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" Le chômage va continuer d'augmenter dans le monde "

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le 20.01.15
Le-taux-de-chomage-en-grece-au-plus-bas-depuis-2012

La dure réalité. JP B

Selon Guy Ryder, le directeur général de l'Organisation internationale du travail, la planète comptera 212 millions de chômeurs en 2019

61 millions d'emplois perdus depuis 2008

Selon le rapport annuel de l'Organisation internationale du travail publié mardi 20 janvier, plus de 61 millions d'emplois ont été perdus depuis le début de la crise mondiale en 2008. Si la situation s'est améliorée aux Etats-Unis et au Japon, elle continue de se dégrader en Europe, en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne. Avec un taux de chômage de 13,4 % en 2014, les jeunes, de 15 à 24 ans, sont les premières victimes. Près de 74 millions d'entre eux sont sans emploi. Enfin, les inégalités de revenu se creusent : les 10 % les plus riches perçoivent en moyenne entre 30 % et 40 % de l'ensemble des revenus et les 10 % les plus pauvres, 2 %.

Le patron de l'Organisation internationale du travail (OIT) en appelle à des plans de relance et à lutter contre le creusement des inégalités sociales

Le rapport de l'OIT est alarmant s'agissant du chômage.
Quelle est la situation ?

Le chômage va continuer à croître au niveau mondial pour atteindre plus de 212 millions de personnes en 2019, soit plus 10 millions supplémentaires par rapport à aujourd'hui. La crise de l'emploi est loin d'être terminée. En Europe, en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, la situation reste très difficile. Et près de la moitié des travailleurs pauvres dans le monde n'ont pas accès aux produits de première nécessité, les femmes étant encore plus touchées.

L'OIT disait la même chose l'an passé. Et rien ne change…

Il ne faut pas croire que la trajectoire de récupération de l'économie mondiale va régler tous les problèmes. Si nous continuons ainsi, les inégalités mondiales vont encore se creuser. La prise en compte des seuls impératifs budgétaires ne marche pas. Nous devons trouver un équilibre plus juste entre les objectifs financiers et les politiques de l'emploi, investir dans la formation professionnelle, les services de l'emploi.

Le redressement des finances publiques, ces dernières années, a été la priorité : cela n'a pas marché. Le plan Juncker - en décembre, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, annonçait un plan de relance de 300 milliards d'euros pour la croissance et l'investissement - doit soutenir la création d'emplois. Il y a donc des ressources, mais il faut plus de cohérence dans l'application de ces plans.

Le système des Nations unies auquel appartient l'OIT ne montre-t-il pas ses limites face aux nouveaux défis ? On l'a vu sur la crise de l'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest.

Il est nécessaire de se montrer plus efficace face aux défis. Il y a un débat au sein du système onusien pour que les Nations unies puissent être à la hauteur des enjeux actuels. L'OIT participe à une mission en Afrique de l'Ouest afin d'étudier le rôle que devrait jouer le système international pour relever les économies des pays les plus touchés.

Dans l'agenda international figure la conférence de Paris sur le climat, fin 2015. Quel y sera le rôle de l'OIT ?

C'est le deuxième rendez-vous clé de l'année après l'agenda du développement post-2015, qui succède aux Objectifs du millénaire pour le développement. Les Nations unies devront fixer des programmes pour l'élimination de la pauvreté d'ici à 2030. Pour le climat, les années où l'on opposait la croissance économique et la protection de la planète sont terminées. L'emploi à long terme dépend de la lutte contre le réchauffement climatique. A l'OIT, nous parlons d'une transition écologique juste pour le monde du travail. Cela doit faire partie du futur accord à Paris. Les négociations multilatérales restent conditionnées par la défense d'intérêts sectoriels et nationaux. Mais l'accord entre les Etats-Unis et la Chine, en novembre, sur la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre est encourageant.

