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Les villes veulent choisir leur avenir énergétique

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le 10.09.12
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Les questions posées sont lourdes, mais doivent l'être. Ceci étant, une autonomie des collectivités territoriales doit se faire dans la justice sociale et avec une grille de lecture des modes de transition énergétique qui intégrent la biodiversité et les effets santé. Ainsi que les recyclages de fin de vie, des nouvelles sources d'énergies.

Il est étrange de voir abordrer la transition énergétique, sans se préoccuper des effets collatéraux.

Un débat public s'impose.

Voici l'article

 "Il n'y aura pas de transition énergétique réussie sans plus d'autonomie des collectivités locales dans la gestion et les choix de politique énergétique : nombre de communes, de communautés de communes ou d'associations d'élus l'affirment avec force. Mais, dans un pays jacobin et centralisé comme la France, avec un secteur public de l'énergie et le poids d'EDF, cette revendication dérange.

A quelques jours de la conférence environnementale organisée par le gouvernement, le réseau Amorce, regroupant quelque 550 collectivités territoriales, allant de communes de 170 habitants à la région Ile-de-France et ses dix millions de Franciliens, a réclamé, jeudi 6 septembre, une "transition énergétique décentralisée"."L'Etat décide de tout alors que pour réussir la transition énergétique, il faut organiser un transfert de compétences juridiques vers les collectivités locales", dénonce Nicolas Garnier, son délégué général.

Un parc d'éoliennes sur le site de Lehautcourt, en Picardie.

 

Maire socialiste de Montdidier, une commune de 6 000 habitants de l'Aisne, Catherine Quignon-Le Tyrant ne dit pas autre chose. "Il faut que l'on puisse maîtriser au niveau local jusqu'à la production d'énergie", dit-elle.

Sa commune est l'une des rares, en France, qui dispose de sa propre régie d'électricité, avec quatre éoliennes, quelques panneaux photovoltaïques et un peu de chaufferie bois, assurant 53 % de ses besoins en électricité.

"LE VENT QUI SOUFFLE EN PICARDIE DOIT REVENIR AUX PICARDS"

Et avec les cinq éoliennes supplémentaires qu'elle espère pouvoir implanter, l'élue vise l'autonomie d'ici à 2015. Son mot d'ordre : "Le vent qui souffle en Picardie doit revenir aux Picards."

Mais l'exemple de Montdidier ne peut être généralisé. Sa régie communale d'électricité a été créée en 1929, soit bien avant la nationalisation du secteur de l'électricité et la création d'EDF en 1946. Depuis cette date, regrette Nicolas Garnier, "tout est bloqué". "Il faut pouvoir créer un service public local, avec des régies municipales ou intercommunales, ou des sociétés d'exploitation mixte, alliant privé et public", plaide-t-il.

L'Assemblée des communes de France (AdCF) revendique aussi cette compétence énergétique. Dans un entretien à l'agence AEF-Développement durable, Patrice Yung, vice-président de la communauté d'agglomération Seine-Eure et responsable de l'AdCF, estime que "l'agglomération est un périmètre cohérent".

Kristina Dely, la directrice du bureau de la Convention des maires – 4 000 collectivités locales, dans le monde, qui se sont engagées dans la voie du développement durable – appuie la démarche des élus français.

"La France est un pays très centralisé, comme les pays de l'Est, ce qui est un obstacle au développement durable, dit-elle. L'exemple des pays scandinaves montre qu'une plus grande autonomie permet de mieux maîtriser les flux et les ressources énergétiques."

LES TERRITOIRES EN FRANCE PRIVÉS "D'ESPRIT D'INITIATIVE" 

Pour la France, le changement politique et culturel serait considérable. "Il ne suffit pas de conserver le système ancien auquel nous aurions substitué des énergies renouvelables avec une pincée d'efficacité énergétique", estime Gérard Magnin, directeur d'Energy Cities. Selon lui, l'Etat doit cesser de régner en "maître unique". Et les sources énergétiques ne doivent plus être pensées séparément mais de façon complémentaire et "intégrée".

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), qui promeut et soutient le label Cit'ergie – l'appellation française du European Energy Award repris par plus de 330 collectivités dans une dizaine de pays européens –, reconnaît la nature "très jacobine" de la France et la réalité de "filières économiques très verticales".

"Il faut donner plus de compétence et de pouvoir aux villes, parce que la transition énergétique va se faire avec des chantiers de grande proximité. Plus de responsabilité stimulerait les communes, mais il faut rester vigilant et ne pas créer d'inégalités sur le territoire", selon Jacques Ravaillault, directeur exécutif de l'action territoriale à l'Ademe.

En France, rappelle-t-il, le système centralisé permet une péréquation avec un même tarif du kilowattheure pour tout le monde. Pour Gérard Magnin, l'argument est un leurre : "L'égalité de tarifs prive les territoires de tout esprit d'initiative."

"Le modèle économique est complexe à trouver, concède M. Ravaillault. Il faudrait développer une production décentralisée sur le territoire, gage de la solidité d'un système énergétique. Il faut inverser le système et pouvoir récupérer les petites unités locales, modestes, les collecter et les redistribuer localement."

Selon lui, la tendance serait cependant en train de se développer en France. Des syndicats d'énergie se transforment en établissements publics locaux. Ils investissent dans la production, le plus souvent dans l'éolien, la biomasse, ou la transformation des déchets... même s'ils doivent revendre au réseau national auquel la ville achète son électricité !

Besançon, Dunkerque, Nantes, Rennes, Châtellerault... Une cinquantaine de villes sont déjà engagées dans la voie de la maîtrise énergétique, au travers du label européen. Une trentaine s'y prépare. Le débat sur la transition énergétique avance sur le terrain. Il ne manque, selon Gérard Magnin, qu'à l'Etat et aux entreprises, EDF en tête, "de permettre cette offre décentralisée".

Rémi Barroux"

Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/07/les-villes-veulent-choisir-leur-avenir-energetique_1757100_3244.html

Commentaires

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2012-09-11 13:02:01 +0200

Il y a une chose que je ne comprend pas.
Pourquoi parle t'on d'écologie, de biodiversité puis, autre sujet, de chomage puis ,autre sujet, du coût des importations puis, autre sujet de l'industrie?
Pourquoi ne pas parler de développement des entreprises
qui sont capables de construire
ces machines (eolien, micro hydraulique, biomasse, solaire donc qui on besoin de personnel pour les produire voire les installer.
Ce qui réduirait le coût des importations, gaz,pétrole, charbon, uranium.
Ainsi que le "coût du travail" (énergie moins chère) et la facture des particuliers, payer par le département pour les plus pauvres etc? etc...
Tous les élus sont concernés.
On arrivera à rien en découpant la situation en rondelles.
Et, vu sous cet angle, l'écologie devient un secteur(?) de notre vie qui rapporte beaucoup d'argent, d'emplois, d'économies, de savoir faire...
et donc de voies aux élections.
Sinon, autant s'abstenir.

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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