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La fin des plantes médicinales?

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Publié dans
le 10.05.15
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« La diversité des espèces animales et végétales est une richesse qu'il faut entretenir comme un précieux réservoir de gènes et de molécules thérapeutiques... À défaut d'agir, plus de 25 % des espèces (végétales sauvages) disparaîtront d'ici la fin du siècle.»

Alain Cuerrier, professeur à l'Institut de recherche en biologie végétale de l'Université de Montréal et président de la Société internationale d'Ethnobiologie.

Résultat de la déforestation tropicale et du commerce intensif des plantes sauvages que des milliards de personnes utilisent pour leurs propriétés médicinales, la Banque mondiale confirme que nombre d'entre elles sont maintenant menacées d'extinction.

Les deux tiers de ces plantes poussent dans les pays du tiers-monde mais ce sont les pays occidentaux qui les exploitent. Selon le professeur Cuerrier, l'intérêt des industries pharmaceutiques et cosmétiques pour ces végétaux justifie une action énergique en faveur de leur préservation.
Il rappelle qu'à elles seules, six denrées servent à nourrir directement ou indirectement 80 % de l'humanité, soit le blé, le riz, le maîs, la pomme de terre, la patate douce et le manioc.
Lorsqu'une maladie inconnue frappe ces cultures, les agronomes se tournent vers les espèces sauvages pour leurs propriétés résistantes naturelles afin de les hybrider avec les plantes domestiques.

La biodiversité n'est pas un luxe que l'on puisse fragmenter impunément, elle est vitale.

Vignette: Illustration : Benoît Gougeon

Commentaires

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2015-05-11 14:21:00 +0200

À mon avis, les efforts de protection gagneraient à devenir systématiques, peu importe les régions et les espèces.
Ce qui a retenu mon attention dans cet article, et que j'ignorais, c'est que non seulement elles servent à des fins thérapeutiques et cosmétiques mais aussi aux agronomes en quête de solutions de résilience végétale pour nous nourrir lorsque nos cultures rencontrent des problèmes insurmontables.

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2015-05-12 11:15:08 +0200

D'abord un grand coup de chapeau à Simone Le Baron pour la position et l'activité positive d'une alternative intéressante (je dirais même plus ...) Nous sommes ce que nous mangeons, notre nourriture est aussi notre pharmacie ...
Notre société souffre d'un mal qui ne peut se soigner que par une chirurgie drastique : l'ablation de l'esprit de lucre ! Et donc un changement profond et fondamental du système par la (ré)introduction de valeurs pérennes ...
Comme nous ne changerons pas l'ensemble, une bonne voie serait de changer nos méthodes individuelles de même que le bagage que nous apportons à nos jeunes ... l'exemple offert par des actions et non plus des mots ...
Il est malheureusement difficile voire dangereux parfois de "faire autrement" ... et les groupes sont la seule solution ...
D'autre part, nous devons être attentifs à sauvegarder, cultiver et protéger (en secret ??? ) un maximum de variétés, quelles qu'elles soient dans des zones les plus vastes possible ... (les brevets sur le vivant, les ogm, et les multinationales sont les grands dangers actuels) Je ne suis pas d'accord avec la mise en évidence de certaines plantes pour inciter l'industrie pharmaceutique à faire pression pour leurprotection car cela ne pourrait qu'entraîner une plus grande ardeur au brevetage du vivant sauvage.
Nous vivons une époque de conquêtes d'un autre genre, j'espère que tous, nous en sommes conscients, et que la seule protection ne suffit pas ... nous devrions pouvoir continuer à jouir de notre liberté fondamentale de nous nourrir et nous soigner à notre manière, en totale liberté de choix.

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2015-05-29 18:24:50 +0200

Je ne vois pas en quoi les laboratoires pharmaceutiques pourraient participer à la sauvegarde des plantes médicinales... si ce n'est pour s'en assurer le monopole et interdire la cueillette sauvage et la culture de plantes au prétexte qu'elles sont médicinales.
En France, ce sont nos fameuses simples qui seraient menacées de monopole voire de brevetage. N'oublions pas que le but de l'industrie pharmaceutique est de s'enrichir, de récents scandales et abus en attestent. Et si les plantes médicinales les intéressent tout à coup, c'est que le "capitalisme vert" surfe sur la vague d'intérêt que suscitent les plantes sauvages, la phytothérapie et la nourriture sauvage.
Le seul moyen de sauver les plantes médicinales de la cupidité est d'enseigner, transmettre afin que chacun de nous soit capable de garder les pissenlits dans sa pelouse autant pour les abeilles que pour ses vertus... Que ce savoir collectif appartienne à l'humanité toute entière avec une interdiction totale d'appropriation des plantes, de leurs noms, des recettes ancestrales et le respect des milieux où sont prélevées les médicinales. : ce n'est pas la plante qui est médicinale, c'est la synergie où milieu, plante, cueilleur, soigneur, malade œuvrent dans la durée. Il ne s'agit donc pas de vendre des plantes, cultivées ou sauvages mais bien de modifier notre point de vue face à la maladie, aux soins et plus largement à notre place dans la nature.
Enfin, n'oublions pas que le diplôme d'herboriste n'existe plus en France et que nombre de pharmaciens sont incapables de déterminer une plante ou un champignon, même avec leurs clés de détermination !

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À propos de l'auteur

Une citoyenne et écrivaine qui réfléchit sur les raisons véritables ou présumées qui nous font accepter (nous, des pays au pouvoir et aux moyens de trouver des solutions) toutes les problématiques environnementales comme s'il s'agissait d'un mal nécessaire et inévitable...

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