Propos recueillis par Rémi Barroux
©Le Monde
Avec l'aimable autorisation de Rémi Barroux et du journal Le MONDE

Selon La Tribune : L'OIT avertit que "l'instabilité sociale est particulièrement aiguë dans les pays et régions où le chômage des jeunes est élevé ou en hausse rapide".
Résultat : le nombre de troubles sociaux sont aujourd'hui "10% plus élevés qu'avant la crise" de 2008.
Vignette : (Crédits : reuters.com)

Commentaires

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2015-01-21 10:13:34 +0100

Toujours plus de monde, un marché de l'emploi sans cesse diminué par les délocalisations...Comment cela pourrait-il créer une baisse du chômage? Lorsqu'on se promène en France, dans chaque région l'on peut trouver des moulins en ruines, des usines textiles et papeteries abandonnées...Besançon ne fabrique plus de mouvements d'horlogerie, Peugeot ne fait qu'assembler en France des pièces fabriquées à l'étranger, le lin normand n'est plus tissé en France, les papiers ne sont presque plus produits chez nous...Et tout le monde est complice de cela en ne voulant pas payer à leur juste prix des produits français dont la fabrication serait plus vertueuse (je paye mon papier recyclé fabriqué en France sans produit de blanchiment au moins 10 fois plus cher que mes confrères achetant du papier non certifié)...L'Etat pourrait aussi faire des efforts en réduisant les coûts salariaux, etc...

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2015-01-21 10:48:47 +0100

Ce qui me sidère c'est que l'on ne parle que d'une issue possible au chômage par un retour de croissance sous une forme ou une autre. L'obstination des états à faire croire que nous sommes que dans une crise temporaire (même de longue durée) est une tromperie politique et électorale tant qu'ils le peuvent encore. Or on SAIT que dans une croissance nulle voir même décroissance et c'est même à un certain moment vers ça que l'humanité va ! La terre n'autorise rien d'autre ! On vit dans un espace fini avec des ressources ou renouvelables ou finit. On est dans une situation exponentielle technologiquement parlant et n'ayant de moins en moins besoin de nous. La convergence totale c'est emploi quasi zéro ou largement comblé par les passionnés de leurs disciplines. C'est aussi l'associatif, le publique, la santé et loisirs donc plus du tout vers le productif qui est alors pris en charge par les systèmes. La seule issue est ou sera une allocation universelle ou revenus de base inconditionnelle puisque la "richesse" est ou sera presque totalement assuré par les systèmes. Alors il faudrait aussi le signaler à l'OIT les relayeurs de parole d’États !

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2015-01-21 11:19:27 +0100

PROSPERITE SANS CROISSANCE, c'est possible avec les circuits courts, les monnaies locales, l'argent remis à sa place, et non plus valeur suprême placée au dessus de toute éthique et des valeurs humaines...

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2015-01-21 11:49:54 +0100

Évidement, mais pour autant cela relève d'une croissance nulle et une forme de vie associative locale pouvant être étendue a des ensembles en harmonie avec leurs milieux s'échangeant leurs nécessités locale. Mais ce que je mets en avant ce n'est pas les convaincus, mais les discours généraux annoncé par l'OIT qui donnent aux États l'impression de validité temporaires de leurs discours qui sont largement dépassé par la réalité des choses. Risques de mener aux seuils critiques que sont la prise de conscience rapide et globale des peuples se retrouvant dans des impasses parce que non préparé ! Tous croient encore ou on tendances à croire aux dieux compétitifs et aux compétitions avec échelle sociale bénéficiant a celui qui fait l’effort d'écraser l'autre. Ben oui, progressivement c'est encore la seule vraie manière de progresser. C'est à cela qu'il faut s'attaquer en diffusant par le plus de biais possible que le travail disparaît au profit de circuit courts et collaboratif. Arriver à convaincre tant que l'espoir massif est de "PARVENIR" ce n'est pas évident, merci d'en être un moyen.

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2015-01-21 14:52:01 +0100

"On peut lutter contre le chômage et préserver l’environnement en produisant de la bonne nourriture" http://www.wedemain.fr/On-p...

