POPULARITÉ
503

La philosophie à l’épreuve de la viande

Éditer
Publié dans
le 29.12.14
Philosophe4545977_6_3e5e_2014-12-24-4ab2684-24360-xrckxe_2721794bd717a8e202f3543cf04fd335

Cet article peut être une introduction à la morale de la consommation.
Il ne peut que susciter, probablement, des propos passionnés.
Sachons échanger avec conviction et respect de positions qui peuvent paraître inconciliables. JP B

Certes, la Journée internationale sans viande (Meat Out Day), fixée chaque année autour du 20 mars, suscite l’intérêt croissant du grand public et des médias. Certes, scientifiques et politiques sont chaque jour plus nombreux à dénoncer l’aberration pour l’environnement que représente la production mondiale de viande (302 millions de tonnes en 2012, soit cinq fois plus qu’en 1950), l’une des grandes causes de la déforestation, du réchauffement climatique et de la pollution de la planète. Certes, de grands chefs cuisiniers prennent position, tel le Français Alain Ducasse, qui a supprimé la viande de la carte du Plaza Athénée, son restaurant parisien. Certes, le nouveau livre du moine bouddhiste Matthieu Ricard, Plaidoyer pour les animaux, est un joli succès de librairie… Et après ?

Après, rien. Ou presque. On sait, et on continue. On évoque avec pessimisme la crise écologique, on s’indigne du scandale des élevages industriels, mais on ne renonce pas à son bifteck. Ni à sa dinde de Noël. Tout juste réduit-on un peu sa consommation… Mais si peu ! Un effort infime au regard de l’essor fulgurant qu’a connu l’industrie de la viande depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En France, alors que la population est passée de 40 millions d’habitants à près de 70 millions aujourd’hui, la quantité de viande consommée par personne a presque doublé entre 1950 et 1980, grimpant de 50 à près de 100 kg par an. Elle a, depuis, légèrement régressé, mais avoisine toujours les 90 kg par personne et par an. Soit près de 500 000 bovins, ovins et porcins tués chaque jour dans les abattoirs, tandis que les végétariens plafonnent à 2 % de la population.

« Défi majeur à la cohérence éthique des sociétés humaines »

« Tous les ans, 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards d’animaux marins sont tués pour notre consommation, ce qui pose un défi majeur à la cohérence éthique des sociétés humaines », constate Matthieu Ricard. Dans un livre choc paru en 2011, le romancier américain Jonathan Safran Foer allait plus loin encore. Faut-il manger les animaux ?, s’interrogeait-il à l’issue d’une longue enquête, en partie clandestine, dans cet enfer insoutenable qu’est l’élevage industriel. « Les animaux sont traités juridiquement et socialement comme des marchandises », conclut-il. Nous le savons tous, comme nous devinons tous l’horreur des traitements qu’on leur inflige. Sans vouloir nous en souvenir. Car c’est un fait : « La majorité des gens semble avoir accepté le fait de manger les animaux comme un acte banal de l’existence. »

En avons-nous moralement le droit ? Le 30 octobre, l’Assemblée nationale adoptait un projet de loi visant à reconnaître aux animaux, dans notre Code civil, le statut d’« êtres vivants doués de sensibilité ». Pouvons-nous, pour notre plaisir ou par simple habitude, faire souffrir et mourir des êtres vivants capables de souffrance, d’émotions, d’intentions, alors même que notre survie alimentaire n’est pas en jeu ? Et si non, pourquoi continuons-nous à le faire ? Pour tenter de comprendre, nous avons voulu interroger la philosophie. Et nous devons avouer notre surprise : la philosophie, jusqu’à un passé (très) récent, ne s’est jamais posée cette question. Elle ne s’est jamais demandé si cette pratique était acceptable. C’était une évidence.

