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Tempête à l'INRA autour d'un rapport sur l'agriculture biologique

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le 19.02.14
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Plus de cent chercheurs en agronomie ont envoyé une lettre à la direction de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Dans cette lettre, révélée par Reporterre, les chercheurs vilipendent le parti pris non scientifique d’une étude critiquant l’agriculture biologique. Face à cette bronca exceptionnelle, la direction de l’Institut agronomique se réfugie dans le silence.

 Ils sont agronomes, géographes, économistes, sociologues, généticiens ou encore chercheurs en cancérologie. Ils travaillent dans des écoles d’agronomie, des universités ou des instituts reconnus de la recherche française, tels que le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Ce matin, ils sont cent seize chercheurs à avoir signé en leur nom propre une longue lettre adressée au PDG de l’INRA. Reporterre a pu se la procurer : elle demande le retrait de ce qui était présenté comme une grande synthèse scientifique de l’institut sur l’agriculture biologique. Une copie a même été adressée au ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll.

L'étude contestée est le volume 1 du rapport Vers des agricultures à hautes performances, intitulé Analyse des performances de l’agriculture biologique. Réalisé sous la direction du directeur scientifique agriculture de l’INRA, Hervé Guyomard, il répond à une commande du Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective (CGSP), institution rattachée au Premier ministre.

Publié en octobre dernier, le document a suscité une série de réactions critiques, de la FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique) et du syndicat SUD Recherche

Mais de manière plus inattendue, la critique s’est propagée dans toute la communauté des chercheurs et a conduit, en quelques mois, à cette lettre adressée par le collectif de scientifiques à l’INRA. "De nombreux éléments constituant ce rapport le rendent très critiquable", affirme le courrier.

"Ce rapport jouit de la légitimité scientifique de l’INRA, il sera repris et cité dans beaucoup de travaux scientifiques. Ce serait grave qu’il reste comme cela, sans débat au sein de la communauté des chercheurs. C’est pour cela qu’on demande de le retirer", explique sous couvert d’anonymat l’un des rédacteurs de la missive.

Indice que l’affaire est grave, de nombreux chercheurs et ingénieurs employés par l’INRA ont accepté de mettre leur nom en bas de la lettre. "Ce n’est pas évident de remettre en cause une production de son propre institut", remarque un autre signataire.

Un rapport qui s’appuie sur… un climato-sceptique

Point par point, chapitre par chapitre, le groupe de savants a donc entrepris d’identifier les faiblesses scientifiques de ce rapport. Au final, il est décortiqué en dix pages très denses.

"Nous voulions construire une critique argumentée de ce rapport. C’est une note écrite à plusieurs mains. Chaque partie a été relue par plusieurs experts du domaine concerné", explique à Reporterre l’un de ses auteurs. "Il ne s’agit pas de prendre partie en faveur de l’agriculture biologique, mais de plaider pour une analyse rigoureuse de ses forces et de ses faiblesses, ce qui, à nos yeux d’universitaires et de chercheurs, n’est pas le cas dans ce rapport", indique en préambule le courrier.

Première critique, "dès l’introduction, le rapport cite à plusieurs reprises des ouvrages et pamphlets connus pour leur hostilité à l’agriculture biologique", relève la lettre des chercheurs. La première citation du rapport fait référence à un ouvrage de Gil Rivière-Wekstein, clairement opposé au bio, intitulé Bio, fausses promesses et vrai marketing. Consultant agricole, l’auteur est directeur de la publication de la lettre d’information Agriculture&Environnement, qui relaye notamment les positions des climato-sceptiques.

Rien que la lecture du résumé du rapport (p.6) donne en effet l’impression que l’agriculture biologique manque sérieusement d’avantages : "L’analyse montre que l’agriculture biologique souffre d’un handicap de productivité physique (...) ; les qualités nutritionnelles, sanitaires et organoleptiques des produits issus de l’agriculture biologique ne sont pas sensiblement différentes de celles des produits issus de l’Agriculture Conventionnelle, de sorte qu’il est peu probable que les consommateurs de ces produits en tirent un bénéfice significatif en matière de santé."

Le bio, pas si bon que ça pour la santé et l’environnement

Ensuite, la première partie du rapport propose une revue des précédentes études menées sur les performances de l’agriculture biologique (p.17). Une synthèse faite de descriptions "souvent partielles voire sélectives", écrivent les auteurs de la lettre.

