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Qu’est-ce que pratiquer une apiculture écologique ?

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Publié dans
le 23.05.17
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C’est inventer une nouvelle façon "d’élever" des abeilles ; non pas pour en tirer le meilleur profit, la meilleure rentabilité, mais plutôt offrir un logis confortable à une colonie d’abeilles, dans un environnement de verdure, afin qu’elle puisse prospérer le mieux possible, et vivre de façon autonome.

Le abeilles existent depuis plus de 100 millions d’années, bien avant l’homme qui a domestiqué cet insecte sauvage pour son miel et pour sa cire.
Or, depuis l’invention des ruches à cadres par Charles Dadant au début du 20ème siècle, les pratiques d’élevage se sont intensifiées, l’abeille a été sélectionnée pour produire davantage et fragilisée par ces excès productivistes et la dégradation de son environnement.

Pratiquer une apiculture écologique c’est laisser aux abeilles la possibilité de retrouver des conditions de vie les plus naturelles possibles, l’homme se mettant volontairement en retrait par rapport à elles, acceptant de ne pas tout contrôler, superviser.

  • C’est laisser aux abeilles suffisamment de miel pour leur propre consommation, ne pas donner de sucre stimulants ou compensatoires, et ne prélever qu’un petit excédent si la météo a été favorable. Certaines années aucune récolte ne sera envisageable (canicules, printemps très pluvieux), et la colonie sera prioritaire. Nous accepterons de lui laisser l’ensemble de sa récolte pour qu’elle survive.
  • C’est refuser les essaims ou les reines inséminées artificiellement, car l’affaiblissement génétique qui en découle est préjudiciable à la survie des abeilles.
  • C’est être vigilant sur l’environnement proche de la ruche, afin de s’assurer que la colonie ne manquera pas de fleurs, et de veiller à ce que la diversité des floraison soit la plus large possible.
  • C’est comprendre que l’abeille est un maillon essentiel de la biodiversité, et que sa présence dans nos jardins, nos villages, est indispensable : c’est elle qui pollinise la quasi-totalité de nos fruits et légumes, et qui rend possible la fécondation des plantes sauvages ou horticoles, et garantit leur pérennité.

Quels sont les types de ruches écologiques ?
Ruches Warré, ruches troncs, ruches tressées, ruches kényanes, Sun hive, sont des modèles intéressants de ruches écologiques, mais au delà de la ’ruche’, c’est la pratique qui lui est associée qui importe.
Certaines colonies vivent librement dans les murs d’habitations, des poteaux, des arbres creux : on pourrait dire que ce sont de bonnes ruches écologiques.

Commentaires

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2019-12-16 11:38:11 +0100

Les abeilles de ma ruche peuvent-elle concurrencer les autres pollinisateurs de mon jardin ?

Ce sont les ruchers industriels qui posent problème, lorsque des dizaines, voire des centaines de ruches sont transhumées et brusquement débarquées au même endroit, comme vu précédemment.
On peut se demander quel est le rapport avec l’installation d’une ou deux ruches dans un jardin ?
Tout dépend de la concentration des ruches. Il est certain qu’à Paris le nombre de ruches est déjà beaucoup trop élevé, et que c’est une erreur d’en rajouter. C’est une question de bon sens, et tout dépend des ressources florales du secteur...

Une andrène : exemple d’abeille sauvage. Elle ne fait pas de miel.

-> Que veut dire ’abeilles sauvages ? : justement, c’est là le nœud du problème, et il faut faire bien attention à ne pas tout mélanger. Il existe 1000 espèces d’abeilles sauvages en France, qui ont des modes de vie très divers. Certaines butinent uniquement le lierre, la bryone ou la centaurée. Certaines pondent dans le bois pourri, d’autres dans la terre, dans le sable... etc. Le biotope de chaque espèce est à prendre en compte individuellement, alors qu’on a tendance à tout mettre dans le même sac. Il faudrait faire des études sérieuses et détaillées, pour voir comment améliorer les floraisons et les abris indispensables à chaque espèce. Cela nécessite de revoir nos modes de gestion des espaces (y compris les jardins), réduire les tontes, abandonner les monocultures, stopper le déboisement, restaurer les milieux humides, etc... (un gros chantier !)

cellules remplies de pollen

Et chacun peut agir... Un peu partout les gazons ont la boule à zéro, même en période de canicule et de sécheresse. Alors, comment s’assurer que les abeilles ne manqueront de rien, même en plein été (trèfles, picrides, chardons,...) ? Les zones humides (bords de mare) sont particulièrement précieuses ; depuis quelques années nous avons fait évoluer la gestion de plusieurs hectares d’espaces communaux en zone humides (sources, plan d’eau). Ainsi les insectes, de très nombreuses espèces, peuvent trouver de la nourriture en abondance même au plein cœur de l’été (menthes, scrofulaires, reine des prés, cardères, épilobes... etc), alors qu’auparavant ces espaces étaient girobroyés au milieu de l’été.

Implanter une ou deux ruches dans nos jardins, cela ne concurrence pas les pollinisateurs sauvages, non ! Et, de plus, cela permet de redonner un place à l’abeille mellifère sauvage, qui perd son adjectif domestique, car elle n’appartient à personne et a besoin d’être protégée. En effet, Apis mellifera est une espèce endémique, présente en Europe depuis centaines de milliers d’années, et qui a été manipulée et modifiée par l’homme pour augmenter les productions de miel. Aujourd’hui plusieurs associations dans le monde sont en train de lui redonner des espaces de liberté, en mettant à sa disposition des ruches de biodiversité, ou des troncs creux, sans récolte de miel. Ces colonies ’réensauvagées’ échappent au contrôle de l’homme et réacquièrent des caractères de rusticité et d’autonomie. La sélection naturelle écarte les souches moins bien adaptées et moins robustes. C’est l’avenir ! Car l’abeille hybridée, fragile et dépendante de l’homme, est appelée à disparaître avec les bouleversements climatiques qui commencent à se faire sentir fortement.

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À propos de l'auteur

Jardin des Petites Ruches : https://petitesruches.fr Nous avons créé Le Jardin des Petites Ruches, dans l'Yonne, à St Aubin Château Neuf (Val d'Ocre) en 2010 , avec le souhait que ce lieu soit le plus vivant possible, et qu’il héberge une grande diversité de plantes, d’insectes, d’oiseaux... Nous souhaitons apporter un regard nouveau sur la nature. On peut y voir des ruches écologiques en bo...

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