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S O S pour les pollinisateurs sauvages

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Publié dans
le 27.01.18
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La mode est à l'installation de ruches, notamment en ville et bien des entreprises, soucieuses d'améliorer leur image environnementale, se précipitent dans la "course aux abeilles". Ce que l'on sait moins, c'est que ces abeilles , souvent des hybrides, concurrencent très sérieusement les 8 à 900 espèces d'abeilles sauvages qui ont un rôle essentiel dans la pollinisation. Une publication de notre site attirait l'attention sur ce danger.

Voici qu' une publication scientifique parue dans le magazine Science montre que les abeilles mellifères peuvent nuire aux espèces de pollinisateurs sauvages, ce qui constitue un incitatif urgent pour changer les pratiques de gestion des abeilles mellifères.

Organisation d'une journée "pollinisateurs sauvages" le vendredi 9 février 2018 à Arras.

Cette journée est organisée avec le Conseil scientifique de l'environnement (structure associative, regroupant principalement des universitaires, et créée à l'initiative de la Région Hauts de France pour lui donner des avis sur ses politiques), en partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels du Nord – Pas-de-Calais dans le cadre du programme SAPOLL ( Sauvons nos pollinisateurs: plan d'actions transfrontalier , entre différents acteurs de Wallonie, de Flandre et du nord de la France, pour les pollinisateurs sauvages, bénéficiant du Fonds Européen de Développement Régional) .

La journée se déroulera en deux étapes,

  • une sur les pollinisateurs en général
  • l’autre sur les actions menées en faveur des pollinisateurs sauvages en région.

Le programme est à votre disposition dans le document joint ci-dessous

Le public cible sont les gestionnaires d’espaces naturels et d’espaces verts, les amateurs éclairés (associations de protection de la nature), les élus et entreprises motivés ainsi que les différents chargés d’études des BE, CPIE, collectivités… bref, ceux qui peuvent ou veulent agir (connaissance ou actions concrètes).

Si la journée vous intéresse, merci de vous pré-inscrire auprès de Sonia JUMELIN-DIALLO: conseil.scientifique@enrx.fr qui reprendra contact avec vous pour les modalités pratiques de la journée. La participation à la journée est gratuite, seuls les repas sont à la charge des participants.

Commentaires

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2018-01-27 09:06:15 +0100

On retombe sur la problématique complexe de la disparition des insectes en général couplée à la prolifération d'espèces invasives encouragée par la recherche du profit maximum...

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2018-01-27 10:48:05 +0100

à mjc49
Le choix d'installer une ruche n'est pas forcément lié à une recherche de profit, il peut être motivé par de bonnes intentions... Les informations émanant de milieux scientifiques amènent à les rectifier. Comme pour toute décision, il faut d'abord approfondir le dossier avec un avocat du diable !

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2018-01-27 11:27:12 +0100

Pas sûr que ce soient les quelques ruches urbaines de "boboland" qui posent principalement le problème...Certains apiculteurs insulaires, de l'ile de Ré, ou Ouessant, se battent comme des beaux diables sur leurs îles et essaient de convaincre leurs collègues de ne pas importer de souches étrangères plus dociles, plus productives ... Et donc plus lucratives.

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2018-01-27 12:45:17 +0100

Je vous relate notre expérience :
Nous nous sommes lancés dans l"apiculture il y a 3 ans, à titre personnel, pour favoriser la biodiversité, pas pour vendre du miel.
Des cours sont indispensables tant ce monde fascinant est à la fois fragile et résistant... Etre apiculteur, même amateur, ne s'improvise pas !
Nous avons fait notre première récolte de miel au bout de 2 ans : Quelle fête ... ce partage avec la famille et les amis!... Et puis...
Ma compagne a fait une grosse allergie suite à une piqûre d'abeille et nous avons du prendre la décision d'arrêter car il y avait danger.
Nous avons rebondi en favorisant les abeilles solitaires et avons découvert un monde tout aussi passionnant...Ce printemps verra naître nos premières expériences...
Pendant toute cette période, nous avons appris aussi que trop de ruches étaient néfastes à cette population d'abeilles solitaires au champ d'action beaucoup plus limité et davantage dépendantes de certaines plantes.
Nous avons constaté également que les ruches étaient à la mode auprès de certaines entreprises et que donc - comme toujours - des sociétés spécialisées dans l'installation et la location de ruches n'hésitaient pas à gagner pas mal d'argent en favorisant des espèces plus productives (buckfast) au détriment de l'abeille locale dite abeille noire, le tout en ne se préocuppant pas trop de la période hivernale : Mieux vaut vendre un nouvel essaim au printemps !
A côté de cela vous avez des apiculteurs passionnés, amoureux des abeilles et qui font très bien leur métier, heureusement !... nous nous sommes faits beaucoup d'amis durant cette période.
Nous ne manquerons pas de vous rapporter l'expérience d'accueil des abeilles solitaires au sein de notre OASIS ... C'est une piste facile pour développer encore plus la biodiversité au sein de votre OASIS

