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Pâturage itinérant à Andernos 2014

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Publié dans
le 23.06.14
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  • Le troupeau est de retour !

  • Il est arrivé du Médoc après 3 semaines de transhumance. C'est la sixième année qu'il s'installe pour deux mois dans la commune d'Andernos où il se charge de nettoyer prairies, forêt et pare-feu.


  • Comme déjà l'été dernier, le berger m'apporte chaque jour le lait de ses chèvres, ma cuisine se transforme alors en fromagerie artisanale. Demain matin, dégustation des premiers fromages de l'année !


    Je vous livre ici un petit texte et une interview du berger, publiés en juillet 2011 dans L'ÉCHO DES QUINCONCES, bulletin de l'association pour la Sauvegarde du site naturel des Quinconces St-Brice. 


    Transhumance


    Le pâturage itinérant, une pratique ancestrale tombée dans l’oubli, est en train de renaître, démontrant toute son efficacité dans l’entretien des milieux naturels.


    Arrivé aux premiers jours du printemps, un troupeau conduit par Jean-Michel Le Corre, berger de son état, avec l’aide de son chien, s’est activé pendant deux mois dans les espaces libres d’Andernos.


    Les moutons landais et les chèvres des Pyrénées proviennent de la ferme conservatoire de Leyssart à Puynormand (Gironde) spécialisée dans l’élevage de races domestiques anciennes oubliées ou menacées de disparition.


    Ces deux races particulièrement rustiques vivent toute l’année en plein air. Elles font bon ménage : elles ne se disputent pas les plantes qu’elles broutent, les chèvres privilégient la végétation haute tandis que les moutons s’attaquent à la strate basse.


    Le troupeau qui comptait 280 têtes à son arrivée s’est agrandi par une vingtaine de naissances durant les deux mois de son séjour andernosien.


    Le pâturage dans la forêt du Coulin et les prairies des Quinconces a donné lieu à une présentation au public sur l’ancien terrain de rugby. Pour la plus grande joie des petits et des grands.


    Témoignages : « Que de monde j'ai vu admirer cette image pastorale ! J'y suis allée deux jours en suivant.  J'ai rencontré le garde  qui m'a ouvert la clôture pour être au milieu du troupeau. Un grand moment ! »  – « Au moins, les moutons ça vous nettoie la nature sans polluer, ç’est mieux que les engins mécaniques ! » – « Le spectacle à cet endroit est assurément plus réjouissant que les constructions qu’on nous annonçait ! »…


    Sur la grande prairie restaurée autour des réservoirs à poissons des Quinconces, le troupeau n’a pas montré une grande appétence pour les jeunes repousses de baccharis : elles n'ont pas été consommées en premier mais elles ont fini par être totalement réduites. Le berger alternait le pâturage sur des espaces herbeux et les secteurs à baccharis pour le bien être des animaux, le baccharis étant réputé toxique pour certains animaux.


    Pour avoir accompagné le troupeau dans ses déplacements – 20 au total ! – nous avons constaté que les choses ne sont pas si simples et requièrent une organisation pointue.


    Il faut suivre le planning, repérer les cheminements possibles dans un territoire fortement urbanisé, solliciter l’appui de bénévoles pour encadrer le troupeau et de la police municipale pour assurer la sécurité lors de la traversée de routes.


    Quant au berger, il doit installer et désinstaller ses filets de clôture lors de chaque déplacement, surveiller la bonne santé des bêtes, s’assurer qu’elles trouvent une nourriture suffisante, que les mères nourrissent bien leur dernier né – sinon il faut lui donner le biberon !


    Bravo pour cette belle mise en pratique de développement durable : le fait est assez rare dans notre ville pour être souligné. L’idéal serait que les communes voisines participent, ce qui permettrait au troupeau de rester toute l’année – espérons que l’expérience d’Andernos saura les motiver.


    LA PAROLE À NOS AMIS


    Aujourd’hui : Jean-Michel Le Corre


     


    L’Écho : Comment êtes-vous devenu berger ?


    Jean-Michel : J’en avais marre de travailler en usine – je suis le mouton noir de la famille. J’aime la nature, j’aime vivre dans la nature avec les animaux. J’ai suivi une formation à la ferme conservatoire de Leyssart – Dominique Massoubre est un très bon professeur de berger. J’y suis resté cinq ans. Donc on peut dire que je suis devenu un berger rustique issu de la ferme de Leyssart


    Maintenant je suis salarié du Conservatoire des races d’Aquitaine.  Il est propriétaire du troupeau, qui vient lui aussi de la ferme de Leyssart.


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    L’Écho : Vous connaissez donc bien vos bêtes, et vous partagez leur vie !


    JM : Oui, avec elles, ma chienne Rescousse et ma jument Ondine – son père est un cheval de trait comtois, mais il y a du boulot avec son dressage.


    L’Écho : Un chien c’est le compagnon obligé du berger, mais le cheval ?


    JM : La jument et la carriole c’est pour le plaisir. En même temps elles me servent à transporter mon matériel par des chemins impraticables en vélo avec une petite remorque, en forêt par exemple.


    L’Écho : C’est idyllique, et puis vous joignez l’utile à l’agréable !


    JM : Un philosophe a dit « Dieu est dans l’âme des animaux ».


    L’Écho : La vie d’un berger est-elle toujours un long fleuve tranquille ?


    JM : Pas vraiment… Il peut toujours se produire des incidents, il faut savoir réagir, et vite.


    L’Écho : Que peut-il se passer ?


    JM : Par exemple : Une brebis qui n’ex-pulse pas son petit mort-né, il faut lui faire une césarienne. Un chevreuil saute la nuit dans le parc, le troupeau s’affole et se disperse, il faut aller rechercher les bêtes, assez loin quelquefois, souvent on les retrouve dans des lieux qu’elles connaissent déjà. Il arrive qu’elles broutent des plantes toxiques mais le plus souvent elles les évitent par instinct. C’est plus grave si elles ingèrent des produits chimiques, une dizaine de bêtes sont mortes empoisonnées à cause d’une toute petite quantité d’antigel, heureusement ça n’arrive pas tous les jours !


    L’Écho : Qu’avez-vous fait de ces morts ?


    JM : Le service d’équarrissage est venu les prendre.


    L’Écho : Et maintenant que vous quittez Andernos, où partez-vous ?


    JM : Dans les environs de Salaunes. Là-bas 300 hectares de forêt et 20 hectares de prairies nous attendent.


    L’Écho : Alors, bonne transhumance, bon pâturage dans le Médoc et à bientôt à Andernos !


    Pour en savoir plus :


    Conservatoire des races d’Aquitaine


    Tél. 05 57 35 60 86


     


     

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    À propos de l'auteur

    Mon oasis nature est le résultat d'une histoire liée au terrain forestier et à la maison familiale construite dans les années '30 : jardin "bourgeois"... mais quelques pins maritimes et des chênes centenaires qui se souviennent de la forêt. À présent je privilégie les essences locales, j'ai aménagé un potager et un poulailler. C'est la campagne au bord de la mer. Très active dans les associati...

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