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LES GARDIENS DU CHÊNE

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Publié dans
le 11.04.20
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La lecture, ma « virtualité » du moment, m’aide à penser une réponse aux drames de certaines vies.

Dans ces circonstances, j’ai récemment « rencontré » Michel Serres (1) dans le « Gaucher boiteux » et ne résiste pas à l’envie de faire partager, avec Youtube à voir ci-dessous, son espièglerie, son humour et son intelligence lumineuse.

« Humanité & biodiversité » m’a beaucoup aidé à regarder ailleurs, à « poser mon cerveau » par terre comme l’écrit Michel Serres.

J’affûte (?!) ma pensée en écologie et biodiversité, grâce à la récente lettre d’actualités, présentant les « Oasis Nature » qui fleurissent ici et là, et aux autres diffusions d’Humanité Biodiversité. `

Mon époux participe aussi largement à ma formation sur le terrain et pour l’épater j’ai encore recours à quelques biais flatteurs (2), notamment les antiques résumés livrés par la Documentation Française dans ses rapports d’enquête. Cependant, l’écologie et la biodiversité représentent toujours pour moi la juste bifurcation de vie et je peux lâcher l’écran pour être en prise avec la réalité.

D’après Michel Serres, penser veut dire inventer… et non répéter, redire ce que d’autres ont pensé avant vous, sans être coupé du monde, de la réalité. Humanité Biodiversité et d’autres communautés travaillent pour mieux faire comprendre le monde dans sa complexité, approcher et servir l’écologie et la biodiversité même sans connaissances préalables : on y reçoit, stocke, traite et émet de l’information pour contrer certains pouvoirs s’il y a lieu et pour permettre à l’ordinaire, dont je suis, d’inventer autrement sans copier.

Qu’en est-il pourtant du monde des jeunes, très impliqués dans l’ordinateur, de la nouvelle culture numérique de toutes ces « petites poucettes » dont Michel Serres parle avec la tendresse d’un grand père « ronchon » à l’égard de sa propre « petite poucette ». Cette jeunesse, comment se coltine-t-elle aujourd’hui la réalité ? Autrefois, on commençait dans un sens et maintenant, on semble faire l’inverse… L’ordinateur, le réseau ne vous coupent-t-ils pas du monde, etc… etc…
Michel Serres est très optimiste sur la puissance de mémoire, d’invention et de structuration de la pensée par le « réseau ».
Le net, dit-il, est une formidable occasion de découvrir des spécialistes, de favoriser des rencontres dans tous les domaines de l’enseignement, de la recherche, de la technique. Il peut soutenir l’émergence de pures vocations. Et la science participative a un grand rôle à jouer pour élargir les connaissances dans la nécessaire démarche de sauvegarde du vivant.

Un projet m’a paru intéressant à cet égard pour permettre aux jeunes d’aborder la biodiversité.
Dans ce contexte, ce ne sont plus « les chênes qu’on abat ». Ce sont les « chênes qu’on garde » (3). L’entreprise a été initiée en 2018 par des chercheurs INRAE. Des écoliers, collégiens et lycéens de 27 pays européens installent des leurres en pâte à modeler dans des chênes et relèvent les traces laissées par les prédateurs de chenilles (passereaux insectivores). Le but est d’analyser les mécanismes de résistance de ces arbres aux insectes herbivores, grâce à la cascade trophique.
Les chercheurs analysent aussi la fiabilité des données collectées et associent les jeunes à leur traitement et à la production de connaissances indispensables dans la lutte pour la défense de ces espèces menacées. Les premiers enseignements ont été publiés le 18 mars 2020 dans la revue « Citizen Science : theory and practices ». :
Voilà une belle façon de démocratiser des savoirs et des connaissances en matière d’écologie et de biodiversité tout en renforçant le niveau de confiance de jeunes, leur attitude positive envers la science et leur esprit de synthèse. Voilà un beau moyen d’observer pour lutter ensuite contre les dégâts d’insectes, causés en raison du changement climatique et de la course échevelée à l’« échalote »… pardon… croissance... Si on élargit la science participative à d’autres publics qui pourraient être alors motivés et cohérents comme les Oasiens d’Humanité Biodiversité, il est fort à parier que l’écologie et la biodiversité seront assez rapidement regardées d’un autre oeil.

1-Décédé le 1er juin 2019
2-https://www.vie-publique.fr/eclairage/271780-erosion-de-la-biodiversite-un-constat-inquietant + https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/272596-quel-est-letat-de-la-biodiversite-en-france-les-principales-menaces... C’est comme à mes débuts, à l’atelier de Marionnettes où certains ados essayaient de m’impressionner avec leurs notes !!
3-https://sites.google.com/view/oakbodyguards/home/fran%C3%A7ais

Commentaires

À propos de l'auteur

Notre oasis-nature se trouve aux portes de Castres sur une ferme, préservée dans sa structure agricole ancienne et son dessin (1/3 bois, 1/3 prairies). J'y applique des savoir-faire traditionnels, ceux du prédécesseur direct, mon grand père, ressemblant à de la permaculture ou jardins de Paris et ceux pensés par la Quintinie, adoptés par ailleurs. Ils m'ont permis de surmonter des difficultés...

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