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La plus grande aire marine protégée voit le jour en Antarctique

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Publié dans
le 28.10.16
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Le plus grand sanctuaire marin au monde verra le jour dans une partie des eaux immaculées de l’Antarctique, à la faveur d’un accord « historique » forgé vendredi 28 octobre en Australie grâce à la levée du veto russe.

La Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) a trouvé un accord pour protéger les 1,55 million de kilomètres carrés de cette immense baie de l’Océan Austral considérée comme le dernier écosystème marin intact de la planète.

Après des années de négociations, un consensus a été trouvé entre les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) lors de sa réunion annuelle vendredi 28 octobre à Hobart, en Tasmanie.

Présenté par les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, le projet porte sur la création d’une zone protégée en mer de Ross, une immense baie côté Pacifique. Elle s’étendra sur une superficie de plus de 1,55 million de kilomètres carrés, soit une aire plus vaste que la France, l’Italie, le Benelux, l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche réunis.

Au total, 1,12 million de kilomètres carrés seront interdits à la pêche, selon le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères Murray McCully.

« Notre proposition impliquait certaines modifications pour obtenir le soutien unanime des 25 membres de la CCAMLR et l’accord final est un compromis entre la protection marine, la pêche durable et les intérêts scientifiques », a-t-il expliqué. « Les frontières de l’aire marine protégée (AMP) restent cependant inchangées », a-t-il ajouté. L’accord est valable 35 ans.

Le « dernier océan »

La mer de Ross est parfois surnommée « le dernier océan » car considérée comme le dernier écosystème marin intact de la planète, c’est-à-dire non touché par la pollution, la surpêche ou les espèces invasives.

La puissante organisation américaine de lobbying Pew Charitable Trusts a estimé dans un communiqué que la CCAMLR, qui rassemble 24 pays et l’Union européenne, avait « écrit l’histoire ».

« Cette décision est historique car c’est la première fois que des nations acceptent de protéger une gigantesque portion d’océan au-delà des juridictions nationales », a déclaré dans le communiqué Andrea Kavanagh, chargée de l’Antarctique au sein de Pew Charitable Trusts.
Barack Obama avait donné l’exemple à Hawaï

La CCAMLR, établie en 1982 par une convention internationale, achoppait depuis 2011 sur plusieurs projets de gigantesques aires marines protégées. Mais elle avait entamé le 17 octobre sa réunion annuelle avec de grands espoirs pour la mer de Ross

D’une part parce que Pékin s’était finalement rallié en 2015 à ce projet de sanctuaire. D’autre part parce qu’un élan avait été donné par le président américain Barack Obama quand il avait annoncé fin août le quadruplement de la superficie de la réserve marine connue sous le nom de Papahanaumokuakea à Hawaï, en faisant – alors – la plus grande au monde. Restait à convaincre la Russie, réticente notamment face aux restrictions de pêche.

« Nous avons beaucoup discuté avec eux », a déclaré à l’AFP le chef de la délégation américaine à Hobart, Evan Bloom, soulignant la mobilisation du secrétaire d’État américain John Kerry auprès du président russe Vladimir Poutine et du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

« Cette décision n’est pas importante que pour l’Antarctique, mais aussi pour les efforts en vue de la protection des océans dans le monde entier », a-t-il dit.

D’autres projets dans les tuyaux

Moscou a récemment montré un intérêt renforcé pour l’environnement, en proclamant 2017 « année de l’écologie en Russie », et en agrandissant son AMP de l’archipel François-Joseph, dans l’Arctique.

La CCAMLR n’est cependant pas parvenue à trouver un consensus sur le deuxième projet majeur d’AMP qui était au menu des discussions. Porté par la France et l’Australie, il couvre un million de kilomètres carrés dans l’est de l’Antarctique. Un troisième projet d’inspiration allemande concernant la mer de Weddell est également dans les tuyaux.

La Croix avec AFP
Source : http://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Environnement/La-plus-grande-aire-marine-protegee-voit-le-jour-en-Antarctique-2016-10-28-1200799380

Commentaires

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2016-10-29 11:06:35 +0200

C'est une excellente nouvelle ????

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2016-10-31 08:13:11 +0100

Très bonne nouvelle, on devrait aussi prendre exemple sur la Russie pour ses efforts concernant la protection de l'environnement.

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2016-10-31 11:28:34 +0100

Mieux vaut tard que jamais disait le proverbe, en tout cas il y en a encore bien d'autre mais c'est une décision équitable pour cette zone

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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