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Le jour le moins long

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le 22.08.12
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Vous trouverez le lien avec une étude du Québec sur la méthodologie de l'empreinte *:

Une lecture en terme de biodiversité s'impose.

Voici l'article du jour ! "Mercredi 22 août, l'humanité a déjà épuisé son crédit annuel de ressources  naturelles

Mauvaise nouvelle pour la planète. Cette année, il n'aura fallu que 234 jours à l'humanité pour consommer toutes les ressources naturellee que la Terre peut produire en un an. Nous avons atteint, mercredi 22 août, le "Global Overshoot Day", le "jour du dépassement". En d'autres termes, nous vivrons à crédit jusqu'à la fin de l'année.

"L'heure du bilan a sonné", estime l'organisation non gouvernementale Global Footprint Network (GFN), qui calcule chaque année cette empreinte écologique. Le processus d'épuisement des ressources naturelles s'accélère : le "jour du dépassement" intervient cette année trente-six jours plus tôt qu'en 2011. En 2005, la limite fut atteinte un 20 octobre ; en 2000, c'était un 1er novembre.

Depuis 2003, les experts de GFN évaluent la quantité de ressources à travers le monde et la manière dont elles sont gérées. Avec pour unité de mesure l'hectare global (hag), la méthode consiste à comparer cette "biocapacité" à la consommation réelle de chaque pays.

UNE SEULE PLANÈTE NE SUFFIT PLUS

Cette année, leur système de calcul a été affiné et a permis de publier de nouveaux chiffres, plus précis, pour les cinquante dernières années. Le résultat ? "Un déficit écologique qui se creuse de manière exponentielle depuis cinquante ans", constate Mathis Wackernagel, fondateur de GFN.

Une seule planète ne suffit plus pour subvenir à nos besoins et absorber nos déchets. Désormais les besoins de l'humanité dépassent de 50 % les ressources disponibles, lesquelles ont quasiment diminué de moitié depuis 1961.

Les experts du Global Footprint Network comparent la biocapacité de chaque pays et sa consommation réelle à l'aide d'une unité de mesure, l'hectare global (hag) par habitant.

Rappelant que les risques de pollution (chimique, radioactive, etc.) ne sont pas comptabilisés dans cette étude, le président de GFN prévient : "La dégradation des milieux naturels se traduit inévitablement par une baisse des surfaces productives et notre dette, qui s'alourdit, condamne aux dépens les générations futures."

En 2008 (les données pour les années suivantes ne sont pas encore traitées), l'empreinte écologique de l'humanité s'élevait à 2,7 hag par habitant pour une capacité limite de 1,8 hag/hab. Principaux responsables du déficit, les rejets de dioxyde de carbone constituent 55 % de l'empreinte écologique mondiale. Le reste revient à l'exploitation des milieux naturels.

PRESSION DISPROPORTIONNÉE

La pression des pays riches est disproportionnée. En tête du classement, le  Qatar a fini par dépasser le Koweït et les Emirats arabes unis, avec une consommation de 11,68 hag/hab. Il faudrait cinq planètes uniquement pour absorber la production qatarie de C02.

Au total, sur les 149 pays observés, 60 sont responsables de la dette. En 23e position, figure la France, dont la biocapacité a reculé de 20 % entre 2005 et 2008. Désormais, ses besoins dépassent de 70 % les ressources disponibles. C'est bien au-delà de la moyenne mondiale. Le déficit s'est creusé très vite : le score hexagonal s'élevait à 44 % en 1995, à 54 % en 2005.

Excédentaire, la Chine se place au 73e rang du classement. Le géant asiatique est le premier émetteur mondial de gaz carbonique par tonne métrique, mais son empreinte écologique est relativisée une fois rapportée au nombre d'habitants.

Le rapport de 2012 sur l'état de la planète, mené conjointement avec l'ONG WWF, complète ces résultats. Entre 1970 et 2008, la biodiversité a chuté de 30 % à l'échelle du globe, et les chercheurs estiment qu'au moins 0,01 % des espèces vivantes disparaissent chaque année. Le chiffre correspond aux dernières estimations de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). "Il existerait sur Terre entre 15 et 20 millions d'espèces animales et végétales. Parmi elles, 19 817 sont en train de disparaître", témoigne Florian Kirchner, chargé de programme sur l'extinction des espèces.

Pour M. Wackernagel, ni l'austérité ni la croissance n'éviteront la faillite du système, le défaut de régénération de la Terre sera le facteur limitant de notre économie. "Car la tendance finira par se renverser que ce soit à dessein ou par désastre."