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2018-01-27 14:29:48 +0100

Etant à la fois apiculteur amateur et ecologue de profession je pense que l'on se trompe de combat et d'ennemi : c'est bien l'agrochimie qui est responsable de la disparition des pollinisateurs, sauvages et domestiques, et pas ces malheureux apiculteurs sui disparaissent eux aussi et sont autant de sentinelles pour prendre la mesure des dégâts et lutter contre les pesticides tueurs d"abeilles.

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2018-01-27 14:38:41 +0100

cela dit , n'oublions pas que les abeilles ne sont pas , et de loin, les seuls pollinisateurs... Comme les autres insectes , elles cumulent les difficultés avec la disparition des haies,et de la flore sauvage , l'omniprésence de l'agrochimie etc....

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2018-01-27 14:46:45 +0100

Invitation à relire "Les abeilles sauvages, reines de la pollinisation."
http://www.humanite-biodive...

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2018-01-27 14:52:42 +0100

Et on ne saurait oublier les papillons , les mouches ( particulièrement impliquées dans la reproduction de certains champignons) et toutes ces bestioles méprisées qui se baladent de fleur en fleur...

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2018-01-27 16:27:01 +0100

Sur notre site, une autre publication selon laquelle le déclin de tous les pollinisateurs a des causes multiples
http://www.humanite-biodive...

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2018-01-29 13:34:20 +0100

Bonjour,
Si l'on regarde divers travaux sur le sujet, on relever trois types de risques liés à l'introduction de ruches vis-à-vis des la protection des pollinisateurs sauvages et de la flore liée =

  • I) une compétition pour l'accès à la nourriture en défaveur des pollinisateurs sauvages ( pollen et nectar)
  • II) la transmission de maladies contagieuses et de parasites
  • III) des modifications des flux de pollen influant sur la reproduction des plantes et sur la composition floristique du lieu.

On doit, à mon avis - mais à discuter avec des spécialistes (et il y en aura le 9 février 2018 à Arras) -considérer en fonction du site =

  • une interdiction totale ou fortement limiter l'introduction de ruche d'Apis mellifera en (et près) d'une réserve intégrale
  • une limitation des ruches par rucher et du nombre de rucher par site à évaluer (un peu comme on fait pour évaluer la charge pondérale sur une prairie des herbivores= nombre d'animaux maximum à admettre par saison ) sur des sites à enjeux (zones Natura 2000 par exemple).
  • des ruchers itinérants que l'on déplace en fonction de la floraison de certaines espèces sont aussi une bonne alternative.

Quelques éléments bibliographiques =

  • Aebi A, Vaissière BE, van Engelsdorp D, Delaplane KS, Roubik DW & Neumann P, 2012. Back to the future: Apis versus non-Apis pollination. Trends in Ecology and Evolution 27(3): 142–143. !
  • Aizen MA, Morales CL, Vázquez DP, Garibaldi LA, Sáez A & Harder LD, 2014. When mutualism goes bad: density-dependent impacts of introduced bees on plant reproduction. New Phytologist 204: 322–328. !
  • Aubert M, Ball B, Fries I, Moritz RF, Milani N & Bernardinelli I, 2008. Virology and the honey bee. European Commission, Brussels. 460 pp
  • Brittain C, Williams N, Kremen C & Klein A-M, 2013b. Synergistic effects of non-Apis bees and honey bees for pollination services. Proceedings of the Royal Society of London B 280: 20122767.
  • do Carmo RM, Franceschinelli EV & da Silveira EA, 2004. Introduced honeybees (Apis mellifera) reduce pollination success without affecting the floral resource taken by native pollinators. Biotropica 36: 371–376. et bien d'autres.
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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

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