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Le taux de CO2 dans l'air au plus haut depuis plus de 2,5 millions d'années

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le 07.05.13
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Un cap symbolique est en passe d'être franchi. Pour la première fois depuis que l'homm est apparu sur Terre. Et même depuis plus de 2,5 millions d'années... Le seuil de 400 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique devrait ^tre atteint courant mai, au point de mesure historique de la station de Mauna Load (Hawaï), où les premières mesures de l'ère mderne ont été menées dès 1958, par l'Américain Charles Davd Keeling.

 

La concentration de CO2 dans l'hémisphère Sud, plus faible que celle de l'hémisphère Nord, ne franchira cependant le même palier que dans plusieurs années.

 

A Mauna Loa, la concentration de CO2 pointait, vendredi 3 mai, à 399,29 ppm. La veille, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) rendait public son bilan climatologique pour 2012, notant l'abondance et l'intensité de phénomènes extrêmes : sécheresses, inondations, cyclones tropicaux, etc.

 

2012 AU NEUVIÈME RANG DES ANNÉES LES PLUS CHAUDES

 

"La variabilité naturelle du climat a toujours donné lieu à ces extrêmes, mais les caractéristiques physiques de ces phénomènes météorologiques et climatiques résultent de plus en plus du changement climatique", analyseMichel Jarraud, secrétaire général de l'OMM.

Celle-ci place l'année 2012 au neuvième rang des années les plus chaudes observées depuis la fin du XIXesiècle. La concentration atmosphérique de CO2 n'excédait pas alors les 300 ppm. Un niveau qui n'a jamais été dépassé au cours du dernier million d'années écoulé.

 

Le seuil de 400 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique devrait être atteint courant mai 2013.

Un cap symbolique est en passe d'être franchi. Pour la première fois depuis que l'homme est apparu sur Terre. Et même depuis plus de 2,5 millions d'années... Le seuil de 400 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique devrait être atteint courant mai, au point de mesure historique de la station de Mauna Loa (Hawaï), où les premières mesures de l'ère moderne ont été menées, dès 1958, par l'Américain Charles David Keeling.

La concentration de CO2 dans l'hémisphère Sud, plus faible que celle de l'hémisphère Nord, ne franchira cependant le même palier que dans plusieurs années.

A Mauna Loa, la concentration de CO2 pointait, vendredi 3 mai, à 399,29 ppm. La veille, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) rendait public son bilan climatologique pour 2012, notant l'abondance et l'intensité de phénomènes extrêmes : sécheresses, inondations, cyclones tropicaux, etc.

2012 AU NEUVIÈME RANG DES ANNÉES LES PLUS CHAUDES

"La variabilité naturelle du climat a toujours donné lieu à ces extrêmes, mais les caractéristiques physiques de ces phénomènes météorologiques et climatiques résultent de plus en plus du changement climatique", analyse Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM.

Celle-ci place l'année 2012 au neuvième rang des années les plus chaudes observées depuis la fin du XIXe siècle. La concentration atmosphérique de CO2 n'excédait pas alors les 300 ppm. Un niveau qui n'a jamais été dépassé au cours du dernier million d'années écoulé.

"Franchir le seuil de 400 ppm de CO2 porte une forte charge symbolique, juge le climatologue Michael Mann, directeur du Earth System Science Center de l'université de Pennsylvanie. Cela vient nous rappeler à quel point la dangereuse expérience que nous menons sur notre planète est hors de contrôle."

Au rythme actuel des émissions de dioxyde de carbone, l'objectif fixé par la communauté internationale de limiter, à l'horizon de la fin du siècle, le réchauffement à deux degrés au-dessus du niveau préindustriel, est désormais quasi intenable.

AUGMENTATION MOYENNE DE LA TEMPÉRATURE DE 2,4 °C À 2,8 °C 

Le franchissement imminent du seuil des 400 ppm de CO2 n'est pas une surprise. En août 1975, dans un article célèbre publié par la revue Science, le géochimiste américain Wallace Broecker non seulement prévoyait l'irruption prochaine du "réchauffement global", mais il estimait aussi la rapidité avec laquelle les activités humaines feraient grimper la concentration atmosphérique de CO2. Voilà près de quarante ans, il avançait que le fameux seuil des 400 ppm serait atteint en 2010...