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2015-01-21 16:26:09 +0100

Une précision sur l'OIT qui est un organisme tripartite dont le directeur est l'ancien responsable syndical de la confédération syndicale internationale :
http://www.ilo.org/global/a...
Les propos de Guy Ryder sont donc à juger à l'aune de la dimension mondiale du chômage. On peut concevoir une croissance avec une gestion économe des ressources, mais refuser la croissance à des pays pauvres est difficilement défendable.
Les échanges mondiaux ne sont pas tous porteurs de richesse, mais l'autarcie est inconcevable dans notre économie mondialisée.
On peut rêver d'un monde coopératif, mais cette utopie doit se construire avec les peuples concernés.
Sommes-nous prêts à une baisse du pouvoir d'achat pour acheter les produits de première nécessité plus chers?
On est donc dans un défi mondial, mais avec des forces citoyennes militantes de peu de poids. Le marché, local ou non, est le mode de régulation des échanges. Il faut essayer de le modifier dans le sens d'une planète vivable sans tomber dans l'erreur dramatique de la planification impérative.
Ceci étant, cela n'empêche pas de se comporter en consommateur responsable… lorsque notre niveau de revenus le permet.

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2015-01-21 18:14:46 +0100

Jean Pierre, c'est exact, mais le modèle "occidental" est bien celui qui est mis en question dans mes propos du moins d'abord. Mais il est encore et pour quelques temps au détriment juste-ment des pays en croissance. Que leurs croissances à eux se fait aussi à leurs détriments (payés au prix de leurs misères) autant qu'a la notre (emploi perdu parce que délocalisé). J'ai vécu de 1999 à 2006 au Brésil, et j'y ai observé pendant cette période, des retours de migration Sud-Nord (Indiens des les villes brésiliennes qui rentrait dans leurs village d'origine en toute cons-cience de ce que leur modèle était bien sur plus précaire mais de loin plus stable que celui des villes (le notre). Et il s'agissait bien d'indien cultivés, certains universitaires etc... Puis toujours au Brésil il y a ceci entre autres : https://www.youtube.com/wat... Nous avons là des modèles comme c'est le cas ici dans ce que dit GermainGrignan plus haut. Ou encore au Venezuela : http://www.cncd.be/Venezuel... . Bref dans pas mal d'endroit déjà ou le monde bouge. L'intéressant c'est que leurs exigences en développement n'atteindront jamais les nôtres qu'ils verront décliner avant qu'eux ne nous rejoignent. En fait, cyniquement, je dirais qu'ils ont de la chance ! Eux vont progresser encore pendant que nous allons en déclinant. La seule consolation absolue à terme, c'est que les "riches" vont eux s'arrêter de l'être plus que ce qu'ils ne le sont, car nous n'aurons plus rien a leurs donner, ni a leur devoir. Maintenant pour reprendre le sujet de l'OIT, je suis bien au courant, mais c'est justement cette obstination des états à faire croire que nous sommes que dans une crise temporaire en se servant d'argument de l'OIT, "ce n'est qu'un effet transitoire" ou pour faire pression encore suffisamment longtemps jusqu’à l'éclatement… Non ce n'est pas transitoire, c'est une trajectoire !

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2015-01-21 18:35:48 +0100

Je suis en train de lire "La composition des Mondes: entretien avec Philippe Descola". Cet ethnologue décrit bien la différence fondamentale qui peut exister entre notre peuple et certains peuples d'Amérique du Sud comme les Achuar, qui pourtant sont heureux, vivent à leur faim...Cela ne signifie pas que nous devons obligatoirement vivre comme eux. Mais cela veut dire qu'il faut cesser de penser que les autres vont vouloir nous imiter (voyant ce que cela entraine, certains peuples réagissent et de beaux exemples d'une Amérique latine qui pourrait bien nous surprendre sont visualisables dans le documentaire "Artisans du changement"...Il ne s'agit pas, alors, d'utopie, mais d'une réalité, et de bourgeons d'espoir qui éclosent ça et là).