« Tuer les animaux pour les manger, cela allait de soi. On n’en parlait même pas »

« Dans l’Antiquité grecque, on ne pouvait pas tuer un animal ni manger de la viande n’importe comment, tempère la philosophe Elisabeth de Fontenay, auteur de l’ouvrage somme Le Silence des bêtes. La philosophie à l’épreuve de l’animalité (Fayard, 1999). Pour les Anciens, comme pour Aristote et Platon, cette pratique était très codifiée par les sacrifices religieux. Mais tuer les animaux pour les manger, cela allait de soi. On n’en parlait même pas. » A quelques exceptions près : Pythagore (571-495 av. J.-C.), pour qui tuer un animal pour le manger était un crime ; et longtemps après, Plutarque (45-120 apr. J.-C.), dont le traité S’il est loisible de manger chair est un vibrant plaidoyer pour l’abstinence de nourriture carnée. Mais, dans leur immense majorité, les Anciens ne se sont intéressés à l’animal que pour démontrer combien l’homme en était différent. Combien il leur était supérieur.

C’est ce qu’on nomme l’humanisme anthropocentrique : une conception fondée sur l’idée de l’exceptionnalisme humain, que la tradition judéo-chrétienne n’a fait que renforcer. Notamment le christianisme, selon lequel la bête a été créée pour le bien de l’homme, centre et maître de la création. Toute la tradition philosophique occidentale sera marquée par cette coupure ontologique entre l’homme et l’animal. Et il faudra attendre Jacques Derrida, et sa déconstruction du propre de l’homme, pour qu’enfin la question soit posée : comment a-t-on pu à ce point légitimer la violence envers l’animal ? Précisément en le nommant « l’animal », plutôt que de parler des animaux, répond-il. Car « l’animal » n’existe pas, si ce n’est pour désigner l’ensemble des vivants pouvant être exploités, tués et consommés hors du champ de la morale et de la politique. Le meurtre de « l’animal » n’est pas reconnu comme tel. Alors qu’il y a bel et bien « crime contre les animaux, contre des animaux ».

Comme Derrida, Elisabeth de Fontenay l’affirme : « Il n’y a aucun fondement philosophique, métaphysique, juridique, au droit de tuer les animaux pour les manger. C’est un assassinat en bonne et due forme, puisque c’est un meurtre fait de sang-froid avec préméditation. » Elle-même, pourtant, n’est pas végétarienne. « Je n’en suis pas fière, mais comment faire autrement ? Je ne mange pas de la viande tous les jours, mais j’adore les lasagnes ! J’adore la sauce tomate à la bolognaise ! Les goûts de chacun, c’est compliqué. C’est idiosyncrasique, c’est l’histoire de l’enfance… » Elisabeth de Fontenay a le courage de cette contradiction majeure, qu’elle analyse à l’aune de notre histoire. « Manger de la viande, c’est un héritage du néolithique ! Vous vous rendez compte ? Du néolithique ! Et toutes les cultures, toutes, sont carnivores ! » Même en Inde, où le végétarisme hindouiste compte nombre d’exceptions.

Changer une habitude plurimillénaire, source de protéines animales et d’un plaisir gustatif singulier ? S’interdire l’accès à un aliment qui, de tout temps, fut considéré comme un mode de distinction sociale ? Pas si facile. Cela coûte du temps, de l’argent, cela oblige dans nos sociétés modernes à se priver d’innombrables produits fabriqués. Pour une famille nombreuse à revenus modestes, cela frise vite le sacerdoce. « Je peux très bien comprendre que certains trouvent trop compliqué d’être végétarien, et que ces mêmes personnes affirment être contre le fait d’élever les animaux pour les tuer », estime la philosophe Florence Burgat, devenue végétarienne « après avoir été hypercarnivore ». « Cela ne me semble pas incohérent. Beaucoup tentent de réduire leur consommation de viande, ou de la rendre plus éthique. L’important est de tendre vers quelque chose. »

Auteur de plusieurs ouvrages sur la question animale, elle consacrera son prochain ouvrage à « l’option carnivore de l’humanité ». Car une question la fascine. « Nous sommes une espèce omnivore, ce qui signifie que nous avons le choix de notre alimentation, rappelle-t-elle. Pourquoi alors l’humanité, au moment où elle arrive à un niveau de développement suffisant pour s’émanciper de l’alimentation carnée – vers la fin du XIXe siècle, quand les connaissances scientifiques et techniques libèrent les bêtes d’un certain nombre de tâches, et que surviennent les premières lois de protection des animaux –, pourquoi fait-elle au contraire le choix de l’instituer ? De l’inscrire dans les techniques, dans les pratiques ? » Un droit désormais devenu, dans la plupart des pays dont le développement le permet, celui de manger de la viande tous les jours.