Pour retrouver de tels niveaux de gaz carbonique, il faut remonter à l'ère du pliocène, il y a 2,6 à 5,3 millions d'années. Les créatures les plus proches du genre humain qui arpentaient alors la surface de la Terre étaient les australopithèques. "Les températures moyennes globales étaient de trois à quatre degrés supérieures à celles d'aujourd'hui et d'environ dix degrés aux pôles", précise la Scripps Institution of Oceanography (université de Californie à San Diego), qui publie quotidiennement les mesures de concentrations de CO2 de Mauna Loa. Et le niveau de la mer, "supérieur de 5 m à 40 m au niveau actuel".

La centrale de Belchatow, en Pologne, premier émetteur européen de CO2.

"Il est toujours délicat de faire ce genre de comparaison", prévient cependant le climatologue Jean-Pascal van Ypersele (université catholique de Louvain), vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). "Il n'y a pas que la concentration en CO2 qui change, note-t-il. La position des continents, l'orbite terrestre ont, depuis le pliocène, également changé."

Selon les derniers travaux du GIEC, la stabilisation du CO2 entre 400 ppm et 440 ppm conduirait, sur le long terme, à une augmentation moyenne de la température terrestre de 2,4 °C à 2,8 °C. "La dilatation thermique des océans conduirait à une élévation du niveau moyen des océans comprise entre 50 cm et 1,7 m, ajoute M. van Ypersele. Et ce, sans tenir compte de la fonte des glaciers."

ÉLÉVATION DU NIVEAU MARIN COMPRISE ENTRE 20 CM ET 60 CM

Ce nouvel état d'équilibre ne serait toutefois atteint que bien après la fin du siècle en cours. Autour de 2100, vu l'inertie de la machine climatique, l'augmentation du niveau des mers devrait être en deçà de ces niveaux, même en tenant compte de la fonte des glaciers. Le dernier rapport du GIEC prévoit à cet horizon une élévation probable du niveau marin comprise entre 20 cm et 60 cm, une estimation qui devrait cependant être revue à la hausse dans le prochain rapport du groupe d'experts, attendu pour septembre.

"Une part de la question est donc de savoir si l'on doit se préoccuper du très long terme ou se limiter à considérer ce qui se produira d'ici cinquante ans à cent ans", interroge le climatologue Edouard Bard, professeur au Collège de France.

En tenant compte du temps très long, "la possibilité est réelle qu'avec les niveaux de CO2 actuels nous ayons déjà dépassé le seuil d'une influence dangereuse sur notre climat", estime pour sa part Michael Mann.

Selon le climatologue américain James Hansen, ancien directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS), la concentration de CO2 à ne pas excéder se situe autour de 350 ppm. Une limite qui a été atteinte peu avant 1990.Stéphane Foucart

Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/06/le-taux-de-co2-dans-l-air-au-plus-haut-depuis-plus-de-2-5-millions-d-annees_3171507_3244.html

Commentaires

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2013-05-08 10:37:24 +0200

J'ai lu l'info sur le site de CERES-ERTI
CERES
Centre d’Enseignement et de Recherches sur l’Environnement et la Société
ERTI
Environmental Research and Teaching Institute
http://www.environnement.en...

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2013-05-08 10:59:01 +0200

Important (quelle que soit la cause de l'augmentation du CO2..):
Effets de l'augmentation des concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone sur les plantes
Par: Daniel R. Taub ( Département de biologie, Université Southwestern )
http://www.nature.com/scita...

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2013-05-08 12:09:58 +0200

La polémique de notre climato-septique n'est pas nouvelle. Chacun peut se faire une opinion en lisant les articles scientifiques y compris de scientifiques français.
Je ne souhaite donc pas poursuivre un débat sans objet, qui opposerait les climatologues entre eux, les soutiens des pétroliers et les soutiens à une réorganisation de notre développement.
Je laisse aux "vrais" scientifiques le soin de se positionner !!!!

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2013-05-08 18:10:18 +0200

Regardant à nouveau les rapports successifs du GIEC, ils ne cessent de s'améliorer et rien n'est négligé ni l’activité solaire, ni les propriétés de la surface du sol, ni les aérosols... ni les gaz à effet de serre ...

Le site de Humanité et Biodiversité est ouvert à tous ceux qui se soucient de l'avenir de la biodiversité.

