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Le sanglier en zone péri-urbaine...

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Sanglier-neige

Une intéressante enquête

On connaissait le renard en ville. Mais le sanglier a, ces dernières années, fait une apparition dans certaines villes et dans des milieux fortement urbanisés.
Ce phénomène est mondial. Les Barcelonais, les Berlinois, les Bruxellois .... connaissent une cohabitation avec le sanglier.

Une enquête internationale a été menée en 2012 et 2013 afin d'essayer de déterminer l'ampleur du phénomène, d'en comprendre les causes et de voir comment se passe la cohabitation avec les humains. Vous la trouverez, en anglais, ci-dessous.

La caractéristique de la zone d'étude (zone péri-urbaine) est d'être une zone à forte densité humaine dans laquelle la pratique de la chasse "traditionnelle" est quasi impossible à organiser (contraintes fortes de sécurité).

L'enquête a concerné l'Europe mais aussi la Chine et le Japon, et des pays fréquentés par des porcs retournés à l 'état sauvage (Australie, USA, Argentine).
On constate que, dans la majorité des cas, les sangliers et porcs féraux ne fréquentent de telles zones que depuis 5 à 15 ans; leur présence est donc récente.

De telles zones offrent, pour les suidés, des ressources en nourriture, en eau et en refuges, très appréciées, surtout quand elles jouxtent des habitats agricoles ou forestiers ou que des corridors plus ou moins naturels y mènent (canaux, autoroutes et voies ferrées).
Dans 41 % des cas il a été relevé une très rapide accoutumance du sanglier, vis-à-vis de l'être humain et de ses pratiques, expliquée par l'absence de chasse et par le nourrissage, volontaire ou non (poubelles, jardins potagers, ...).

Mais des conflits apparaissent car l'animal détériore des clôtures, laboure les terrains de golf et les pelouses des parcs urbains, et surtout crée des collisions avec les véhicules automobiles. On constate un cas d'agression sur humain (Bello Horizonte au Brésil) et un problème de contamination de l 'eau par E.coli (Texas).

L'enquête indique que ce sont les municipalités qui se sont emparées du dossier. Le phénomène étant récent, chacune s'efforce au mieux de répondre aux problèmes posés par les dégâts et risques, depuis la capture puis la translocation (Barcelone), ou pout l'injection léthale (Japon), ou l'envoi à un abattoir (Italie), jusqu'aux tirs d'effarouchement (Norvège), les tirs par des lieutenants de louveterie (France) …

Il ressort que la clé du problème reste le contrôle de la densité des populations.
On est actuellement en phase de quête de solutions et, dans certains cas, des groupes de travail multi-acteurs ont été constitués pour y réfléchir et construire des réponses adaptées.
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Commentaires

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2015-01-02 15:34:09 +0100

Cet article a été écrit en envisageant uniquement le point de vue humain.
Le problème vient essentiellement de la détérioration des milieux où vivent normalement les animaux sauvages.

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2015-01-02 20:33:26 +0100

Avec QUI l'homme est-il prêt à cohabiter?
A entendre certains citadins ou villageois, les oiseaux sont indésirables car ils obligent à nettoyer régulièrement son pare-brise…
La solution aux problèmes n'est-elle pas parfois en nous? (Par exemple plus de tolérance lorsqu'il s'agit de problème mineurs...).
La contamination des eaux par E. coli est un problème plus sérieux. Néanmoins, du fait de la démographie humaine, le problème se pose régulièrement, sans que l'on ait besoin pour cela du sanglier.

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2015-01-02 21:02:48 +0100

ALGER n'échappe pas à cette situation
Prolifération des sangliers dans la capitale
Une véritable menace urbaine
http://www.elwatan.com/regi...

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2015-01-02 22:11:38 +0100

DANS NOS ARCHIVES
Les populations de sangliers sont en forte progression depuis le dernier quart du XXème siècle.
Même hors des zones urbanisées, les accidents de la route par collision avec un animal sauvage sont nombreux.
En France
- Un recensement effectué de 1984 à 1986 par la direction des routes du ministère de l'équipement, en lien avec les partenaires cynégétiques, fait état de 11 055 collisions sur ces trois années. Donc, à l'époque, moins de 4000/an.
- 35 000 en 2008 (36% sangliers)
En tête des animaux à risque : le sanglier.
On peut constater :
- une augmentation des populations de sangliers,
- un accroissement des collisions avec des véhicules à moteur,
- une présence accrue en zone urbanisée.
En Belgique,
Ll’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) dénombre un peu plus de cent collisions par an avec les sangliers.