Depuis quand ? Symboliquement depuis 1865, date à laquelle furent inaugurés les abattoirs de Chicago. En 1870, les Union Stock Yards (littéralement, les « parcs à bestiaux de l’Union ») traitaient déjà 2 millions d’animaux par an. En 1890, le chiffre était passé à 14 millions, dont la mort et le dépeçage fournissaient du travail à 25 000 personnes – Ford, dans ses Mémoires, affirme s’être inspiré de ces abattoirs pour créer sa chaîne de montage à Detroit. C’est ainsi, aux Etats-Unis, que démarre véritablement la démocratisation de la nourriture carnée. Et la production de masse d’une viande issue de ce que l’historien américain Charles Patterson, dans son ouvrage Un éternel Treblinka (Calmann-Lévy, 2008), qualifie de génocide animal. Un génocide qu’il n’hésite pas à comparer à celui du peuple juif dans les camps de concentration nazis.

C’est aussi ce que fait le philosophe Patrice Rouget, auteur d’un récent essai sur La Violence de l’humanisme. « Cette passerelle tendue d’entre deux horreurs est installée aujourd’hui, écrit-il. Des noms dignes de respect, non suspects de mauvaise foi ou de parti pris idéologique, l’ont bâtie pièce à pièce pour que nous osions la franchir. Singer, Lévi-Strauss, Derrida, Adorno, Horkheimer, des victimes revenues des camps de la mort y ont apporté leur contribution. » Ce qui fait de l’extermination perpétrée par les nazis un événement irréductible à tout autre événement de l’Histoire, et ce qui rapproche ce crime de masse de l’enfer de l’abattoir, c’est le processus industriel qui est à l’œuvre. Un processus qui, à la différence des autres génocides, rend le meurtre « identiquement interminable, au moins dans son principe ».

Qu’ils soient végétariens ou « carnistes », tous les philosophes s’accordent donc sur ce point : la production et la mise à mort des bêtes à la chaîne sont une abomination, indigne d’une civilisation évoluée. « Le problème éthique majeur aujourd’hui, ce n’est pas celui de la consommation de viande, affirme Dominique Lestel, philosophe et éthologue à l’Ecole normale supérieure de Paris. C’est l’ignominie de l’élevage industriel. Il y a une dégradation non seulement de l’animal, mais aussi de l’humain à travers ces pratiques. » Auteur d’une provocante Apologie du carnivore, il estime cependant que les végétariens « éthiques » – ceux qui refusent de manger de la viande au nom de la souffrance des bêtes et de leur droit à la vie –, se trompent de cible en s’obstinant à combattre « le méchant carnivore ».

Le concept de la « viande heureuse »

« Par rapport à l’enjeu qu’est la fermeture des élevages industriels, ces végétariens éthiques seraient infiniment plus efficaces s’ils s’alliaient avec ce que j’appelle les carnivores éthiques : des carnivores qui refusent de manger de la viande industrielle, ou qui considèrent que cela ne se fait pas à n’importe quel prix, ni de n’importe quelle façon, précise-t-il. La moindre des choses que l’on puisse faire pour un animal que l’on tue, c’est de le cuisiner convenablement… C’est-à-dire avoir un rapport avec cet animal mort qui n’est pas celui que l’on a face à une barquette de supermarché. » Dominique Lestel, et il n’est pas le seul, opte pour le concept de la « viande heureuse » – une viande provenant d’animaux bien élevés, bien tués, que nous pourrions ainsi consommer en toute bonne conscience. Un compromis auquel Florence Burgat s’oppose totalement.

