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Notre grande oasis

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Publié dans
le 30.05.17
Au_sein_de_la_nature

Du nord au sud, de l’est à l’ouest, où peut-on se situer soi-même si ce n’est par rapport à autre chose, à un pays, à une personne avec qui nous partageons ou échangeons et même à un rêve lorsque notre éloignement laisse libre cours à notre imagination ?

Ici, là ou là-bas, il y a des paysages absolument magnifiques, avec de grandes forêts, des arbres plus que centenaires et toute une faune qui s’est adaptée à un contexte géographique particulier. Il y a des terrains argileux ou calcaires, des schistes, des granits et bien d’autres, sur lesquels poussent avec plus ou moins de bonheur, des plantes plus ou moins sauvages, des céréales, des arbustes, des arbres fruitiers et j’arrête là la liste qui n’est pas exhaustive. Il y a des ruisselets, des petits torrents joyeux qui descendent en courant la montagne. Il y a des rivières sages que des grandes cascades en amont ont créées. Il y a une faune aquatique qui nage, vit et meurt discrètement en leur sein.

Ici là ou là-bas, il y a des animaux extraordinaires. L’ornithorynque pour n’en citer qu’un, dont on se demande comment il a pu évoluer ainsi et mélanger les genres. Il nous pose la question essentielle de l’adaptation dans une évolution constante et au sein d’un contexte donné. Il y en a, légers comme leurs plumes, qui volent. Ils possèdent cette merveilleuse faculté de soulever leurs bras en forme d’ailes et avec cette formidable musculature qui les manœuvrent, ils s’élèvent, glissent, virevoltent dans le ciel. Leurs pirouettes sont autant de pied de nez à ceux qui rampent, courent ou galopent, esclaves d’une force d’attraction qui les colle au relief. Les uns ou les autres sont autant d’éclairs de couleurs chatoyantes qui zèbrent le jour naissant ou couchant. Certains même poussent l’art du camouflage si bien qu’il devient difficile de les remarquer, surtout s’ils restent immobiles.

Ici là ou là-bas, il y a les parfums et les odeurs, les herbes odoriférantes comme les champs de lavande ou les fleurs éclatantes de tous leurs pétales pour se perpétuer lorsque la bise se dépose ou que le vent les éparpille. Il y a les feuilles qui bruissent, les champs de blé qui frissonnent, les papillons ivres qui hésitent, les martinets qui sifflent ou les buses qui s’interpellent. Il y a tant et tant de merveilles, de magie, de prodiges que l’œil ou le regard jamais ne s’en rassasient.

Dans ce monde tout rond qui fait que nous sommes toujours à l’est ou à l’ouest, au nord ou au sud de quelque chose, sauf aux pôles, il y a comme une telle fragilité, une telle sensibilité, qu’un infime déséquilibre peut en rompre tout le charme. Et non seulement tout le charme mais toute la beauté, tout ce qui fait de la vie, ce miracle permanent et temporaire qui a besoin pour se pérenniser de se reproduire sans cesse. Faut-il être complètement sourd ou aveugle pour ne pas le constater ? Faut-il être si imbu de soi-même pour en nier l’existence, refuser de faire partie de ce prodige et faire en sorte de l’annihiler. Tant de bêtise ne pourrait se concevoir, il est vrai.

Car ici ou là, il y a des hommes et des femmes qui y vivent, qui en vivent et pour qui la vie se conçoit ainsi. Avec son environnement naturel, avec les arbres, les plantes, les animaux qui y demeurent. Dans un espace où le temps suit son cours. Le tout imposant un respect tellement essentiel, qu’il n’y a pas à se poser de question.
Nous vivons dans une grande oasis, une sorte de paradis dont nous pouvons tout aussi bien et pour notre plus grand malheur, faire un enfer.

C’est un choix. Encore faut-il être sensé pour le comprendre et l’apprécier.

L. Y. SENECAL.

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À propos de l'auteur

Enfant de l'estran, cabri breton comme on me baptisait dans mon enfance lorsque je sautais d'un rocher à l'autre, je ne suis jamais qu'un passant. Un passager de la vie au parcours qui m'a conduit au travers de la société, du monde bourgeois dont je suis issu au monde tout court, celui qui parcourt la cité. Celui-là même auquel on se frotte quotidiennement sans même parfois le remarquer. Or j'a...

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