports entre santé et Biodiversité a été explicitement abordée. Il reste à avoir une vision globale qui ne peut se réduire aux jardins thérapeutiques.

A ce stade on peut considérer cette conférence comme positive, mais il reste à faire de 2015 une année significative en termes de développement durable. Car c’est bien dans la combinaison des trois pôles que l’on pourra avoir une lecture positive de la prise en charge de l’environnement dans une perspective de sortie de crise. Il faudra par exemple que la prochaine conférence sociale se rapproche, dans le respect des missions des acteurs, de la conférence environnementale. Il faudra aussi cesser de considérer que la fiscalité est nécessairement une punition et admettre que le signal prix est une bonne manière de dire la vérité aux français. Il restera alors à introduire de la justice sociale dans les reconversions à opérer. Une manière de sortir des analyses catastrophistes qui peuplent les discours des hommes et femmes politiques.

Soyons optimistes.
JP BOMPARD

Vignette: VLDT

Commentaires

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2014-12-02 09:00:04 +0100

DIESEL: si l'avantage des moteurs essence par rapport aux diesels se fait en terme de pollution de l'air par des microparticules et oxydes d'azote, les moteurs diesels gardent cependant un meilleur rendement, ce qui fait qu'ils émettent, à puissance égale, moins de CO2 que les moteurs essence...Ce sont les déplacements individuels en voiture (quelle qu'elle soit) qui devraient être plus visés, et surtout en ville (combien de voitures pesant 1 tonne voire 2 et transportant 1 seule personne se retrouvent coincées dans les embouteillages urbains moteur allumé?)...

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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