Ainsi, dans la partie sur la qualité sanitaire des aliments issus de l’agriculture bio (p.57), le rapport ne consacre qu’une demi-page (sur 6 pages) à la contamination des aliments par les pesticides et "aucun lien avec les risques pour la santé n’y est mentionné", s’étonnent les rédacteurs du courrier. Le fait que les aliments bios ne contiennent pas de pesticides n’est même pas mentionné parmi les avantages de ce type d’agriculture.

De même, "l’effet positif sur la santé des agriculteurs de la non-utilisation de pesticides de synthèse en Agriculture biologique est minimisé dans le rapport", ajoute la lettre. Là encore, le rapport consacre seulement une demi-page au sujet et le titre elliptique du chapitre (p.139) est évocateur : "Un effet plutôt positif de l’agriculture biologique sur la santé des travailleurs agricoles".

A la lecture du rapport, même les "performances environnementales" de l’agriculture biologique semblent limitées. Il souligne que "le problème de la contamination des sols et des eaux par le cuivre et le soufre [produits utilisés en agriculture bio - NDLR] reste préoccupant" (p.114) mais il n’introduit "aucun élément de comparaison avec l’utilisation de produits phytosanitaires en agriculture conventionnelle", déplorent les scientifiques auteurs de la lettre critique.

"Cette absence totale de relativité dans l’analyse conduit à minimiser complètement l’avantage de l’agriculture biologique en ce qui concerne l’utilisation de pesticides."

Le rapport de l’INRA propose d’autoriser les pesticides chimiques dans l’agriculture bio

La deuxième partie du rapport s’appuie sur des données originales, afin d’analyser la "productivité et la rentabilité" de l’agriculture bio en France. Pour analyser ses rendements, il s’appuie sur une base de données où certaines exploitations bio sont classées comme utilisant des herbicides, pourtant interdits dans le cahier des charges... "Cette interdiction des herbicides n’est visiblement pas connue des auteurs du chapitre", s’inquiète le courrier adressé à l’INRA. Une fois exploitées, ces données visiblement erronées permettent à l’étude de conclure que le rendement en agriculture biologique augmente quand on applique des herbicides.

Une observation utilisée ensuite par le rapport pour proposer l’autorisation de certains pesticides de synthèse en agriculture biologique, afin d’améliorer les performances. Une recommandation "particulièrement problématique", relèvent les rédacteurs de la lettre : "Cela remet en cause la définition même de l’agriculture biologique, qui refuse l’utilisation d’intrants chimiques de synthèse."

Ils relèvent également un problème méthodologique dans le chapitre suivant, qui analyse "la compétitivité de l’agriculture biologique". Il s’appuie sur un questionnaire diffusé via internet : 1632 personnes ont eu la possibilité de le compléter, mais seulement 814 réponses ont été considérées comme exploitables. Une "mobilisation (...) très satisfaisante" (p.256) observe le rapport, qui pourtant nous apprend que "le questionnaire a probablement pâti de l’attitude de la profession des agriculteurs biologiques qui, pour des raisons qui lui sont propres, a déclaré dans ses réseaux ne pas se reconnaître dans cette consultation et par conséquent ne cautionner en aucun point cette enquête."

En fait, les questions ont été considérées comme biaisées par un grand nombre d’agriculteurs biologiques, qui ont refusé de répondre. "Beaucoup de questions ont posé problème, confirme Stéphanie Pageot, Présidente de la FNAB. La compétitivité n’est définie que d’un point de vue économique. La durabilité des fermes et la préservation de l’environnement ne sont absolument pas pris en compte."

"Cela pose un gros problème sur le plan méthodologique. Parmi les personnes qui ont accédé au questionnaire, le taux de non-réponse est énorme, les auteurs de l’étude auraient dû tout de suite s’interroger sur la qualité de leur questionnaire", s’étonne un des scientifiques signataire de la lettre. Les réponses au questionnaire n’auraient donc pas dû servir de base à une analyse scientifique, pas plus qu’à des recommandations.

Mais de façon générale, "dès le départ la démarche est biaisée" reconnaît l’un des scientifiques signataires de la lettre à l’INRA. Ce rapport propose d’aborder l’agriculture bio de la même manière que la conventionnelle, en découpant les performances par domaine (productivité, environnement, social...).

