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Les girafes : elles se répartissent en quatre espèces au lieu d'une

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Une des icônes de l'Afrique a un secret. Une analyse génétique suggère que les girafes ne constituent pas une seule espèce, mais quatre, qui se distinguent par des variations de couleurs de leurs taches.

Les chercheurs, dont le travail est rapporté par Nature, ont longtemps partagé les girafes en sous-espèces reflétant les motifs de leur pelage. Une étude dirigée par Axel Janke montre que les différences génétiques sont telles qu'ils s'agit bien d'espèces aussi différentes que les ours bruns des ours polaires. Ces espèces de girafes ne se croisent pas entre elles.

C'est une découverte surprenante, car les girafes sont des animaux très mobiles, capables se parcourir de longues distances, et auraient pu se croiser entre elles. La question est de savoir ce qui les a séparées dans le passé. Janke imagine que des rivières ou d'autres barrières naturelles ont pu les séparer suffisamment longtemps pour que de nouvelles espèces se différencient. Les chercheurs suggèrent que le nom de l'espèce Giraffa camelopardalis soit remplacé par quatre nouveaux noms : La girafe du sud (Afrique du Sud, Bostwana, Namibie) s'appellerait Giraffa giraffa, la girafe masaï G. tippelskirchi en Tanzanie, Kenya et Zambie, la girafe réticulée (G. reticulata) se trouvant elle principalement au Kenya, Somalie et Éthiopie du sud, la girafe du nord (G. camelopardalis) se trouvant partagée en plusieurs groupes dans les parties centrale et est du continent. Une sous-espèce restante est la girafe de Nubie (G. camelopardalis camelopardalis) d’Éthiopie et du sud Soudan. Elle est distincte de la girafe du nord.

Cette découverte a une incidence sur les projets de conservation des girafes : toutes les espèces doivent être protégées, avec une attention particulière pour les girafes du nord et les girafes réticulées. Le fait que les différentes espèces ne se croisent pas entre elles explique de nombreux échecs de multiplication en captivité.

Ceci est mis en parallèle avec la découverte de la répartition des éléphants d'Afrique en deux espèces au lieu d'une, et avec le croisement des bisons sauvages avec du bétail domestique, d'où des questions sur la définition claire des espèces à sauvegarder.

Cette découverte aurait pu intervenir plus tôt, mais ces animaux sont assez négligés par la science : leur habitat est très varié et elles sont moins la cible des braconniers que les éléphants.

Source : http://www.nature.com/news/dna-reveals-that-giraffes-are-four-species-not-one-1.20567

Commentaires

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2016-09-21 20:14:08 +0200

Une publication récente ( http://www.humanite-biodive... ) indiquait que le nombre d'estpèces sur la planète est à revoir à la hausse.
On y parle même d'au moins six lignées généalogiquement distinctes de girafes en Afrique, avec peu de preuves d'un métissage entre eux. .... Et au total, les chercheurs ont repéré 11 populations génétiquement distinctes.

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2016-09-22 10:33:51 +0200

Wouah impressionnant. C'est dingue le nombre de choses qu'on découvre au fil du temps.

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À propos de l'auteur

Après une carrière de chercheuse en physico-chimie des matériaux, je suis maintenant retraitée depuis quelques années, et m'occupe de mon jardin. Je m'intéresse particulièrement au climat terrestre et à sa préservation, ainsi qu'à la biodiversité, quoique je n'aie pas refait d'études de biologie...

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