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Quelques oiseaux du Mexique, ou l’art de bien choisir son guide ornithologique

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Moucherolle_vermillon

2012 08 - oiseau 02 - Quiscale à longue queueLes réflexes du naturaliste acquis lors de la jeunesse sont de ceux qui ne se perdent jamais. Et quand bien même, à un âge plus avancé, pris par la routine de la vie, alors qu’on ne va plus faire de vraies sorties ornithologiques, où que l’on aille, sur les sentiers ou sur les routes, chez soi ou au travail, au soleil ou dans la neige, qu’il pleuve ou qu’il vente, on conserve l’œil toujours aux aguets.

Combien de fois me suis-je pas fait de la sorte rappeler à l’ordre, faisant un écart au volant, pour avoir aperçu le vol du Saint-Esprit d’un crécerelle, la course d’un groupe de vanneaux ou celle d’un héron cendré. Parfois, bas au-dessus d’un champs, c’est un busard nonchalant, ou à ras de terre une compagnie de perdrix.

2012 08 - oiseau 05 - pelican brun
Derrière la fenêtre du bureau, sur les toits des ateliers de ma prison, une pie ou un merle me détournent à propos de tâche dispensables. Mais cela peut être aussi un vol de mouettes ou de goélands, devenus éboueurs urbains – fatalité du progrès ! Ce peut être aussi une araignée à l’affût d’une mouche, comme ce fut le cas il y a de cela quelques jours, car celui qui cherche à se distraire y parvient toujours, malgré les œillères productives dont cherche à l’affubler.

Les oiseaux s’accommodent de bien d’endroits. Parfois les plus inattendus. Ainsi est-il arrivé qu’un couple de rouge-queue noirs vienne nidifier au-dessus des machines outils, dans l’indifférence générale des fourmis humaines au labeur. Une autre fois, ce qui passa moins inaperçu, ce fut des mésanges charbonnières, installées dans la boite aux lettres du comité d’entreprise.

2012 08 - oiseau 13 - Bécasseau minusculeLorsqu’il est en voyage, l’amoureux des oiseaux a le soin d’avoir toujours dans sa musette un guide d’identification, un petit carnet pour y noter ses observations. Et, bien sûr, un appareil photo – et / ou des jumelles à portée de main.
Evidemment les circuits en groupe ne se prêtent pas bien à ce genre d’exercice. Et lorsqu’on observe l’avifaune, emmanché dans des excursions dont ce n’est pas l’objet, on regrette de n’avoir jamais assez de temps libre, d’être si prêt de telle réserve ou tel marais sans pouvoir s’y rendre, ou pire, d’être dérangé par d’inconséquents piétineurs de tranquillité. Ainsi souvent la frustration est rendez-vous, mais n’exagérons pas, on s’accommode de sa chance : celle du déracinement, et celle aussi de s’être aiguisé l’œil ; avec cette capacité à saisir la vision fugace d’un éclair bleu lancé à pleine vitesse au-dessus d’un ruisseau dévidant ses eaux dans le sens opposé au bus qui nous transporte vers un inéluctable dénouement. Tel était ce martin pêcheur. Et s’émouvoir aussitôt à la vue de drôles de canards, un peu tadornes, un peu cygnes aux couleurs à dominante roussâtre. Des dendrocygnes s’ébattant en compagnie de quelques spatules roses. Car la route réserve bien des surprises !…
Peterson-guide.jpg
Parlons un peu de ces guides de terrain, indispensables compagnons de l’ornithologue. Il n’est pas toujours aisé de faire son choix, et même de simplement trouver le livre qui pourra nous accompagner, particulièrement lorsque la destination de notre périple rend difficile, sinon impossible, de se faire une idée sur pièce. Aussi, une fois déniché quelques perles rares, faut-il se résoudre à opter pour le guide qui semble le meilleur au regard de l’usage que l’on compte en faire, et cela avec juste les minces informations, ou illustrations disponibles sur la toile.
Guide-oiseaux-amerique-du-nord.jpg
Allons droit au fait. Malgré sa belle couverture, l’un des rares guides que j’ai trouvé sur les oiseaux du Mexique, le Mexican birds (Peterson field guides) n’est pas bon. D’une part je n’ai jamais vraiment aimé ces guides ou les planches illustrées se trouvent au milieu de l’ouvrage, séparées des textes. Mais c’est est encore moindre mal. Par contre, et là c’est un vice rédhibitoire pour moi, ne se trouvent dans ce guide que les espèces spécifiques au Mexique – et encore par toutes !. Ainsi, par exemple, pas de limicoles ni d’anatidés, ni de laridés ! Et du quiscale à longue queue, aucune mention. C’est tout de même un comble, pour une espèce dont le nom scientifique est Quiscalus mexicanus.