Or l’agriculture bio et l’agriculture conventionnelle n’ont pas du tout les mêmes logiques. C’est comme si vous compariez la performance d’une bicyclette et d’une voiture uniquement du point de vue de la vitesse ! Le but de l’agriculture bio n’est pas de produire autant ou plus que l’agriculture conventionnelle, c’est de produire autrement, en respectant l’environnement écologique et social. Un rapport honnête aurait dû présenter les buts de l’agriculture biologique et sa démarche holistique : on ne peut l’étudier qu’en considérant le système dans son ensemble."

Enfin, le rapport déplore également plusieurs fois le manque de données scientifiques pour évaluer les performances de l’agriculture biologique. Mais il ne cherche pas les raisons de ce manque, remarque la lettre des chercheurs, qui relève "l’absence d’analyse concernant la faiblesse récurrente de l’investissement de la recherche française et tout particulièrement de l’INRA dans le domaine de l’agriculture biologique".

Une faiblesse constatée par la FNAB : "Par exemple, on pousse pour qu’il y ait des recherches sur les alternatives au cuivre en viticulture, mais nous n’arrivons pas à obtenir un engagement de l’INRA sur le sujet", note sa présidente.

Pour combler ce retard de la recherche française en agriculture biologique, le rapport explique que le bio peut profiter des recherches faites sur l’agriculture en général... Un engagement insuffisant regrette encore la FNAB. "Ils nous disent que les recherches de l’INRA sur le sol peuvent nous servir... Mais s’ils font leurs analyses sur des sols pleins de pesticides, cela ne peut pas s’appliquer à l’agriculture biologique", explique Stéphanie Pageot.

Un rapport "idéologique" ?

Alors pourquoi ce rapport est-il aussi biaisé ? C’est avant tout une position "idéologique" explique-t-on chez SUD Recherche : "A la lecture du rapport, on était consternés sans être vraiment surpris. C’est dans la continuité du positionnement de la direction générale de l’INRA sur la question du bio. Ce rapport reflète une certaine idée du progrès, de personnes qui ne croient qu’à la technoscience."

Le malaise provoqué par ce document ajoute à l’embarras permanent de certains chercheurs, qui déplorent la faiblesse des moyens attribués à la recherche en bio. Selon le communiqué du syndicat, "le constat du faible investissement de l’INRA dans ce domaine de recherche (moins de 100 équivalents temps plein sur plus de 7 500 titulaires) avait été posé dans le livre blanc de l’INRA sur l’agriculture biologique en 2000".

Un manque d’investissement que relève aussi le journaliste Vincent Tardieu dans son livre-enquête sur l’agroécologie en France (Vive l’agro-révolution française !, ed. Belin, 2012) : "l’investissement de la recherche française en agriculture biologique ressemble à une mise ’pour voir’ d’un joueur de poker."

"L’INRA est historiquement au service du productivisme agricole, poursuit-on chez SUD Recherche. Mais d’habitude cette opinion est exposée de façon plus subtile, plus nuancée... Là on a un point de vue très orienté."

Cela pourrait s’expliquer par la forme scientifique prise par ce rapport. Il s’agit, dans la classification de l’INRA, d’une "étude". "Elle ne nécessite aucune règle particulière en terme de révision par les pairs ou de discussion collective", déplore l’un des scientifiques ayant signé le courrier à l’INRA.

C’est pourquoi en plus du retrait du rapport, dans leur lettre, les scientifiques demandent également à l’INRA une "expertise scientifique collective", qui garantit que l’analyse est confiée à un "collectif pluridisciplinaire d’experts".

Après l’envoi de cette lettre fin décembre, des discussions ont été entamées entre ce collectif de chercheurs et la direction de l’INRA, qui pour l’instant ne s’est pas engagé à répondre aux demandes des scientifiques. Contactée par Reporterre, elle n’a pour l’instant pas souhaité réagir.


Après la parution de notre enquête, l’INRA a enfin réagi. Lire Le rapport partial de l’INRA sur l’agriculture bio : les politiques s’en mêlent.


Source :Reporterre

 

 

 

Commentaires

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2014-02-19 14:05:47 +0100

A signaler aussi pour ce dossier concernant l'INRA et l'agriculture biologique
http://agriculture.gouv.fr/...

