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Les élevages à l'heure des robots

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Publié dans
le 30.08.12
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De plus en plus d'éleveurs investissent aujourd'hui dans l'automatisme (robots de traite, automates de gestion de l'air, de distribution de l'aliment...). Pour plusieurs raisons. La première, c'est pour confier à la machine une tâche astreignante. Comme la traite des vaches, qui s'effectue généralement matin et soir, sept jours sur sept.

À la fin 2011, il y avait en France, parmi les 50 000 fermes laitières adhérentes au contrôle de performances (un peu moins de 70 % des points de collecte), 1 866 équipées d'au moins un robot de traite (1). Par extrapolation, ce sont donc 2 800 fermes laitières (4 % des exploitations) qui travaillent avec un robot. Un chiffre qui place la France sur le podium des nations laitières les mieux équipées, avec 20 % du parc mondial (12 700 fermes équipées dans le monde).

La culture du robot de traite, très marquée dans l'Ouest, place les Côtes-d'Armor, le Finistère, la Mayenne et la Vendée à la tête des départements français les mieux équipés. Mais on ne parle ici que de la traite à couvert en stabulation. Or la traite automatique au milieu des champs sur une plate-forme mobile est bien tentante. Une expérimentation a démarré au printemps en Bretagne, dans la station expérimentale des chambres d'agriculture de Trévarez (Finistère), sous l'égide de l'Institut de l'élevage et de chambres d'agriculture. Son but ? Valider deux sites de traite au milieu des champs et à proximité immédiate des prairies.

Abaisser les coûts de production

En élevage hors-sol, et singulièrement en élevage de porcs, il y a une tâche à laquelle rechignent les éleveurs, selon Michel Marcon, ingénieur à l'Ifip : le nettoyage du bâtiment d'élevage entre deux bandes. D'où la tentation de se munir « d'un robot de nettoyage monté sur roues et doté d'une lance haute pression ». Mais l'investissement est élevé (30 000 € à 40 000 €, d'après Michel Marcon). Peut-être se développera-t-il « quand le cours du porc le permettra ».

En fait, les systèmes de mécanisation sont de plus en plus conçus pour abaisser les coûts de production. En allégeant, par exemple, les charges ¯ importantes ¯ de chauffage en démarrage de lots en élevage hors-sol. Dans les vieux bâtiments qui caractérisent le porc comme la volaille-chair, les éleveurs améliorent régulièrement l'isolation et s'équipent de systèmes d'assistance au chauffage, comme des automates de régulation de température.

Il y a aussi d'autres voies sur lesquelles travaille l'Ifip. Ainsi, l'Institut devrait-il développer dans les prochaines années un logiciel qui fera le lien entre le chauffage et la consommation d'aliment (premier poste de charges dans la production porcine). Comme les humains, les porcs ont tendance à manger plus quand ils ont froid. Autre piste, l'identification des animaux pour individualiser la ration. Cependant, cette piste soulève bien des questions, parce que les porcs sont élevés et nourris en bande.

Franck JOURDAIN.

Commentaires

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2012-08-30 13:41:40 +0200

C'est le moment de (re)lire "Eleveurs et animaux, réinventer le lien" de Jocelyne Porcher, chargée de recherches à l’Inra Sad-Apt (INAPG-Paris) et l'interview de l'auteur là

http://www.agrobiosciences....

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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