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Nature, le nouvel eldorado de la finance

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Publié dans
le 04.02.15
A

Cet intéressant documentaire soulève le sérieux problème des limites éthiques à l'exploitation de la nature.

"La course au profit généralisé et le marché global ont largement contribué à la crise écologique actuelle. Pourtant, les mondes de l'économie et de la finance prétendent renverser la tendance et sauver la planète en la protégeant à leur façon, c'est-à-dire avec de l'argent.
C'est bien l'émergence d'un nouveau marché, celui de la protection environnementale, que décrypte le documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac - l'auteur du Sable, enquête sur une disparition, récemment diffusé par ARTE.
Encore embryonnaire il y a quelques années, ce marché est aujourd'hui l'un des plus prometteurs en terme de profit. Son mode de fonctionnement est simple. De plus en plus de sociétés financières ou d'assurances, parfois précédées par les économistes, attribuent un coût à la nature. Combien vaut la forêt d'Amazonie ? Quelle est la valeur marchande de l'incessant labeur de pollinisation accompli par les abeilles ? Jusqu'ici, l'"invisibilité économique" de la nature ne jouait pas en sa faveur : les marchés n'aiment ni l'abondance ni la gratuité. Mais avec la raréfaction des ressources et la disparition programmée de certaines espèces, l'équation a changé.
La loi de l'offre et de la demande peut maintenant s'appliquer aux richesses naturelles. Ainsi, des banques et des fonds d'investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d'immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées. Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs. On peut donc acheter des actions "mouche", "orang-outan" ou "saumon". En investissant dans ces titres, les entreprises polluantes obtiennent des "certificats de bonne conduite" qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes...

La nature de l'argent

Fruit d'un patient et minutieux travail d'investigation, Nature, le nouvel eldorado de la finance met en relief les mécanismes d'un système naissant qui pourrait se révéler une entreprise de tartufferie mondiale. Interrogeant financiers, experts et penseurs, le film confronte les points de vue antagonistes et multiplie les exemples concrets de populations et milieux naturels menacés par ces nouvelles pratiques. L'enquête dresse un vaste panorama des intérêts en jeu et des lobbies en action autour de ce "nouveau" capital naturel, se demandant au final quelles valeurs défendent réellement ceux qui attribuent un coût à la nature. Une nouvelle crise financière pourrait en effet résulter de la spéculation et de l'effondrement de ces nouveaux marchés…"

DIFFUSIONS 2015
DURÉE: 88MN
mardi 03.02 à 22h25
mardi 10 février à 1h35
mardi 10.02 à 8h55
lundi 16.02 à 8h55

Commentaires

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2015-02-04 21:23:16 +0100

N'omettez pas de relire ce document: http://www.humanite-biodive...

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2015-02-05 09:54:26 +0100

Quoi qu'on en dise concernant la monétarisation de la nature qui permettrait une meilleure prise en compte de l'apport gratuit de la nature aux activités humaines, sa marchandisation ne laisse rien présager de bon: voir l'exemple de l'eau
D'accord pour que l'on fasse ressortir en terme de monnaie "l'apport gratuit" D'accord pour "comptabiliser les apports de la nature" si tant est que cela ne soit pas inepte mais pas d'accord pour que cela soit côté en bourse!
Heureusement il y a de gens qui combattent ce phénomène: les tribus concernées, des associations à travers le monde, échanges de semences anciennes, mouvements de réappropriation des terres... Non la prédation par la finance de la nature n'est pas inéluctable, c'est à chacun d'y veiller.
Je ne sais plus très bien qui a dit en premier:
Lorsqu'on aura coupé le dernier arbre de la terre et souillé la dernière rivière l'homme s'apercevra que l'argent ne se mange pas.

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2015-02-05 11:44:09 +0100

Si la nature est gratuite, tous les projets humains peuvent se faire.
La nature a une valeur économique. Le principe pollueur-payeur en est un instrument efficace.

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2015-02-05 12:52:33 +0100

"L'argent ne se mange pas"...C'était, Castagnac, exactement la remarque qui me venait à l'esprit. Ce proverbe proviendrait de tribus amérindiennes, puis a été beaucoup repris:
"Quand le dernier arbre sera abattu,
La dernière rivière empoisonnée,
Le dernier poisson pêché,
Alors vous découvrirez
Que l’argent ne se mange pas." Telle était la pensée adressée à l'homme blanc, côlon, envahisseur quelque peu brutal qui puisait dans la nature sans respect...C'est d'ailleurs cela dont nous avons besoin dans notre société, cela n'a pas changé depuis la conquête des Amériques: un profond respect de la nature dont nous sommes issus et cela ne sous-entend pas un retour au Moyen-Âge (où cette conscience n'existait certainement pas plus) mais au contraire, un bond en avant, vers le "réveil vert" de Hubert Reeves (Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve), mais un peu plus consensuel qu'il ne l'est encore...

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2015-02-07 21:52:24 +0100

À écouter
http://www.humanite-biodive...

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À propos de l'auteur

Bonjour. Né en 1972,à une époque où beaucoup de concepts que l'on croit modernes existaient déjà*,je suis devenu éco-conscient spontanément,peu à peu. Parallèlement à mon métier (médecin généraliste),je pratique la botanique amateur, l'ornithologie et l'entomologie amateur (de loin). Je fais des sorties, assiste à des conférences, et le savoir emmagasiné peu à peu est renforcé par des lectures....

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