POPULARITÉ
24

Les espèces envahissantes : le cas du poisson-lion

Éditer
Poissonlion_web

"Les invasions biologiques représentent une menace majeure pour les éco-systèmes marins.
Elles se sont multipliées avec la mondialisation, notamment à la faveur du transport maritime et des opérations de déballastage de la marine marchande. Des études récentes ont également prouvé que les déchets plastiques constituent des supports permettant à différentes espèces de bactéries, ainsi qu’à la microflore et la microfaune, de parcourir des distances importantes. Les espèces envahissantes ont souvent des effets très néfastes comme le montrent plusieurs exemples emblématiques tels que celui de la crépidule (mollusque gastéropode) qui a envahi les eaux européennes, ou celui du poisson-lion dans les Caraïbes, qui apparaît dans ce livre. Le poisson-lion est une espèce originaire des récifs coralliens de l’océan Pacifique et de l’est de l’océan Indien qui, une fois introduite dans les eaux côtières de la Floride dans les années 1980 par le commerce de l’aquariophilie, a pris le contrôle de tout le bassin des Caraïbes et d’une grande partie de l’Atlantique occidental. Ce poisson prédateur a proliféré dans les récifs coralliens, les herbiers marins et les mangroves, au détriment des espèces autochtones. Par exemple, la densité des petits poissons que chasse le poisson-lion a été divisée par deux aux Bahamas, ce qui se répercute également sur les autres prédateurs tels que les mérous ou les vivaneaux. Dans les Antilles françaises, le poisson-lion est un désastre écologique et économique qui, selon un rapport de 2015, coûte chaque année dix millions d’euros par son impact sur la biomasse et les activités de pêche qui en dépendent. Le cycle biologique et le comportement du poisson-lion sont intrinsèquement liés à la température. Grâce à la chaleur accrue de l’océan, le poisson-lion passe moins de temps au stade larvaire ce qui va contribuer à la croissance des populations à mesure que les températures continuent à augmenter. Son régime alimentaire est généraliste, sa capacité à étendre son aire de répartition est immense, sa fécondité est élevée et le réchauffement climatique devrait favoriser son invasion. Le poisson-lion risque donc de provoquer une disparition rapide et drastique de la biodiversité dans de nombreuses zones côtières si rien n’est fait pour freiner cette invasion. (...)"

Ce texte a été écrit par Mathieu Colleter, Responsable Science & Relations institutionnelles de l'association Bloom. Il est extrait des pages scientifiques à la fin de mon prochain roman graphique "L'âge bleu", qui paraîtra le 3 octobre prochain aux éditions Buchet-Chastel. Cet ouvrage a reçu, entre autres, le soutien de "Humanité et biodiversité", et j'en remercie chaudement l'association.

Commentaires

À propos de l'auteur

Je suis auteure-illustratrice pour l'edition jeunesse, BD, écologie et bien-être. Je réalise certaines illustrations de la une de l'Echo de "Humanité et biodiversité".

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 11
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 71
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 2
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 2
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 2
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 2

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy