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La réponse africaine au paludisme

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Publié dans
le 08.10.12
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Ce parasitologue dirige une plate-forme technologique unique en Afrique, animée par une équipe de chercheurs maliens.


 

Ne dites pas à Ogobara Doumbo qu’il est le père probable du futur vaccin contre le paludisme. Mais glissez-lui qu’il est une grande figure de la recherche africaine et le parasitologue esquissera alors un sourire. Il a reçu, jeudi dernier, la médaille de la Ville de Lyon, en marge de la remise du prix Galien récompensant les travaux de recherche pharmaceutique.


Cet enfant d’une longue lignée de guérisseurs traditionnels, né « en 1956 ou 1957 »  dans le pays Dogon, a toujours voulu être médecin. Après des études secondaires et supérieures à Bamako, il se passionne pour la parasitologie en rencontrant deux médecins tropicalistes français. Mais aussitôt sa seconde thèse soutenue en France, il rejoint le Mali, où il cofonde en 1992 le Centre de formation et de recherche sur le paludisme.



" 100 000 décès  peuvent être évités chaque année "


Au regard des résultats obtenus, il fait la preuve que son centre dispose d’une plate-forme technologique qui n’a rien à envier aux laboratoires occidentaux : en mars dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandait un traitement intermittent saisonnier chez les enfants de moins de 6 ans développé à Bamako.  


  « Les premiers résultats sont extraordinaires »,  s’enthousiasme le professeur. Associé à l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide, « 100 000 décès peuvent être ainsi évités chaque année en Afrique de l’Ouest »,  estime-t-il. Un pas de géant contre la maladie, qui a tué 655 000 personnes en 2010.


Il poursuit, dans ses laboratoires comme sur le terrain, les essais cliniques pour tester les molécules candidates d’un éventuel vaccin. Tout en conduisant un travail de recherche fondamentale avec une équipe de 60 doctorants. Tous maliens. « Nous ne sommes pas des collecteurs de donnée pour les laboratoires du Nord »,  insiste-t-il.



Un institut scientifique médical de pointe 


Il estime avoir désormais fait la démonstration de la capacité d’un pays africain à héberger un institut scientifique médical de pointe et à éviter la fuite des cerveaux.


 Installé dans l’université de Bamako, il repère les meilleurs étudiants, teste leurs capacités et leur « engagement en faveur de leur pays »,  avant de les envoyer parfaire leur formation en Occident, avec femme et enfants, entourés par des professeurs amis.


De retour au Mali, embauchés par l’État, ils ont l’assurance de démarrer leurs travaux aussitôt. Avec un salaire en rapport avec leurs compétences, grâce à un apport (jusqu’à 80 %) du National Institute of Health (États-Unis). Ce dispositif permet à Ogobara Doumbo de conserver « 95 % des étudiants »  qu’il envoie à l’étranger. « C’est unique en Afrique »,  se réjouit le professeur, sollicité par ses confrères tanzaniens ou kényans qui veulent s’inspirer de son expérience.



Bénévent TOSSERI, à Lyon


Source : http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/La-reponse-africaine-au-paludisme-_EG_-2012-10-07-861836

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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