« Quelle que soit la manière dont on s’y prend, la violence qui consiste à tuer les animaux pour les manger demeure, observe-t-elle. Elle renvoie à la question de fond : qui sont les animaux ? Est-ce que le fait de vivre leur importe ? Pourquoi tuer un homme serait grave, et pourquoi tuer un animal ne le serait pas ? Je n’arrive pas à comprendre ce qui motive cet argument, et je le comprends d’autant moins que les animaux d’élevage, y compris en élevage bio, sont tués très jeunes. Qu’est-ce que cela signifie d’offrir à des bêtes de bonnes conditions de vie dans laquelle elles peuvent s’épanouir, puis de les tuer en pleine jeunesse ? » Vinciane Despret, philosophe à l’université de Liège (Belgique), n’explique pas cette contradiction manifeste. Mais elle rappelle que « l’acte de manger est un acte qui requiert de la pensée », et que la mise en œuvre de cette pensée a été précisément supprimée par notre alimentation moderne. Ce qui a permis que soit instaurée, « sans plus de révolte, la folie furieuse que constitue l’élevage industriel ».

« Au fur et à mesure des années, ce qui constituait un animal domestique vivant a progressivement disparu de tout état de visibilité », souligne-t-elle. La plupart des gens ne mangent plus que sa chair – laquelle, une fois dans l’assiette, évoque de moins en moins la bête dont elle vient. Le comble est atteint avec le hamburger : à Chicago, une étude a mon­tré que 50 % des enfants des classes moyennes ne faisaient pas le lien avec un animal. « La conséquence de cette logique, qui est en connivence avec l’élevage industriel, c’est que l’acte de manger est devenu totalement irresponsable : c’est un acte qui ne pense pas », conclut Vinciane Despret.

Penser plus, donc, pour enrayer cette tuerie et ces souffrances de masse ? Et manger moins de viande, bien sûr. Mais encore ? Fermer les élevages industriels ? A moins de se payer de mots, il n’y a guère d’autre solution. Mais il s’agirait d’une solution ultraradicale. Supprimer la production intensive et favoriser l’élevage artisanal, même en augmentant les surfaces dévolues aux bêtes, cela reviendrait à disposer d’une quantité de viande infinitésimale à l’échelle des 7 milliards de personnes qui peuplent la planète. A en faire à nouveau un mets de luxe, rare et accessible seulement à une petite partie de la population… L’inverse de la poule au pot du bon roi Henri IV, en quelque sorte. Pas très satisfaisant pour qui espère réduire les inégalités.

La planète ne pourra pas supporter longtemps les humains et leurs élevages

Reste une évidence, non plus philosophique mais écologique : au train où s’épuisent nos ressources naturelles, la planète ne pourra pas supporter longtemps les humains et leurs élevages. En 2001, alors que l’épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine (EBS) battait son plein, Claude Lévi-Strauss publiait un texte magnifique, La Leçon de sagesse des vaches folles (revue Etudes rurales, 2001). Citant les experts, il y rappelait que « si l’humanité devenait intégralement végétarienne, les surfaces aujourd’hui cultivées pourraient nourrir une population doublée ». Les agronomes se chargeraient d’accroître la teneur en protéines des végétaux, les chimistes de produire en quantité industrielle des protéines de synthèse, les biologistes de fabriquer de la viande in vitro – elle existe déjà en laboratoire.

Mais alors, plus de bêtes ? C’est ce que redoute Jocelyne Porcher, ancienne éleveuse devenue sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui vient de coordonner un Livre blanc pour une mort digne des animaux. Un avenir sans élevage est un avenir sans animaux, du moins sans ces animaux avec lesquels nous avons une relation de travail, prévient-elle. Ce qui ne convainc guère la philosophe Anne Frémaux, auteur de La Nécessité d’une écologie radicale (Sang de la Terre, 2011). « C’est là un argument qui s’appuie sur la préférence abstraite pour l’existence plutôt que la non-existence, et qui ne prend pas en compte la vie réellement et concrètement vécue par l’individu », estime-t-elle, en suggérant de réensauvager les animaux domestiques et d’agrandir l’espace dévolu aux espèces naturelles.

