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Saga sur...le sol : une surface, un milieu, des ressources 7/7

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Publié dans
le 22.11.15
P1000433

Après avoir exploré le champ juridique sur la question des sols, voici cette semaine, comme suite et fin de cette Saga, un article qui fait état de quelques réflexions personnelles sur notre rapport à la terre et au sol. En guise de clôture, ce dernier volet de la série ouvrent ainsi sur les symboles et concepts reliés aux sols dans notre culture, nos habitudes et notre inconscient collectif.

VII. Les sols dans la culture et l’inconscient collectif

> La terre c’est sale

Globalement, la terre est perçue comme un matériau qui salit. L’expression « se crotter », qui signifie se salir de boue, va ainsi même jusqu’à comparer la terre à un excrément, ce qui illustre bien le rapport culturel que notre société peut avoir avec le sol.
L’homme ne marche quasiment plus pied nu dans les sociétés modernes et le contact direct avec le sol, la terre, est donc réellement limité de nos jours. Il est pourtant très important d’être relié à la terre. Le danseur ou l’orateur sait que la condition de réussite est un bon ancrage dans le sol, centré et sur ses appuis, car c’est du sol que l’on puise sa force. La réflexologie encourage également le contact direct du pied avec le sol, de manière à favoriser la circulation d’énergie, la libération du stress et des tensions.

Cette déconnexion contemporaine entre l’homme et le sol est aussi indirecte. Dans nos villes nous mangeons désormais des aliments en ignorant totalement comment ils ont poussé ou grandi. Au contraire, les fruits et légumes sont de nos jours vendus « propres » sans aucune trace de terre dans la plupart des magasins. C’est ainsi que nous n’avons plus conscience du rôle vital du sol dans notre alimentation et donc pour notre survie. Ce faisant, le rôle du cultivateur ou de l’éleveur, qui constitue un véritable passeur d’énergie entre la terre et les autres hommes n’est plus valorisé à sa juste valeur.

> La peur du vide

Cette peur du vide, du silence, du noir - plusieurs facettes d’une même peur - se retrouve fréquemment dans les différentes menaces que l’homme fait peser sur la biodiversité. Elle prend là encore pleinement son sens concernant les sols. Le besoin d’occuper (le sol), de combler (les dents creuses), d’aménager (le territoire) ou d’exploiter (la terre) illustrent le fait que l’homme ne perçoit pas le sol comme une ressource précieuse ni comme un espace qui peut exister sans lui. Il est important de prendre conscience qu’un sol non géré, non artificialisé, non urbanisé n’est pas un espace perdu, gâché ou abandonné.

> Ce qui ne se voit pas n’existe pas

Le sol comme volume et milieu est ainsi une partie de notre environnement que nous ne voyons pas ou très peu. Cela peut expliquer que nous n’ayons que peu conscience qu’il constitue une ressource très riche et que de nombreuses espèces y vivent. Il s’agit en quelques sortes d’une biodiversité invisible. Par conséquent, comment imaginer que nous en sommes dépendants au quotidien ? Le parallèle peut être fait avec la biodiversité nocturne, également discrète et peu visible, qui elle aussi vit dans les profondeurs, non pas du sol mais de la nuit. Il est temps d’investir ces secteurs oubliés du vivant : les inventorier et les étudier et surtout les préserver et les restaurer !

Commentaires

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2015-11-22 20:33:37 +0100

Le contact avec le sol, j'adore marcher pieds nus dans l'herbe, vivant à Paris ce n'est pas évident mais on y arrive si on ne pense pas aux chiens très nombreux et omniprésents ... Sur le sable aussi, mais en bord de mer pas à Paris plage ;)
Le contact direct avec la terre est important, et aussi très agréable, marche sur l'herbe chauffée sous le soleil, très légèrement humide voire un peu fraîche est un plaisir pour les sens :)

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2015-11-23 14:44:02 +0100

Je viens de découvrir cette petite série de l'INRA sur les sols justement, un bon parallèle à la fin de cette excellente saga je pense :)
http://www.rennes.inra.fr/R...
l'INRA qui va, durant le COP21, décerné comme chaque année les lauriers de l'INRA justement.

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2015-11-23 17:15:00 +0100

Je travaille la terre mains nues comme je m'amusais avec le sable petit enfant. J'adore son odeur ... j'en ai toujours plein les ongles mais j'ai ma brosse à ongle dans la cuisine qui donne dans le jardin. Je suis la plupart du temps à genoux et quand j'ai finis je suis 'crottée', comme on le dit, jusqu'au narine, en ai plein les cheveux ... etc

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À propos de l'auteur

Depuis 2012, j'apporte de mon temps et de mes compétences à l’association Humanité et Biodiversité (administrateur de 2012 à 2015), où je contribue au développement des Oasis nature et à l’approfondissement de plusieurs thématiques déjà portées de longue date par l'association H&B ex Ligue Roc (cohabitation avec les grands carnivores, considération des espèces dites « nuisibles », ...). Cet eng...

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