Quant à porter des jugements de valeur sur l'état de l'opinion publique, sa prétendue ignorance ou sa crédulité, je ne m'y autorise pas. Le site n'est pas ouvert pour y recueillir de telles affirmations.
Cela s'éloigne, il me semble, de la Charte du site que chaque membre inscrit à www.Humanite-Biodiversite.fr s'engage à :respecter.
http://humanite-biodiversit...

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2013-05-09 14:35:38 +0200

Qui a tort, qui a raison ? Quoi qu'il en soit, personne ne peut nier que les activités humaines sont toujours plus impactantes pour la planète.
Toujours plus dans un monde fini ! Le jour où notre atmosphère ne sera plus respirable, il sera trop tard. Notre rôle - notre devoir - aujourd'hui est de préserver ce qui peut l'être. Chacun à son échelle, aussi modeste soit-elle, pour les générations futures.

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2013-05-10 16:35:52 +0200

Avec l'aimable autorisation de l'auteure.

Les salles de classe anglo-saxonnes, nouvelles cibles des climatosceptiques
Au Royaume-Uni, le thème de réchauffement est occulté dans l'enseignement, tandis qu'aux Etats-Unis l'impact de la hausse des températures est minimisé

Les salles de classe anglo-saxonnes sont devenues l'un des champs de bataille du climat. Au Royaume-Uni, la polémique enfle chez les enseignants et les scientifiques qui craignent de voir le changement climatique disparaître des programmes scolaires. Aux Etats-Unis, la notion vient certes de faire son entrée dans les manuels mais dans une version édulcorée par rapport aux travaux préparatoires.

Outre-Manche, le ministère de l'éducation, qui planche sur un nouveau " curriculum national " - définition du contenu de l'enseignement primaire et secondaire - a retiré la notion de changement climatique de la version finale du projet dévoilé en février, mais pas encore officiellement adopté.

Dans les nouveaux programmes pour les 5-14 ans, qui devraient entrer en vigueur en septembre 2014, les cours de géographie ne sont plus censés aborder le changement climatique mais le " climat et la météo " (saisons, zones climatiques, cycle de l'eau, glaciation, etc.). Une seule mention, dans les cours de chimie, fait état de " l'impact du dioxyde de carbone produit par l'homme sur le climat ". Les conséquences du réchauffement sont cantonnées aux cours de géographie pour les 14-16 ans. Un enseignement optionnel que ne choisissent qu'un quart des élèves.

Face à cette refonte, de nombreuses institutions scientifiques, ONG écologistes et associations d'enseignants et d'élèves se mobilisent pour inciter le ministère à faire marche arrière. Deux pétitions, d'une professeure et d'une étudiante, ont récolté 67 000 signatures. Le ministre de l'énergie lui-même, le libéral-démocrate Ed Davey, a écrit, le 2 mai, une lettre à son homologue de l'éducation, Michael Gove, lui demandant de revenir sur son choix.

" Les élèves n'apprendront plus les conséquences du changement climatique pour les hommes, comme la montée des eaux ou la fonte de la banquise, déplore Margaret Hunter, professeur de géographie et auteure de l'une des pétitions. C'est d'autant plus regrettable que ce sont eux qui vont affronter, et affrontent déjà, les conséquences du réchauffement et qui nécessitent donc de solides connaissances pour le gérer et le combattre. "

" Il est faux de dire que le changement climatique a été retiré du curriculum national, rétorque le ministère de l'éducation dans un communiqué. Il s'agit au contraire de donner aux élèves une meilleure compréhension des enjeux du climat. "

La réponse peine à convaincre. " Enseigner les mécanismes physiques du climat ne permet pas forcément de comprendre les enjeux du réchauffement, prévient Bob Ward, l'un des directeurs de l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique, coauteur d'une réponse au ministère. Cela va dépendre des choix de chaque enseignant de traiter ou ignorer le sujet. " Comme d'autres, il devine, derrière " ce recul ", l'influence des climatosceptiques, nombreux au sein du Parti conservateur dont est membre le ministre de l'éducation.

