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Un traitement efficace contre le virus Ebola chez des singes

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Publié dans
le 26.08.12
Ebola-zmag


  • Alors qu'une épidémie du virus Ebola vient de faire de nouvelles victimes en Afrique centrale, des biologistes ont pu guérir des macaques infectés grâce à un cocktail d’anticorps. Une étape importante dans la lutte contre l’un des virus les plus dangereux de la planète.


Seize morts en Ouganda, dix en République Démocratique du Congo : le mois d'août a été marqué par une épidémie du virus Ebola en Afrique centrale. Ce dernier, qui sévit principalement sur ce continent, provoque de terribles fièvres suivies d’hémorragies internes et externes contre lesquelles il n'existe aucun remède.

ZMab contre Ebola

La souche la plus virulente, nommée « Zaïre » tue en quelques jours 90% des personnes infectées. On comprend donc l'intérêt suscité par les résultats présentés par une équipe du Laboratoire canadien de microbiologie à Winnipeg : injecté à des macaques 24 à 48 heures après qu'ils aient été exposés à Ebola, un nouveau médicament, le « ZMab », les a sauvés.

Quelques traitements expérimentaux étaient déjà parvenus à guérir des macaques atteints par Ebola. Avec plus ou moins de succès : 18 à 100 % de guérison selon les essais. Mais ils ont tous un important inconvénient : pour être efficaces, ils doivent être administrés au maximum dans les 20 à 60 minutes qui suivent l’infection. Une durée éventuellement compatible avec une exposition accidentelle en laboratoire, mais pas adaptée à une épidémie.

Le « ZMab », lui, combine trois anticorps qui se lient à différentes régions d’une protéine de surface du virus : la glycoprotéine GP. « Après des résultats encourageants sur des rongeurs et des cochons d’Inde, nous l’avons testé sur huit macaques exposés à une dose intramusculaire mortelle de la souche Zaïre », explique Gary Kobinger, responsable de l'équipe.

Pas d'effets secondaires


Les singes ont reçu trois injections intraveineuses de ZMab à trois jours d’intervalle. Pour quatre d’entre eux, la première injection a eu lieu 24 heures après l’exposition au virus. Les quatre autres n'ont été traités que 48 heures après l’exposition. Résultats : après six semaines, tous les macaques traités précocement étaient guéri, et deux sur quatre chez ceux traités 48 h après exposition au virus (les deux autres n’ont pas survécu). La quantité de virus dans l’organisme avait été réduite de 50% à 100%, et il n’y en avait plus trace dans les excrétions salivaires, nasales et rectales. Enfin, à part une perte d’appétit et une activité légèrement réduite pour certains, aucun effet secondaire n’a été enregistré.

« Nos analyses ont montré que l’organisme des macaques ainsi sauvés avaient développé des anticorps et des cellules immunitaires dirigés contre la glycoprotéine GP, indique Gary Kobinger. Ceci suggère que le ZMab bloque temporairement la réplication du virus, permettant au système immunitaire de s’organiser pour prendre le relais. C'était notre objectif. »

Reste maintenant à trouver le meilleur protocole, en termes de composition, de dosage, de rythme et d’espacements des injections. « D’ici trois ans, nous espérons pouvoir développer un lot d’anticorps aux normes pour un test sur l’homme », conclut Gary Kobinger. Le développement clinique du ZMab a été confié à Defyrus, société de biotechnologie canadienne.


Photo : Les anticorps (points noirs) du traitement anti-Ebola expérimenté se sont fixés sur le virus (ici grossi 80 000 fois) et ont bloqué la multiplication de ce dernier, permettant au système immunitaire d’entrer en action


Jean-Philippe Braly


Source : http://www.larecherche.fr/content/actualite-vie/article?id=32158

Commentaires

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2012-08-26 09:05:39 +0200

Les animaux sauvages (ex: chauves-souris, ..) qui, en certaines régions forestières d'Afrique, sont vraisemblablement les hôtes naturels du virus sans en être malades peuvent le transmettre aux grands singes. Les humains qui sont en contact avec de la "viande de brousse" (singes tués à des fins alimentaires) sont, eux, victimes du virus...

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2014-08-22 10:33:02 +0200

Cette maladie serait survenue en France, on aurait certainement décrété la "destruction" massive des chauves-souris et singes...sans attendre les preuves scientifiques du bénéfice médical d'une telle action très anthropocentrée (cf chamois et brucellose)...Le bon sens amènerait simplement à interdire la consommation de viande de brousse et éventuellement installer des dispositifs émetteurs d'ultra-sons pour éloigner les chauves -souris (elles sont le réservoir, mais quel est le contact direct avec l'Homme? Il doit y avoir un intermédiaire).

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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