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Manque d'eau : des centaines de milliers de poissons anéantis dans la Vienne

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Publié dans
le 02.08.19
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La période que nous vivons est très délicate pour la biodiversité, l'eau indispensable à la vie est en train de devenir un objet commun rare et source de tension.

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Cet article aborde la question de la survie des poissons :

"Les rivières de la Vienne connaissent l'une des pires situations depuis 30 ans, provoquant une hécatombe parmi les poissons.

Sur la carte de l'état hydraulique des rivières de la Vienne, ce n'est qu'un petit trait rouge de quelques millimètres. Il représente les 6 km d'assec du Salleron, une rivière du sud-est du département, à la date du 15 juillet, sachant que la situation n'a fait que se dégrader depuis.

A l'aide d'un sondage par pêche électrique, les techniciens sont parvenus à une estimation assez fiable du coût de cet assèchement total sur la population piscicole. Le résultat est consternant : sur ces six malheureux kilomètres, ce sont 60 truites fario (une espèce indigène, impossible à réimplanter à l'identique), 3.600 vairons, 1.500 loches, 300 chevesnes, 900 goujons et 1.200 gardons qui ont péri asphyxiés, ou boulottés par les prédateurs (hérons, grues, corbeaux...) trop contents de se servir dans les rares flaques où les poissons s'étaient réfugiés."
...
Irrigants et pêcheurs

"Pas sûr qu'à l'automne les associations de pêche soient en mesure de compenser les pertes par du rempoissonnement (pour les espèces qu'on peut élever), les pisciculteurs étant eux-mêmes victimes du manque d'eau.

Même s'il pense très fort que l'irrigation à outrance est le premier responsable de cette situation, Francis Bailly marche sur des oeufs : « Je suis tout sauf contre l'irrigation. Mais le monde agricole doit se discipliner. Il faut plafonner les volumes et les adapter aux cultures. »

Priorités

Plus facile à dire qu'à faire : les irrigants, qui subissent déjà de plein fouet les mesures de limitation (certains, désespérés, auraient déjà menacé publiquement de mettre fin à leurs jours) n'entendent pas être sacrifiés au profit des poissons.

Étienne Béguin, responsable du développement à la Fédération se montre plus sévère : « En principe, l'ordre des priorités pour l'usage de l'eau c'est d'abord la distribution d'eau potable, puis la préservation des milieux aquatiques et enfin l'usage économique. Or, c'est cet usage qu'on fait passer en premier. C'est vrai que le monde agricole a fait des efforts. Mais ça ne suffit pas à rééquilibrer les choses. »"

Il faudra bien que l'on trouve des compromis avant que les tensions ne deviennent trop fortes et source de violence.

https://www.centre-presse.fr/article-692053-manque-d-apos-eau-des-centaines-de-milliers-de-poissons-aneantis.html

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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