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2015-01-02 22:16:07 +0100

DONC LE SANGLIER DEVRAIT ÊTRE SUR LA LISTE DES "NUISIBLES" DEPUIS BIEN LONGTEMPS ! En voilà un qui, pour une fois, mériterait (presque) ce terme...Décidément, la pratique cynégétique manque sur beaucoup de plans de cohérence...

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2015-01-03 10:38:28 +0100

Je m'étonne de retrouver sur ce site une référence à l'expression " animal nuisible" que les connaissances actuelles en écologie et en éthologie ne justifient plus.

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2015-01-03 10:44:42 +0100

À bjcaron
La réglementation en vigueur ne peut être ignorée. Cependant notre association a publié son point de vue : elle suggère l’utilisation de l’expression « espèces pouvant poser problèmes » en ramenant ces problèmes à des impacts réels, ponctuels et locaux appelant une réponse ciblée. C'est exactement le cas quand des sangliers deviennent urbains.
Voyez http://www.humanite-biodive...

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2015-01-03 10:55:29 +0100

bjcaron: partageant votre avis et dénonçant, sur ce même site, ce terme de "nuisible" comme celui de "destruction", j'ai, exceptionnellement, utilisé ce terme avec des GUILLEMETS et pris la précaution d'ajouter "PRESQUE" entre parenthèses après "mériterait"…
C'est donc une récupération d'un terme pour prouver la non-compétence du monde cynégétique pour (je fais encore de la récupération) "gérer" "réguler" les espèces et "entretenir" la biodiversité par ce loisir…
Merci de votre commentaire, je le trouve utile.

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2015-01-03 13:51:37 +0100

Merci de votre réponse qui m'a rassuré !
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2015-01-03 16:30:07 +0100

J'habite une zone où il y a aussi beaucoup de sangliers qui vivent sur un territoire anciennement boisé et ... maintenant urbanisé.
Pour plaisanter mais c'est pourtant vrai: Ici ce sont les platanes qui les soirs de beuverie se jettent sur les automobilistes en traversant les routes de campagne d'où la volonté de certains élus de les couper!

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2015-01-03 18:31:08 +0100

Mais on ne parle pas des "attaques de voitures" sur les piétons et cyclistes (mon fils en a été victime à l'âge de 7 ans en traversant un passage piéton)...Et dire qu'on raconte encore des histoires de "grand méchant loup" qui mange les enfants !

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2015-01-16 13:29:00 +0100

Ce serait bien effectivement que le terme de "nuisibles" soit remplacé prochainement par un terme écologiquement plus adapté. Mais puisqu'il est question sur ce site d'humanité et de biodiversité, je vous fait part de mon indignation quand j'ai trouvé ce qualificatif utilisé par un des professeurs pour mon fils actuellement en pleine crise d'adolescence! Là aussi, certainement, s' agissant d'un être humain, un autre terme plus approprié aurait été de mise!

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2015-01-18 14:55:47 +0100

Je crois qu'on pourrait demander l'aide d'Obélix. Sans blague, pour avoir accès à des conditions de vie plus facile, l'animal est forcé de quitter son milieu naturel qui devient progressivement plus hostile. Il faut poser des gestes qui vont être favorables à son retour en forêt, lui préserver un territoire qu'il n'aura pas avantage à quitter.

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2015-01-24 09:08:52 +0100

Là il faut titrer: Sanglier en zone urbaine…
http://www.sudouest.fr/2015...

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2015-01-24 09:35:44 +0100

C'est souvent en période de chasse que ces animaux, poursuivis, acculés, en viennent à traverser l'autoroute, débarquer en ville voire dans des bureaux d'entreprise d'une petite ville rurale comme cela s'est passé récemment dans la Drôme. La pratique cynégétique modifie profondément le comportement des animaux en augmentant le stress, les déplacements nocturnes (d'où de nombreuses collisions la nuit)...Quant à la prolifération des sangliers et des descendants des hybrides sanglocochons, elle est un bon prétexte pour rappeler la nécessité du maintien de prédateurs naturels aux animaux sauvages...(

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

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