Florence Burgat, elle, n’en démord pas : « Tant que l’homme mangera les animaux, rien ne pourra changer dans sa conduite envers les autres hommes. On ne peut pas éduquer à la non-violence envers son prochain quand des espèces très proches de nous restent tuables. »

À LIRE
« Plaidoyer pour les animaux. Vers une bienveillance pour tous », de Matthieu Ricard (Allary Editions, 382 p., 20,90 €).
« Livre blanc pour une mort digne des animaux », coordonné par Jocelyne Porcher (Editions du Palais, 104 p., 14,50 €).
« La Violence de l’humanisme. Pourquoi nous faut-il persécuter les animaux ? », de Patrice Rouget (Calmann-Lévy, 160 p., 14,50 €).
« Une autre existence. La condition animale », de Florence Burgat (Albin Michel, 2012).
« Apologie du carnivore », de Dominique Lestel (Fayard 2011).
« Faut-il manger les animaux ? », de Jonathan Safran Foer (Points, 2012 ; Editions de l’Olivier, 2011).

Catherine Vincent
Journaliste au Monde 

source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/12/24/la-philosophie-a-l-epreuve-de-la-viande_4545910_3224.html

Commentaires

2
2014-12-29 18:15:03 +0100

Bel article "de circonstances" en cette période d'ultra-consommation. Et article très bien documenté qui présente les tenants et les aboutissants de cette question ( les aspects sociologiques, économiques, écologiques et éthiques).
J'avoue comme Elisabeth de Fontenay avoir du mal à me débarrasser totalement d'une alimentation carnée ... mais j'y tends petit à petit. Et j'admire, en ce domaine, la rigueur intellectuelle et éthique de Florence Burgat.
Autre point. le rapprochement entre élevage industriel et camps d'extermination fait par de nombreux auteurs me parait particulièrement pertinent. Essayons d'imaginer ce que peut être la vision du monde d'un animal ( que l'on sait "sensible" ), élevé dans les conditions que l'on connaît, transporté d'une manière tout aussi discutable et malmené aussi brutalement dans ses derniers moments !

2

2
2014-12-29 18:29:33 +0100

Il y a un risque philosophique à assimiler un génocide, destruction totale d'un peuple à celui de l’abattage de masse des animaux. Cet abattage ne vise pas à supprimer une population animale dans sa totalité.

2

1
2014-12-29 18:57:06 +0100

Il est vrai que ce rapprochement (élevage industriel/génocide) peut être jugé choquant.
N'oublions pas que ce rapprochement a été fait par des auteurs ayant échappé de peu à l'univers concentrationnaire. Je pense à Isaac Bashevis Singer.
D'autre part, l'on peut s'interroger sur les finalités de l'élevage industriel ( je dis bien industriel ) : des animaux y sont produits, élevés pour être abattus et consommés.
Et les normes d'abattage ( l'étourdissement préalable ) ne sont pas toujours respectées ( ce que je dis là est une litote )

1

3
2014-12-29 19:44:33 +0100

Génocide
La banalisation de ce mot est exposée ici ( par un sioniste ): http://ashomer.blogspot.fr/...
Pour ma part, il me semblerait préférable de ne pas y contribuer car cela avive les tensions.
Humains affamés au travail forcé dans les camps derrière des barbelés ou animaux engraissés au maximum derrière des barreaux; humains entassés pour dormir sur des planches ou poulets en batterie, la souffrance des humains, leur détresse, me semblent être plus grandes, sans doute parce que je suis de l'espèce humaine d'abord, je peux mieux les imaginer ...

3

4
2014-12-30 08:56:20 +0100

Beaucoup de publications avec le mot clef "élevage" dont celle-ci:
http://www.humanite-biodive...

4

4
2014-12-30 11:15:44 +0100

Voici une belle "entrée" en matière pour le réveillon... Et pour la préparation au jeûne pour le climat du 1er janvier 2015.
Pour les animaux: Si le mot "génocide" est un néologisme récent, (1944 d'après wikipédia), un mot qui conviendrait peut être mieux serait : "holocauste", offrande passée au feu offerte aux dieux ... humains !
Mais j'en conviens, ça ne marche pas pour le steak tartare ou pour les sushis !)