De l'autre côté de l'Atlantique, en revanche, la notion de changement climatique est pour la première fois entrée dans les programmes des écoliers américains, par l'intermédiaire de nouvelles normes éducatives scientifiques - " Next Generation Science Standards ". Publiés le 9 avril, après deux ans de travail impliquant des scientifiques et des professeurs, ces programmes prévoient un enseignement interdisciplinaire du climat au primaire et au secondaire. Parmi les prérequis : comprendre comment les activités humaines accélèrent le réchauffement.

" C'est un vrai progrès car le changement climatique n'était pas abordé par les normes actuelles, qui datent de 1996, explique Frank Niepold, coordinateur de l'éducation au climat à la National Oceanic and Atmospheric Administration. Chaque Etat est libre toutefois d'appliquer les programmes à sa façon. Beaucoup d'enseignants évitent alors ce sujet polémique. " Vingt-six Etats au moins devraient adopter les nouvelles normes et les mettre en oeuvre d'ici à deux ou trois ans.

Malgré leur avancée incontestable, ces programmes rénovés ont toutefois suscité déceptions et critiques au sein du monde scientifique. Leur version finale, publiée à la suite d'une consultation publique, supprime un tiers du temps d'enseignement alloué au climat. " Surtout, le contenu a été édulcoré : le mécanisme de l'effet de serre et les réponses à apporter au changement climatique ne sont pas présents, par exemple ", regrette Mark McCaffrey, directeur de la stratégie au National Center for Science Education.

Comme au Royaume-Uni, l'expert estime que les climatosceptiques ont fait pression. De fait, nombre d'organismes, tels que le think tank conservateur Heartland Institute, continuent de diffuser auprès des enseignants et des élèves américains l'idée que le changement climatique est " incertain " et scientifiquement " controversé ". Depuis 2001, des " Academic freedom bills " ont même été discutés dans plus d'une quinzaine d'Etats, et adoptés par deux d'entre eux (la Louisiane et le Tennessee), afin de protéger les enseignants tenant des propos climatosceptiques ou anti-évolutionnistes. " De telles lois pourraient continuer d'essaimer face aux nouvelles normes, craint Mark McCaffrey. Si le changement climatique est scientifiquement prouvé, il reste politiquement et idéologiquement controversé. "

Audrey Garric

© Le Monde

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2013-05-10 23:23:03 +0200

La fonte de la banquise est décrite dans les rapports du GIEC.
La montée du niveau de la mer est évaluée dans les rapports du GIEC.
il n'est jamais écrit que la montée du niveau de la mer résulte de la fonte de la banquise.

VOILÀ EXACTEMENT CE QUE DIT LE GIEC: " Les deux causes principales de l’élévation du niveau mondial de la mer sont la dilatation thermique des océans (l’eau se dilate avec la chaleur) et la disparition des glaciers continentaux due à une augmentation de la fonte des glaces." http://www.ipcc.ch/publicat...

LIRE aussi: http://www.bulletins-electr...

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2013-05-11 06:01:27 +0200

On est climatologue dans les procédures d'évaluation par les pairs, pas par auto proclamation.
La théorie du complot n'est pas loin. La science n'y gagnera rien.

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2013-05-11 16:03:05 +0200

Audrey Garric a encore frappé : Regardez comment la Terre a évolué en 30 ans. Des images qui en disent long, indépendamment des querelles et des écoles de pensée. Lire http://ecologie.blog.lemond...

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2013-05-12 02:41:24 +0200

J'ai connu le lissenkysme, la glorification de l'agriculture de la RDA....cela me suffit.

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2013-05-12 08:18:26 +0200

Histoire de faire monter d'un point cet article dans le classement des "plus commentés", un coup de chapeau à monsieur le climatologue sceptique et érudit pour son néologisme "anthropo-chauffagiste".

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2013-05-12 11:46:09 +0200

Le calme est nécessaire; pas les faussaires.

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2013-05-12 14:55:18 +0200

Une controverse scientifique doit s'en tenir à l'exposé des éléments divergents.
Dans le premier commentaire des accusations ont été portées. Son auteur ne tenait donc pas compte de l'engagement pris (acceptation des règles d'utilisation du site).. " afin d’assurer une ambiance responsable, éthique, constructive, amicale et propice aux échanges sur le Site, ..."

Revenons à la ligne éditoriale du site de Humanité et biodiversité.
Et à sa Charte ... Merci.
Nelly Boutinot
Secrétaire générale

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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