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2014-02-19 20:04:10 +0100

Reporterre soulevait en 2012 l'hypothèse de conflits d'intérêts à l'INRA dans l'article ci-dessous (et je le crois volontiers, vu ce que l'on a rencontré en médecine avec une Haute Autorité de Santé grevée par les conflits d'intérêts, et aux recommandations douteuses dont certaines ont été abrogées!):

« L’Institut national de la recherche agronomique (INRA) devrait être au service des citoyens et ne pas soutenir toujours les industries des OGM et des pesticides. »

« Entendre dire, par un directeur de recherche honoraire de l’INRA, qu’il ne devrait pas y avoir d’évaluation sur les plantes génétiquement modifiées parce que ce sont les mêmes que les plantes non modifiées, et que le glyphosate n’a jamais causé de cancers chez l’Homme, n’est pas à l’honneur de notre Institut ! « 

« Enfin, dans un communiqué datant du 27 septembre, le nouveau PDG de l’INRA, F. Houllier, précise la position de l’institut vis à vis de l’article de Séralini, en nous disant notamment que « l’INRA a publié en 2012 une méta-analyse sur les risques toxicologiques liés à l’ingestion des OGM » sachant que cet article qui a fait l’objet de nombreuses critiques (voir par exemple l’article de Gilles Van Kote dans Le Monde du 15 décembre 2011), est co-signé par des personnalités (dont toujours G. Pascal) très bien connues pour leur soutien actif aux OGM. On aurait aimé que, dans les circonstances présentes, F. Houllier fasse preuve d’un peu plus d’ouverture. « 

http://www.reporterre.net/s...

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2014-02-19 20:11:59 +0100

L'INRA s'est doté, fin 2013, d'une Charte de déontologie
http://inra-dam-front-resou...

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2014-02-19 20:56:28 +0100

Le travail scientifique est traversé de nombreuses controverses. Mais le débat doit porter sur des protocoles et sur les résultats. Ces résultats doivent être reproductibles. Ce travail ne laisse pas place à l'opinion d'un tel sur un tel.
La notion de conflits d'intérêt est une avancée pour juger de la pertinence d'un résultat. Mais dans certains domaines le nombre de spécialistes est trop faible pour avoir des scientifiques compétents "indépendants".
Alors prudence dans les jugements et absence de naïveté dans les jeux de pouvoir dans les mondes scientifiques.

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2014-02-19 22:05:00 +0100

Le conflit d'intérêts a une définition européenne:
« Un conflit d’intérêts implique un conflit entre la mission publique et les intérêts privés d’un agent public, dans lequel l’agent public possède à titre privé des intérêts qui pourraient influencer indûment la façon dont il s’acquitte de ses obligations et de ses responsabilités ».
.
Que des scientifiques déduisent de leurs travaux une position - quelle qu'elle soit et même sur les OGM, ou la sécurité alimentaire par ex - n''implique pas forcément un conflit d'intérêts.

Ce site n'entend pas propager d'hypothèses, de croyances ou d'opinions mettant en cause la respectabilité de personnes aussi longtemps que des preuves ne les ont pas confirmées.

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2014-02-20 08:59:06 +0100

En ce qui me concerne, la publication d'un rapport d'une telle médiocre qualité par un organisme ayant la place de l'INRA rend légitime la suspicion de conflits d'intérêts, et ce n'est pas naïf que de penser qu'un monde d'avenir pourrait en être dépourvu. Nous y travaillons en médecine, avec des résultats (formations continues pour les médecins totalement indépendantes de l'industrie pharmaceutique, avec experts déclarant leurs conflits d'intérêts, choisi pour l'absence de conflits d'intérêts). Pour commencer, les auteurs devraient systématiquement DECLARER leurs conflits d'intérêts.

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2014-02-20 09:26:32 +0100

A mon avis, considérer avec défiance un rapport dans un domaine qui n'est pas de ma compétence en propageant des soupçons personnels n'a pas sa place sur ce site voué à la promotion de solutions.
Ne pas accuser sans preuve: c'est précieux comme la présomption d'innocence.
DONC que le débat s'instaure entre les auteurs du rapport et les auteurs de la lettre est une bonne nouvelle. Très bonne même !