A la vérité, il eût mieux valu emporter mon vieux guide des oiseaux d’Amérique du Nord. L’essentiel s’y trouve, et c’est en français.

En voici la référence : Guide des oiseaux d’Amérique du Nord (Delachaux Niestlé).
(Je précise que la couverture que l’on voit sur l’image  est un protège livre).

P1050741.jpg

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2012 08 - oiseau 16 - grand héron

Commentaires

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2012-11-04 19:25:19 +0100

A Axel, le naturaliste qui aime regarder les oiseaux, se sert d'un guide d'ornithologie mais qui, sauf erreur, ne se dit pas ornithologue

Miroise : activité de loisir ou de curiosité qui consiste à rechercher visuellement, ou auditivement les oiseaux soit sur le terrain ou dans les villes, à les identifier et à facultativement enregistrer leur présence dans une comptabilité sommaire. C'est l'équivalent en anglais de birding, ou de bird-watching. Il ne comprend pas de dimension sociale ou grégaire, la miroise se pratiquant aussi bien seul ou en groupe.

Le terme ornithologie devrait être réservé à l'activité scientifique, alors que miroise convient bien à l'activité de loisir.

Étymologie: mirare (en latin regarder, comme dans admirer) et oise (de oikos, oiseau en grec, devenu oiseau en fraçais).

Une personne qui pratique la miroise est appelé un miroiseur (homme) ou une miroiseuse (femme). Le verbe correspondant à la pratique de la miroise est miroiser et il se décline ainsi: je miroise, tu miroises, il miroise, nous miroisons, vous miroisez, ils miroisent;
Il est transitif: j'ai miroisé trois hirondelles. Allons au bois, mignonne, pour miroiser.

http://fr.wikipedia.org/wik...

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2012-11-05 08:16:04 +0100

Bonjour,

En voilà un joli mot !
Je ne connaissais pas la miroise, et cela sonne fort bien à mes oreilles. Je l’adopte !

Il est vrai que je me sentais mal à mon aise avec le terme ornithologue, sonnant trop ‘professionnel’ et, souvent, j’y adjoignais amateur : ornithologue amateur, expression pas bien élégante comme équivalent à bird watching.

J’ai trouvé également ce lien où l’on miroise :
http://lemerlebleu.com/miro...

N’ayant pas trouvé ce joli mot dans les dictionnaires, j’ai poussé un peu plus loin ma recherche et je suis tombé sur ceci : (ce mot nous vient du Québec, et il est de création récente – 2001)
http://jacquesbouvier.blogs...

Et la définition du verbe miroiser, ici :
http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/...

« Le terme miroiser est construit à partir de mir- (de mirare signifiant en latin « observer attentivement »), de l'élément -ois- que l'on retrouve dans le mot oiseau et du suffixe verbal -er. Miroiser est intransitif. On dit par exemple : J'ai miroisé en fin de semaine. L'emploi de ce verbe, de même que celui des substantifs miroise, miroiseur, miroiseuse, reste cependant peu fréquent. On utilise plus souvent des expressions construites à partir du verbe observer : observer les oiseaux, faire de l'observation d'oiseaux. »

Merci encore pour la découverte de ce mot à la tonalité poétique.

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2012-11-12 15:32:39 +0100

Je miroise donc aussi sans le savoir. Chez moi, il n'y a pas d'oiseaux qui viennent se poser : 4 chats les guettent, mais je les entends.
Une chouette hulotte fait entendre son cri. Le clocher n'est pas loin et je l'entends voler de toit en toit, à la nuit tombée.
Dans le parc voisin croassent beaucoup de pies et de corneilles qui chassent les oiseaux plus petits, mais de temps en temps on écoute le chant mélodieux d'un merle (Trénet). En été les hirondelles se font rares alors que volent les martinets différents par leur ventre noir et plus grande envergure.
En allant vers l'aéroport, sur l'étang de Berre, il est fréquent de voir des rassemblements de flamants roses qui partent avec le froid. En revanche les goélands et les mouettes viennent se faire nourrir par les personnes bienveillantes jusque sur la zone de frêt.
Sur la plaine de la Crau, il est très fréquent de voir planer des faucons, des crécerelles, des éperviers, mais je ne sais pas très bien les reconnaître. On admire des hérons cendrés, des miriades d'étourneaux, des huppes blanches.
Enfin, le petit cours d'eau qui traverse notre village a sa population de canards colverts qui se laissent porter par le courant.
J'ai constaté qu'il n'y avait plus de moineaux, par contre nous croulons sous les fientes des pigeons :-)

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