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"Le meilleur ami d’une espèce ...

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Publié dans
le 11.02.18
Affiche-renard

... est son prédateur"

Citation de Robert Hainard, artiste et naturaliste

Humanité & Biodiversité a sollicité un écologie aux fins de recueillirr son point de vue de scientifique sur les prédateurs.

Voici le texte reçu:

« Le renard est le vétérinaire de ses proies » tel était le titre d’un diorama expliquant au visiteur du « Zoo de Haye » près de Nancy, comment, en prélevant les lapins (Oryctolagus cuniculus) condamnés par la myxomatose, le prédateur débarrassait la population des individus contagieux qui propageaient l’infection…
(le dit zoo était un des premiers centre de réhabilitation de faune sauvage installé dans une ancienne base américaine. Les animaux recueillis, incapables de recouvrer leur liberté, y étaient présentés au public accompagnés de commentaires sur leur écologie et expliquant comment cohabiter avec eux. Un peu plus loin on pouvait consulter un panneau expliquant qu'« aujourd’hui, les renards ne mangent plus les poules…"grâce au poulailler grillagé" !).

Cette idée est bien celle suggérée par la citation de Robert Hainard en exergue de ce texte.
Un autre exemple fameux en écologie est celui des loups (Canis lupus) arrivés sur l’Isle Royale (sur le Lac Supérieur à la frontière du Canada et des USA), qui ont permis aux élans (Alces alces) d’échapper à une disparition certaine par épuisement de leur milieu de vie, en raison d’une destruction de la végétation (le nombre de loups et le nombre d’élans sur cette île s’équilibre avec le temps, permettant la survie des deux espèces et de la végétation dont se nourrissent les élans).

La prédation est une des formes d’interactions entre être vivants.
Il en existe d’autres comme le parasitisme ou la compétition… *La prédation consiste pour un animal à prélever sa nourriture en tuant un autre animal.
Les humains sont des prédateurs occasionnels, nous pardonnons volontiers ce comportement chez nos congénères, mais ne le supportons guère chez les animaux qui prélèvent nos animaux domestiques.

Les écologues se sont intéressés à la prédation, en particulier dans les années 1980 pendant lesquelles de nombreux travaux ont été consacrés à ce sujet.

Des controverses opposaient depuis des années chasseurs et naturalistes sur le fait de l’utilité/inutilité de détruire les prédateurs pour favoriser le gibier proie.

Finalement les études ont convergé pour conclure que les prédateurs ne peuvent survivre sans leurs proies et donc, qu’à l’échelle de l’Evolution les deux types d’espèces coexistent selon des modalités différentes, difficiles à généraliser (en TRES gros, les petits prédateurs comme la belette (Mustela nivalis) dépendent des cycles d’abondance des rongeurs, et les grands prédateurs (loup) limitent la croissance des ongulés comme les élans, mais aussi les cervidés ou les sangliers (Sus scrofa).

Avec l’apparition des ordinateurs, les mathématiciens à leur tour se sont emparés du sujet pour étudier les équilibres entre prédateurs et proies, puis en rendant le système plus complexe en ajoutant à leur modèle des parasites (y compris les microbes comme le virus de la myxomatose) ou des compétiteurs (les coyotes (Canis latrans) sont, par exemple, en compétition avec les renards (Vulpes vulpes), en Amérique pour certaines ressources).

Ces travaux ont bien confirmé que dans certaines situations, le prédateur contribue à limiter la propagation de maladies chez sa proie, mais dans d’autres situations il peut au contraire favoriser le parasite et rendre plus difficile la survie de la proie. Il devient alors difficile de généraliser.

L’écologie est une science de la complexité, elle donne du monde une image dans laquelle il n’y pas de gentils ou de méchants, d’individus utiles ou nuisibles…

En revanche, l’écologie nous apprend que la destruction d’animaux qui posent des problèmes aux humains, notamment les animaux prédateurs ou déprédateurs, n’est jamais une solution durable pour résoudre ces problèmes, puisque si les individus sont bien mortels, les populations peuvent s’adapter à la mortalité et la compenser tant que le milieu offre des ressources dont la population a besoin.

Marc Artois, écologue.

Commentaires

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2018-02-12 11:59:28 +0100

Tout à fait !!! Signe de bonne santé et du bon équilibre de la biodiversité .

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À propos de l'auteur

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