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2015-01-21 19:01:51 +0100

Vu mon âge, j'ai vécu la période New Age qui critiquait la société de l'époque et promettait un "monde meilleur" à condition d'être pour le retour à la nature, les produits "bio" localement produits, et idéalement produits soi-même. Car bien sûr, il était dit de «Se transformer soi-même pour transformer le monde».
J'ai l'impression de ré-ententendre " Rien ne va plus : adoptez notre idéologie" …
On sait que l'idéologie New Age n'a pas modifié les sociétés.
Passer de l'état minoritaire à l'état majoritaire reste souvent irréalisable…
Certes pas toujours.
Nul ne connaît l'avenir et ne peut que décrire ce qu'il souhaite qu'il soit. Le sera-t-il? ou pas? …

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2015-01-21 19:07:00 +0100

Hubert Reeves évoque bien pourtant, dans son ouvrage "Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve", ces ilôts d'espoir, dans le détail du "réveil vert"... Il ne reste qu'à espérer...et tenter de convaincre en refusant de mettre des oeillères sur notre esprit pour voir le monde tel que le discours politico-économique voudrait qu'on le voit. De toute façon, la finitude des ressources finira certainement par mettre tout le monde d'accord, ce n'est qu'une question de temps ! Mais osons espérer que l'humanité saura se prendre en charge de manière intelligente avant d'avoir atteint l'obligation créée par la finitude des ressources...

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2015-01-22 09:10:31 +0100

GermainGrignan A écrit plus haut "Et tout le monde est complice de cela en ne voulant pas payer à leur juste prix des produits français", et c'est vrai pour tout ce qu'il dit sauf que cela pourrait s'inscrire dans un équilibre de services "gratuit" et après l'abandon de la spéculation économique. Tout le monde fait ce qu'il aime et tout le monde en profite... On échange un travail de peinture parce qu'on aime cela contre des légumes qu'un passionné de jardinage fournirais etc... Mais tout ça après que le "marché" soit éliminé... Comme ceci : http://www.freeworldcharter... Autrement dit tout pourrait être gratuit il n'y aurait que des services rendus et aucune banque. Ou une monnaie d'échange locale est mise en place comme cité plus haut et déjà appliqué dans pas mal d'endroit.

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2015-01-22 13:54:38 +0100

Mais nous sommes dans une économie marchande, avec des salaires monétaires. On peut néanmoins essayer de construire des ilots d'échange non monétaires, mais la généralisation reste impossible. De nombreux biens ne sont pas produits localement, ne seraient-ce que les livres. Il faut donc de l'utopie pour vivre mais en n'oubliant pas le principe de réalité, celui de l'échange monétaire est indépassable.

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2015-01-22 15:34:25 +0100

Il existe bien des peuples sans monnaie (Amérindiens). Mais les Gaulois avaient déjà un équivalent de monnaie, la rouelle. Les Grecs avaient leurs monnaies aussi (les premières étaient anépigraphes, puis sont apparus les symboles comme kla chouette, et les lettres)...On peut sans être utopiste envisager le développement des monnaies locales, reconnues (comme le sol-violette à Toulouse, la roue à Avignon, l'occitan à Pézenas). Ces monnaies, qui ne peuvent être épargnées du fait de leur dévaluation, incitent à des achats dans les commerces les acceptant, ce qui encourage l'économie locale: avec l'argent, les gens font vivre les gens autour d'eux. On peut échanger des euros contre la monnaie locale souhaitée à sa banque.

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2015-01-22 16:02:16 +0100

Justement ! Comment va se négocier le virage imminent du passage d'une économie mue par le travail humain qui comme nous le voyons disparait soit parce qu'il se déplace ou de toute façon en finalité coutera plus cher que le "robot" qui le remplacera ou qu'il soit et avec lui la monnaie qui serait nécessaire pour nos échangent ? D’où les solutions alternatives avec ou sans monnaie ! Sans monnaie parce que la aussi cela ne dispense pas la possibilité par exemple d'entretenir virtuellement aussi des "comptes de valorisation de crédits d'échanges" avec des cartes de débit de nos valeur. Une valeur mensuelle de base commune étant octroyé automatiquement a chacun à laquelle viendrait s'ajouter des quantités d'unités participatives majorée par une unité qualitative de contribution à l'humanité qu'elle que soit l'endroit ou la contribution est apportée. Ici c'est ou pourrait être un modèle universelle et du coup la monnaie disparait. Les minimum assuré et les maximum limité à la contribution réelle et qualitative apportée. Mais je crois que des solutions il y en a des tas et les monnaies et les spéculations qu'elles ont permis en finalité avec les inégalité sociale creusé aura été a mon avis la plus mauvaise.

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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