Albelle Di Napoli

 Source: http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/22/mercredi-22-aout-jour-du-depassement-pour-les-ressources-mondiales_1748396_3244.html

http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/develop_durable/pdf/Empreinte_ecolo.pdf

Commentaires

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2012-08-22 17:13:56 +0200

Le Réseau pour l'empreinte écologique mondiale (Global Footprint Network) cherche à mesurer l'impact de l'humanité sur Terre. Pour cela, il recourt à " l'empreinte écologique" - un outil de sensibilisation du public et qui amène GFN à repérer le jour de l'année où l'humanité commence à vivre au-dessus de ses moyens écologiques, appelé "jour du dépassement".
Voir l'analyse présentée dans le "Cahier " sur l'empreinte écologique" de l'Institut de la statistique du Québec http://www.stat.gouv.qc.ca/...

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2012-08-22 19:35:43 +0200

La question des ressources physiques est importante, mais il faut construire un modèle économique de sortie de crise.
La question méthodologique de l'empreinte est une homogénéisation artificielle. On additionne des valeurs physiques hétérogènes. Mais le signal est là, Il faut maintenant construire une stratégie offensive.
http://alternatives-economi...

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2012-08-23 10:20:38 +0200

Pour ma part, l’Empreinte Ecologique renforce l'opinion des convaincus , mais n'a pas sur l'opinion publique l'impact attendu... Vivre à crédit n'est pas considéré comme un risque majeur.
Elle souligne les inégalités (déjà connues) dans la population mondiale et surtout l'objectif de l’EE à savoir que l'humanité n'utilise qu'une seule planète pourrait être approché ou atteint par la baisse des émissions de CO2 donc sans se soucier par ex de l'impact sur la biodiversité et pourtant cette biodiversité est vitale ...Avis personnel, bien sûr.

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2012-08-25 13:30:11 +0200

J'ai remarqué tout de même que cette nouvelle a eu un certain impact pour avoir entendu plusieurs personnes de mon entourage en parler. Cependant, comme le souligne Nelly "Vivre à crédit n'est pas considéré comme un risque majeur", il est vrai quand dans une société ou la majorité vit à crédit, il est entré dans les us et coutumes de vivre de cette manière, alors, je me demande, moi aussi, si l'impact d'une telle initiative sera réellement convaincante sur l'opinion publique.

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2012-08-25 14:00:05 +0200

Je crois en effet que vivre à crédit est une habitude qui finit parfois très mal, expulsion liée aux subprimes par exemple, surendettement avec les crédits revolving.
Mais dans notre domaine, la biodiversité le temps paraît si long qu'il est difficilement appréhendée. C'est un des enjeux de la conférence environnementale, faire rentrer le temps, dit long, dans les urgences à court terme.
Il faut aussi veiller à ce que le discours technologiste ne l'emporte pas, Il faudra de la Science, mais aussi des modifications de comportements et de la fraternité.

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2012-08-25 15:00:51 +0200

C'est, je trouve, ramener encore une fois les choses à une notion d'économie. Par contre, comme vous le dites, Bompard, la notion de temps doit être revue. Il est clair qu'en Occident, notre notion du temps est à court terme comparé à certains autres pays, comme en Asie par exemple. Cela est un fait culturel et c'est aussi ce qui cause notre perte. Le tout, tout de suite, sans se préoccuper vraiment du lendemain. La vision de débit/crédit sur une base annuelle est aussi une arme à double tranchant. On peut se demander si la population ne pensera pas en terme de : nous sommes en perte cette année, peut-être pourrons-nous nous rattraper l'année suivante.

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2012-08-25 16:33:37 +0200

Je ne veux pas faire d'économisme.
Même si c'est mon métier premier. mais dans ma discipline , l’instantanée est dominant, si l'on voit le rôle des marchés financiers...même en ASIE.
Notre mode de production qui s'étend, regardons la Chine et sa croissance, veut supprimer le temps, par exemple zéro stock.
On doit donc reconstruire un humanisme qui intègre le temps et je pense que la biodiversité est une voie royale pour le faire. Cela explique d'ailleurs mon engagement à Humanisme et Biodiversité.
mais je sais en tant que syndicaliste, par ailleurs, que l'urgence prime souvent et que nous avons du mal à nous projeter. Lorsque dans les années 1980 nous avons en tant que CFDT participé à la mise en place de l'AFME devenu ADEME, c'était cette philosophie.
Sur la biodiversité, c'est certaines ONG qui ont ouvert le chantier dans ma confédération.

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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