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Les conséquences écologiques de la Grande guerre

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Publié dans
le 27.06.14
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  •  Nous sortons d’une commémoration, celle du débarquement de 44 et nous nous apprêtons à commémorer le centenaire du déclenchement de la grande guerre, en Août 14. 


Ce fut malheureusement un désastre humain. Plus de 10 millions de morts du fait du conflit, environ 21 millions de blessés dont certains d’une manière horrible (les «  gueules cassées »), des déplacements et des meurtres  de civils. Et combien de vies et de destins individuels ont pu basculer du fait de cette guerre ? Personnellement, je suis toujours ému et bouleversé quand, dans la moindre commune de France, je vois un monument aux morts de cette guerre et que je lis cette liste si longue des disparus, alors qu’ils étaient si jeunes et qu’ils avaient la vie devant eux !


Quelques éléments et quelques chiffres sur les stigmates écologiques de la grande guerre.


Et enfin, il y a les conséquences directes ou à long terme sur l’environnement. Des terres ont été rendues totalement impropres à l’agriculture. En Belgique, on a comptabilisé, 100 000 hectares de terres bouleversées par les bombardements. En France, la « zone rouge », au sortir de la guerre, désignait les 120 000 hectares ravagés par les bombardements et elle s’étendait sur 11 départements. Certains endroits de cette « zone rouge » sont restés définitivement interdits à toute exploitation. L’état a racheté ces terres et les a rendues forestières.


Des pollutions  dues aux métaux lourds, au mercure, au cuivre, au zinc, au plomb (celui des millions de billes de plomb des shrapnels), affectent encore les terres des combats et pour longtemps. Il y en en particulier des séquelles éco-toxicologiques par les sels de perchlorate qui servaient d’explosifs ; ces pollutions pourraient s’accentuer du fait de la corrosion de leur conditionnement et risqueraient d’infecter les eaux souterraines.  Certains lieux également, très ponctuels,  ont été appelés des « places à gaz » ; il s’agit d’endroits où les explosifs à gaz moutarde ont été utilisés, ou ont été détruits.


On découvre encore aujourd’hui d’une manière continue des munitions non explosées et enfouies, avec les risques qu’on devine. On suppose que 15% des obus utilisés pendant la guerre n’ont pas explosé (c’est une hypothèse basse). Des centaines de tonnes sont détruites chaque année en Belgique et en France (entre 500 et 800 tonnes). On sait également que des munitions ont été immergées à de multiples endroits ; on estime, par exemple, à 35 000 tonnes ces munitions balancées d’une manière insouciante, par-dessus bord, après le conflit, au large de Zeebruges, en Belgique. Drôle de cadeau pour les générations futures !


On peut recenser plusieurs études sur ces sujets. Mais, finalement, elles sont  en petit nombre comme s’il y avait étrangement une sorte de déni à ce propos. Peut-être, la commémoration du centenaire de la guerre verra la publication d’articles et d’études approfondies sur cette question et devrait permettre un éclairage.


Pour terminer, je relève ces vers curieux d’Apollinaire dans « Calligrammes » où il disait : «  Ah Dieu ! Que la guerre est jolie / O Canons / Douilles éclatantes des obus de 75 / Carillonnez pieusement ». 


J’aime les poètes et j’apprécie énormément Apollinaire… mais là, je vous laisse juge.

Commentaires

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2014-06-27 13:51:36 +0200

Provocation ou exorcisme… sans doute plutôt l' exorcisme car nous savons bien que pour Apollinaire, comme pour vous et moi, la guerre est une horreur.

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2014-06-27 14:46:09 +0200

A Nelly, pour Apollinaire, la mobilisation a été vécue comme un "bonheur". C'était un moyen pour lui d'acquérir la nationalité française, lui qui avait une passion pour la France.
Mais, vous avez raison, il y a dans ses propos de la provocation et de l'exorcisme, ou encore de la création artistique, une manière de transfigurer ce qu'il y a de terrible dans l'existence.

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2014-06-28 17:24:11 +0200

Il est difficile de traiter d'écologie devant tant de morts. Je ne sais si la poésie est un exorcisme

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2014-06-28 17:39:45 +0200

Après cette Grande guerre, le PROTOCOLE ADDITIONNEL DE GENÈVE (1977) concerne, entre autres mesures, la prohibition d'emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques
Il interdit « des méthodes et des moyens de guerre qui portent atteinte à l'environnement de telle manière qu'ils perturbent la stabilité de l'écosystème…"

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À propos de l'auteur

J'enseigne les lettres et la philosophie à paris. Je suis provincial d'origine et je le reste dans l'âme. Je crois profondément à la diversité, la biodiversité qui fait toute la richesse de la nature, mais aussi la diversité culturelle et humaine. Il n'y a que les jumeaux homozygotes qui se ressemblent totalement. Chaque être humain a sa particularité et doit l'épanouir dans un monde qui tend ...

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