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Le Canal Seine Nord

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Publié dans
le 04.09.12
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La part de l'Europe se monte aujourd'hui à 6,22% du total du budget du projet du canal Seine Nord. Le ministre des Transports n'a pas donné de montant attendu, sinon « le maximum » que pourra apporter la Communauté européenne.



Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, à la mer et à la pêche, a tenu ce lundi après-midi une conférence de presse au siège de Voies Navigables de France (VNF), à l'issue du comité de coordination du projet du canal Seine Nord. A cette occasion, il a tenu à démentir l'information selon laquelle la procédure de dialogue compétitif aurait été interrompue. Ni le dialogue, ni le projet en lui même ne sont suspendus, a déclaré en substance le ministre. Mais il faut, a-t-il dit, « trouver de nouvelles pistes de financement ».




C'est dans ce but qu'il a missionné le Conseil général de l'environnement et du développement durable ainsi que l'Inspection générale des finances afin d'étudier le coût réel du projet, ses recettes et la méthode de financement. « Le projet n'a pas été sous-évalué », a pour sa part affirmé Alain Gest, président de VNF et député de la Somme. Il avait été évalué à 4,3 milliards d'euros en 2009. Selon le député, il faut juste y ajouter le coût de l'inflation, ce qui porterait aujourd'hui le budget autour de 4,6 milliards d'euros. Il a cependant souligné que le coût de financement de l'emprunt est aujourd'hui plus élevé qu'il y a trois ans.




Afin de débloquer ce dossier, le gouvernement entend « solliciter des financements complémentaires, notamment de la part de l'Europe, pour ce projet qui est fondamentalement européen », a déclaré Frédéric Cuvillier. La part de l'Europe se monte aujourd'hui à 6,22 % du total du budget du projet du canal Seine Nord. Le ministre n'a pas donné de montant attendu sinon « le maximum » que pourra apporter l'Europe, mais a notamment fait allusion aux « project bonds », créés par Bruxelles cet été, et destinés à financer des réalisations d'infrastructures européennes.




Il n'a pas manqué au passage d'égratigner le groupe Bouygues qui avait lâché la semaine dernière que la procédure de dialogue compétitif dans ce dossier était supendue. Pour Frédéric Cuvillier ces « déclarations -maladroites -dont on aurait pu se passer, n'engagent que ses auteurs », ajoutant que cette attitude pouvait, peut-être, s'expliquer par le fait que Bouygues Construction avait « des difficultés à mobilier des fonds sur le marchés financiers ».



NICOLE BUYSE, ENVOYÉE SPÉCIALE À BÉTHUNE


 

En lien associé ci-dessous, le rappel de la précédente publication sur ce canal.

Commentaires

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2012-09-04 16:13:48 +0200

Ce projet, aux dires de nombreux experts, ,n'a jamais démontré sa rentabilité économique. Dans un monde idéal, le transport fluvial mériterait une place de choix, mais à l'heure où les contraintes budgétaires pèsent de plus en plus, il est évident que ce projet a du plomb dans l'aile. Par ailleurs, sur les 4,6 milliards d'euros, pas moins de deux milliards doivent provenir des collectivités locales réparties sur les 100 k du tracé. Or, quand on voit les difficultés du tour de table pour la ligne TGV Tours-Bordeaux, actuellement en construction, cela laisse présager des arbitrages difficiles...

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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