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Le réchauffement climatique, une menace réelle pour les cabris!

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Publié dans
le 17.05.14
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Préambule: Voici un petit article que j'ai publié sur la plateforme www.green-valais.ch, en janvier de cette année, sur le réchauffement climatique... Je pense qu'il peut intéresser aussi les lecteurs de Humanité et biodiversité. C'est pour cela que je le publie ici également. Merci à Roland Clerc pour sa photo d'étagne et cabri qui illustre l'article.

Des chutes de neige qui se raréfient, des températures printanières en janvier…. Notre climat change irrémédiablement. Si des études soulignent l’impact bénéfique du réchauffement sur la faune, d’autres prouvent plutôt le contraire, du moins dans des cas bien précis. Ainsi, au Gran Paradiso, dans le Val d’Aoste, la situation devient préoccupante. C’est là que se situe le berceau des populations de bouquetins qui ont colonisé les Alpes jusqu’en Valais.

Les données récoltées avec soin par 5 générations de gardes-faune démontrent qu’entre 1993 et 2010, le nombre d’individus a dramatiquement chuté, passant de 4'990 à 2'420, soit une diminution de 53%. En collaboration avec les cantons suisses, l’Office Fédéral de l’Environnement et les Hautes Ecoles, les universités de Sassari et de Pavie ont lancé divers projets pour tenter de comprendre la cause de ce désastre. Le réchauffement climatique est pointé du doigt. Des photos satellite et des constatations sur le terrain montrent clairement que la germination de la flore se produit, en montagne, avec 2 ou 3 semaines d’avance. La répercussion de cette précocité sur la période des naissances est évidente ; elle n’est plus en adéquation avec le meilleur moment pour le nourrissage. Les mères ne mangeant que des herbes sèches, leur lait, moins riche en protéines, assure mal la croissance des cabris. Une fois sevrés, ceux-ci n’ont d’autre choix que de se satisfaire de végétaux trop pauvres ou de grimper encore et encore pour trouver des plantes plus nutritives. A la veille de la mauvaise saison, beaucoup de jeunes n’ont pas acquis pas assez de force et de résistance pour affronter leur premier hiver. Il est important de signaler également que le réchauffement ne profite guère qu’aux vieilles femelles qui donnent le jour à des petits plus faibles et moins robustes.

Le saviez-vous?

Si certaines plantes alpines s’adaptent au réchauffement en migrant en altitude, il en est de même pour des espèces endémiques comme le lièvre variable et le lagopède alpin. Cantonnées dans un espace de plus en plus restreint, ces reliques de l’ère glaciaire réussiront probablement à survivre quelques temps. Il ne faut cependant pas se leurrer : leur extinction totale est désormais programmée.

Commentaires

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2014-05-17 11:05:42 +0200

Merci Pierre pour toute cette passion que tu mets et essaie de nous transmettre pour la nature, et surtout la biodiversité valaisanne.

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2014-05-17 15:02:49 +0200

Je me souviens avoir lu que l'hybridation menace les espèces comme le lièvre variable …

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2014-08-09 17:36:12 +0200

Il en est de même pour les chats sauvages. Les habitations grignotant de plus en plus les espaces naturels, ils côtoient nos chats domestiques et la race pure risque bien de disparaître.

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À propos de l'auteur

Randonneur dans l'âme, j'ai parcouru le chemin de Compostelle. J'aime partir à la découverte de la nature de mon canton, le Valais en Suisse, et pourquoi pas passer une nuit à la belle étoile...

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