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2014-02-20 11:28:59 +0100

A "considérer avec défiance un rapport dans un domaine qui n'est pas de ma compétence" , j'ai deux réponses: la première, c'est que l'esprit critique relève d ela compétence de tous, dès lors que l'on prend la peine de s'informer le plus largement possible, lorsqu'il s'agit de la santé de tous, la santé publique (l'INRA touche à l'agriculture et donc à la santé publique. Il s'agit pour moi d'un DEVOIR d'analyser et prendre du recul sur des allégations incohérentes. Pour les médicaments, les gens, que l'on pourrait juger incompétents, ont le droit de s'inquiéter de conflits d'intérêts et collusions politiques dès lors qu'elle se répercute potentiellement sur leur santé. En matière de recommandations et de pratiques agricole, je pense légitime que tout un chacun puisse se rendre compétent pour analyses les choses (personnellement, j'ai un bagage scientifique avec bac °+9-1/2 et des connaissances en biophysique, biochimie et pharmacologie qui me permettent d'appréhender assez rapidement certaines notions). Il est légitime aussi que ce site demande de ne pas accuser sans preuve, mais Est-ce une raison pour ne pas avancer d'hypothèse? Beaucoup d'avancées scientifiques ont été précédées d'hypothèses de bases...Après, la réponse viendra certainement avec le temps...

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2014-02-20 12:05:49 +0100

Oui à l'esprit critique de chacun(e) mais acquérir des compétences pointues dans tous les domaines est surhumain…
Et donc douter de sa propre opinion est de mise quand on n'a pas assez de compétences personnelles dans un dossier dans lequel s'affrontent des experts et je n'en suis pas.

Oui, bien sûr, au doute scientifique qui permet d'aller plus loin dans la recherche.

Mais l'hypothèse ou le soupçon de conflits d'intérêts n'ont rien à voir avec la recherche scientifique. Et les Conditions Générales d'Utilisation du site réprouvent les attaques non-prouvées. Tout comme, sans doute, les procès d'intention.

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2014-02-20 12:37:35 +0100

La déclaration de conflits d'intérêts est exigée dans toute publication de qualité (donc...) et la suspicion de conflits d'intérêts est inhérente à l'esprit scientifique. Ecouter la prose d'un représentant des semenciers, des pesticides, ou de l'industrie pharmaceutique sans se poser de question, par exemple, serait a-scientifique (et pourtant, ce n'est pas à mettre au conditionnel pour tout le monde, dans le monde scientifique aussi; et on oublie allègrement les déclarations de conflits d'intérêts très fréquemment). Pour ce qui est des experts, nous verrons si, dans le cas qui nous intéresse, il y aura une réponse à la lettre!

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2014-02-20 12:40:36 +0100

Est ce que l'adage suivant serait crédible "L'agriculture biologique n'est pas à privilégier car pas utile pour la biodiversité et la santé humaine. Nous déclarons M.UNTEL et MME UNEAUTRE ne pas avoir de conflits d'intérêts avec l'industrie fabriquant des produits phytosanitaires" ? Entre ne pas accuser et se laisser endormir sa conscience, il y a un pas que je ne franchirai pas!

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2014-02-22 15:43:45 +0100

Chacun dispose donc de la Lettre envoyée à l'INRA par un collectif de 63 chercheurs et enseignants-chercheurs
http://www.humanite-biodive...
et
du document "réponse de l'INRA" aux signataires de la lettre
inra-reponsealalettre.pdf accessible depuis http://www.reporterre.net/I...

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2014-02-22 18:56:49 +0100

Cette réponse, quoique longue, présente, en première lecture, deux grands défauts: - il n'y a aucune déclaration de conflits d'intérêts (c'est un manque MAJEUR); -il n'y a aucune allusion à une méta-analyse, que des allusions à des études ponctuelles, ça et là, et nous savons bien toutes les limites des statistiques, et l'intérêt des méta-analyses.

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2014-02-24 09:58:39 +0100

Un correspondant anglophone envoie ce lien pour le dossier "qualité nutritive des aliments "BIO" ":
http://med.stanford.edu/ism...

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À propos de l'auteur

Bonjour. Né en 1972,à une époque où beaucoup de concepts que l'on croit modernes existaient déjà*,je suis devenu éco-conscient spontanément,peu à peu. Parallèlement à mon métier (médecin généraliste),je pratique la botanique amateur, l'ornithologie et l'entomologie amateur (de loin). Je fais des sorties, assiste à des conférences, et le savoir emmagasiné peu à peu est renforcé par des lectures....

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