4

5
2014-12-30 15:28:11 +0100

L'initiative jeûne pour le climat mérite notre attention. Il ne faut jamais négliger la force des symboles dans un monde où les confrontations sont souvent inutilement violentes.

5

1
2014-12-31 12:01:14 +0100

Dans "Un éternel Treblinka" de Charles Patterson, LUCY, dont les deux jeunes soeurs furent abattues par les nazis sous les yeux de leur père, témoigne: > J'ai été hantée toute ma vie par les images de la Shoah, et il ne fait aucun doute que j'ai été attirée par le droit des animaux en partie à cause des similitudes que je sentais entre l'exploitation institutionnalisée des animaux et le génocide nazi. Dans "Le Pénitent", l'écrivain yiddish Isaac Bashevis Signer, dont la mère et plusieurs membres de la famille furent exterminés en Pologne, affirme: > Le traitement qu'inflige l'homme aux créatures de Dieu ridiculise tous ses idéaux et son soi-disant humanisme. Dans une de ses nouvelles, un personnage dit (..) > Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis; pour les animaux, c'est un éternel Treblinka. On ne peut pas accuser ces personnes de ne pas être objectives avec le nazisme et la condition humaine, puisqu'elles en ont subit parmi les pires méfaits...

1

1
2014-12-31 12:04:52 +0100

Le IIIème Reich a su profiter de la coopération de professionnels de l'industrialisation des élevages et des abbatoirs pour mettre en place ses camps d'extermination...C'est une triste et révoltante réalité, qui montre que le pont entre génocide pratiqué par les nazis et maltraitance industrielle des animaux existe.
Avoir de l'empathie pour la condition animale n'est pas un crime envers l'humanité: cela pourrait même lui rendre service en l'aidant à développer les qualités nécessaires à une évolution plus favorable que ce que les siècles de guerres, meurtres, viols, famines, injustice, profit des uns aux dépens des autres nous montrent...

1

2
2014-12-31 12:11:30 +0100

Matthieu Ricard propose le terme "zoocide" pour marquer la différence avec le génocide.

2

4
2014-12-31 14:50:49 +0100

GÉNOCIDE
En complément à mon précédent commentaire: la définition de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies du 9 Décembre 1948 (Entrée en vigueur le 12 janvier 1951)

Le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
- Meurtre de membres du groupe ;
- Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
- Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
- Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
- Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.
La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide n’a pas son propre organe de contrôle, c’est la Cour pénale internationale qui est chargée de cette fonction. Jusqu'à maintenant 145 Etats ont ratifié la Convention (état au 21 mai 2014; état actuel).

4

3
2014-12-31 14:57:57 +0100

La référence respectable à des victimes des camps ne peut en soi servir de raison. On peut avoir dans notre entourage des rescapés, ce qui est mon cas, qui jugent l'assimilation exagérée.
Ceci étant, il y a consensus pour mettre en cause certaines formes d'élevage, il faut donc construire un discours et des pratiques de transition qui nous sortent des élevages "industriels".
La dénonciation ne suffit pas et peut même construire des blocages irréversibles. Soyons donc modestes dans nos ambitions et respectons les différences d'appréciation.
Cela ne me viendrait pas à l'idée de caricaturer les végétaliens ( en ayant là aussi dans mon entourage proche).

Sur le fond, il faudrait statuer sur la personnalité morale des animaux en comparaison avec celle des humains.
On part de loin, il faut continuer à avancer progressivement en démontrant la possibilité d'autres filières de production respectueuses de l'animal, y compris dans sa mort.
L'hypothèse de rendre "sauvages" nos animaux domestiques ne me parait guère réaliste, mais j’admets cette utopie sauf si elle devient totalisante.
Admettons qu'aujourd'hui nous n'avons pas de réponse crédible à toutes les situations, mais nous vivons dans un pays libre dans ces modes de consommation, si on exclut la question de la pauvreté, on peut donc refuser de consommer de la viande et du poisson.

3

À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 224780
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 163835
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 63525
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 15895
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 9399
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 197862

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy