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Une étude révèle les dangers d’un maïs génétiquement modifié

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le 20.09.12
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Dans toute démarche scientifique, il faut refaire l'expérience par d'autres et dans un lieu différent. On a là une indiquation qui devrait accentuer le rôle de la recherche publique sur un sujet où le secret commercial est lourd à porter pour travailler sans a priori.

Par ailleurs un autre article décrit les effets des pesticides sur les professionnels  agricoles   dans l'émergence de Parkinson: http://www.humanite-biodiversite.fr/doc/le-lien-entre-la-maladie-de-parkinson-et-les-pesticides-officiellement-reconnu

Que faire donc pour lutter contre la pyrale du maîs....et autres maladies des plantes?

Voici l'article:

"Une étude scientifique, publiée ce 19 septembre dans la très sérieuse revue américaine Food and Chemical Toxicology, montre les effets désastreux d’un maïs génétiquement modifié sur des rats. C’est la première fois dans le monde qu’une étude aussi longue a été réalisée.

Gilles-Eric Séralini vient de lancer un pavé dans la mare des organismes génétiquement modifiés. Ce professeur de biologie moléculaire de l’université de Caen a en effet piloté l’étude «In vivo», montrant que des rats nourris aux OGM déclenchaient 2 à 3 fois plus de tumeurs que les autres, quel que soit leur sexe. Une mortalité de 2 à 3 fois supérieure a même été constatée chez les femelles traitées par rapport aux autres.

Cette étude ambitieuse –la première du genre dans le monde- a été secrètement réalisée pendant deux ans sur 200 rats, répartis en trois groupes différents: l’un nourri avec le seul maïs OGM NK603 (produit par Monsanto), le deuxième avec ce maïs traité au Round-up (l’herbicide auquel il est censé résister), et le troisième avec une alimentation uniquement imprégnée de Round-up.   

Testées à trois doses différentes, les deux substances (OGM et Round-up) étaient introduites dans des proportions représentatives d’un régime alimentaire américain. Ces animaux ont été comparés à un groupe contrôle de rats nourris avec un maïs non GM, proche du NK603, et sans traitement au Round-up.

Mortalité précoce, tumeurs volumineuses, anomalies sévères au niveau des organes dépurateurs (foie, reins)… Les conclusions sont sans appel. L’équipe de scientifiques a constaté qu’un mâle nourri avec l’OGM mourait un an plus tôt, et une femelle 8 mois avant l’animal-témoin. Au 17ème mois, les résultats montrent une mortalité 5 fois supérieure chez les mâles nourris avec 11% de maïs génétiquement modifié -la plus faible dose d’OGM étudiée.

Les mâles sont atteints de tumeurs 20 mois avant les autres. Les femelles en présentent 3 mois avant les autres, principalement au niveau des glandes mammaires. Autre facteur de mortalité, principalement chez les mâles, les atteintes rénales sont jusqu’à 2,3 fois plus fréquentes, les anomalies hépatiques jusqu’à 5,5 fois plus.

Les auteurs notent que les effets constatés ne sont pas proportionnels aux doses d’OGM ou d’herbicides introduites. Pour le Round-up, ils évoquent un possible effet perturbateur endocrinien, à savoir une activité à de très faibles doses. Bien moins compris, l’effet délétère de l’OGM pourrait s’expliquer par le transgène lui-même, l’ESPS synthase. Cette enzyme de synthèse des acides aminés aromatiques perturberait certaines voies métaboliques, notamment celle des œstrogènes, avec un effet sur la cancérogénèse.

Ces travaux, qui ont coûté 3,2 millions d’euros, ont été financés par la fondation Charles-Leopold Meyer et la fondation Ceres, qui regroupe des enseignes de la grande distribution comme Carrefour et Auchan. Ces fonds sont gérés par le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), dont le professeur Séralini préside le Conseil scientifique et Corinne Lepage est la présidente d’honneur.

Aucune étude aussi longue, et avec autant de paramètres, n’avait été menée jusqu’à présent. Les travaux financés par les industriels s’étaient en effet limités à des observations pendant 3 mois.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Les ministres de l’agriculture, de l’écologie et de la santé ont immédiatement saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), et soumis les conclusions de cette étude, pour analyse, au Haut Conseil des biotechnologies. En fonction de l’avis de l’Anses, le gouvernement a ajouté qu’il demanderait aux autorités européennes de prendre les mesures nécessaires, «pouvant aller jusqu’à suspendre en urgence l’autorisation d’importer dans l’UE du maïs NK603», précise un communiqué. 

L’eurodéputé José Bové s’est aussitôt adressé au commissaire européen John Dalli, en charge de la protection des consommateurs, pour demander la suspension immédiate des autorisations de mise en culture des deux OGM autorisés en Europe, le maïs MON810 (Monsanto) et de la pomme de terre Amflora (BASF). Il faut préciser que des clauses de sauvegarde ont déjà été décrétées dans 10 Etats membres sur 27.

«Nous avons demandé à l’Agence européenne de sécurité des aliments de se saisir du dossier. Si des faits scientifiques nouveaux sont démontrés, nous en tirerons les conséquences», a répondu John Dalli. Une conséquence a déjà été tirée puisque Bruxelles gèle l’examen de la demande de renouvellement de Monsanto pour la mise en culture du MON810.

Premier intéressé, le géant américain de l’agroalimentaire n’a toujours pas réagi, estimant simplement «qu’il était trop tôt pour faire un commentaire sérieux sur l’étude française».

«Le crime, c'est que ça n'ait pas été testé avant, que les autorités sanitaires n'aient pas exigé des tests plus longs alors qu'on en est à 15 ans de commercialisation des OGM dans le monde », a conclu Gilles-Eric Séralini.

«Les producteurs d’OGM mènent une bagarre pour qu’il n’y ait pas d’études sur les éventuels effets de leurs produits sur la santé», a précisé Corinne Lepage.

Les agences nationales et européennes de sécurité alimentaire sont désormais au pied du mur. Elles n’ont plus d’autre choix que de lancer, en urgence, des études approfondies

http://www.criigen.org/SiteFr/index.php?option=com_content&task=view&id=414&Itemid=1 

Source :http://www.journaldelenvironnement.net/article/une-etude-revele-les-dangers-d-un-mais-genetiquement-modifie,30758

Commentaires

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2012-09-20 11:07:43 +0200

Selon WIKIPEDIA
Le terme "publication scientifique" regroupe plusieurs types de communications que les chercheurs scientifiques font de leurs travaux en direction d'un public de spécialistes, et ayant subi une forme d'examen de la rigueur de la méthode scientifique employée pour ces travaux, comme l'examen par un comité de lecture indépendant.

La publication de l'étude menée fut médiatique et, livrée au public de façon fracassante donc, en effet, cela demande à être vérifié.
C'est important !

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2012-09-20 13:56:41 +0200

Monsanto et son acolyte Bill Gates sous étude. Va-t-on réussir à les arrêter un jour? Hélas, j'en doute, quand on sait qu'ils ont des laboratoires d'études en Afrique et que Bill Gates est tellement convaincu du bien-fondé de ces expériences qu'il se prend pour le sauveur de l'humanité avec sa Fondation en affirmant que la culture transgénique est la solution à la famine de la planète!!! Il se prend peut-être pour un sauveur mais les retombées économiques vont aussi engraisser sa fondation en passant tout en profitant avec Monsanto des terres africaines pour cultiver tranquillement leur plants OGM.

On a colonisé l'Afrique, on a fait en sorte qu'elle reste pauvre et maintenant, on les empoisonne avec les OGM, pauvre Occident, pauvre humanité :(

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2012-09-20 17:09:57 +0200

POUR QUI VEUT APPROFONDIR CE DOSSIER

1) L'étude (résumé en anglais) :
http://www.sciencedirect.co...
et une autre étude différente et aux résultats différents dans la même revue
http://www.sciencedirect.co...
2) Le maïs NK603
http://www.lemonde.fr/plane...

3) D'autres articles:
- celui de Stéphane Foucart (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/plane...
- celui du journaliste Jean-Yves Nau docteur en médecine, qui a été en charge de la rubrique médecine du Monde de 1980 à 2009. Il tient le blog Journalisme et santé publique sur le site de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) http://www.slate.fr/story/6...
- l'avis de Gérard Pascal, ancien toxicologue spécialiste des OGM à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), http://www.lemonde.fr/plane...
- la mise en cause du militantisme anti-OGM
http://blog.slate.fr/globul...

A VENIR : L'AVIS DE L'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) saisie par le Gouvernement http://www.anses.fr/ ...

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2012-09-20 17:20:47 +0200

De manière générale, il s'agit de plante génétiquement modifiée (PMG). Les OGM concernent aussi les humains et les thérapies géniques. Deuxième point, il faut pour qu'une expérience scientifique soit valable la refaire à partir du même protocole et par des personnes différentes. La question des méthodes statistiques est importante , mais pas première. Que le gouvernement demande à l'ANSES une vérification ou que lE'FSA soit mobilisé est insuffisant. Il faut produire les données brutes et refaire les calculs scientifiques.
En sciences le spectaculaire n'est pas un gage de sérieux.
J'attends donc la suite.
Pour préciser, je suis économiste, je ne travaille pas pour Montsanto, ni la fondation Gates.

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2012-09-20 18:03:56 +0200

CONTRE-EXPERTISE
Gilles-Eric Séralini a dénié toute autorité à l'EFSA, l'agence européenne chargée de la sécurité des aliments, pour mener une contre-expertise sur ses recherches.
http://www.paris-normandie....

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2012-09-20 19:17:16 +0200

Je voudrais aussi répondre à Isabelle. La FAO pense qu'il faut continuer les recherches sur les PGM, notamment sur la résistance des plantes à la sécheresse. Par ailleurs, seuls quelques scientistes forcenés osent affirmer que les PGM sauveront de la famine.
Mais il faut continuer les recherches, devant les doutes et cela avec rigueur et pas sur le mode d'un plan communication média.
Toutes les recherches appliquées ont des applications ambivalentes, comme les médicaments.
Si la Fondation Gates s'occupent des maladies récurrentes dans les pays pauvres peut-on la condamner devant l'impuissance de l'OMS? ..

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2012-09-21 13:15:01 +0200

J'ai su que l'étude avait été évaluée par des pairs, généralement ceci est gage de crédibilité. Par ailleurs, dans cette étude, il n'est pas question de thérapie génique mais bien de maïs transgénique. Je ne crois pas que les gens ait fait l'amalgame, je n'y avais moi-même pas pensé un seul instant. Le problème est que les recherches ne sont pas faits dans ce domaine ou très peu car il y a un trop gros lobbying à ce niveau. Qui ose affronter Monsanto risque de se brûler les ailes.
Monsanto vend des graines génétiquement modifiés à des pays comme le Malawi. Les pays doivent acheter deux fois plus d'engrais pour les cultiver. Les paysans testent leurs produits et ensuite sont tributaires de la compagnie et doivent acheter leurs engrais.

Quand on voit que des variétés de plantes sont interdites sur les catalogues par l'Union européenne et que d'un autre côté on favorise la culture transgénique, où est la biodiversité dans tout cela?

En ce qui concerne Bill Gates, il serait alors un scientiste forcené car dans l'entrevue que j'ai vu il était extrêmement convaincu de ses dires et partait en croisade contre la famine planétaire en donnant son soutien à Monsanto en Afrique avec ses laboratoires sur la culture OGM, il achète également 500 000 actions de la société Monsanto.

Il y a danger quand un philanthrope aussi riche que Bill Gates s'associe à une entreprise telle que Monsanto.

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2012-09-21 13:19:59 +0200

Je voulais aussi souligner qu'en matière de spectaculaire, une annonce de ce genre ne pouvait pas tomber dans l'oreille d'un sourd. La diffusion de cette information ne pouvait avoir que des retombées explosives étant donné que l'information véhiculée est elle-même de nature explosive.

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2012-09-21 13:50:20 +0200

Isabelle, on rentre maintenant dans la contre expertise.
On attend les résultats.
Gates a dit , je vous crois, les PGM sauveront l'humanité de la famine, aucun agronome ne dit cela.
Par contre dans l'étude de Séraldini, on voit la confusion entre le temps médiatique et de le temps de la recherche et les dégâts dans l'opinion des gens. Ce matin, on me questionnait dans mon village sur la viande et les PGM sur le thème de la peur.

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2012-09-22 15:13:00 +0200

Un autre projet (Arche de Noé végétale du Svalbard en Norvège) que l'on pourrait penser extraordinaire pour son côté altruiste dans le souci de conserver le patrimoine végétal de la planète jusqu'à ce que l'on se rende compte que certains qui financent ce projet depuis sa création : Fondation Rockefeller, la Fondation Bill et Melinda Gates, les sociétés Monsanto et Syngenta.
Quels intérêts ces noms ont à financer un tel projet?

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2012-09-22 15:37:41 +0200

Deuxième réponse à Isabelle, le principe d'une fondation est de faire appel à des fonds privés, celle le cas pour l'art, la médecine et la recherche.
La question qui se pose alors est celle de la gouvernance et des conflits d'intérêts.

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2012-09-24 11:16:46 +0200

Je me méfie, en tant que scientifique du spectaculaire, vous vous souvenez, Isabelle, de l'erreur du CERN, qui pensait avoir expérimenté une vitesse supérieure à la théorie d'Einstein.
Erreur reconnu aussitôt, mais dont le Journal Le Monde avait fait son éditorial, en ventant la capacité des physiciens à faire leur critique...contrairement aux économistes.
Mais l'instrument de mesure du CERN était mal réglé, malgré des centaines de personnes sur l'opération.
Ceci étant la science avance par rupture, mais dans la rigueur. Certaines sciences sont à savoir cumulatif, d'autres fonctionnent sur des hypothèses non observables.

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2012-09-24 12:45:10 +0200

Je me souviens de cette affaire Bompard et je me souviens aussi de l'affaire Pusztai quand ce scientifique s'est fait limogé après les résultats de ses études sur les pommes de terre transgéniques. Je suis d'un naturel sceptique et les théories scientifiques sont toujours sujettes à être réévaluées et contredites, c'est ce qui fait aussi avancer la science. L'étude en question sur le maïs NK 603 est sujet à controverse et c'est normal, moi-même étant sceptique sur les résultats. Ce que je ne comprends pas, c'est toute cette polémique entre les pros et les contres. La non transparence et les attaques répétitives quand il s'agit d'oser mettre en cause cette technique et le pouvoir omnipotent de ces industrie comme Monsanto qui se permettent de faire la pluie et le beau temps sans que personne ne puisse les interpeller et remettre en cause leurs agissements. Ce que je regrette, c'est justement le manque d'éthique et de réflexion face à ces nouvelles technologies. Comme je pars du principe "qu'il vaut toujours mieux prévenir que guérir", je préfère quand il existe des garde-fous. J'aimerais qu'il y ait plus de comités de réflexions se posant des questions sur la nocivité ou l'innocuité de certaines techniques. Sur les valeurs de l'humanité s'interrogeant sur le progrès scientifique et les avancées dans différents domaines pouvant être à risque pour l'environnement, la biodiversité et la santé.

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 225675
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 171778
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 62651
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 16943
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 9376
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 202090

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