POPULARITÉ
298

Une piste pour concevoir des bâtiments plus écologiques ?

Éditer
Publié dans
le 25.03.19
Image

Deux études montrent qu’un système de pores dans les parois des termitières garantit l’évacuation du dioxyde de carbone et l’isolation thermique.

Dans le monde animal, les termites ont la réputation d’être des bâtisseurs hors pair. Dépassant parfois plusieurs mètres de hauteur, les termitières sont des structures où la température, l’humidité et la concentration de dioxyde de carbone sont finement régulées.
Comment les insectes parviennent-ils à bâtir des habitats aussi performants ?
Deux équipes, celle de Lakshminarayanan Mahadevan, de l’université Harvard, aux États-Unis, et celle de Guy Theraulaz, du Centre de recherches sur la cognition animale, à Toulouse, se sont penchés sur la question. Leurs résultats inspireront peut-être le développement bâtiments plus écologiques.

Dans certaines colonies, les termites cultivent des champignons. L’évacuation du dioxyde de carbone produit par cette activité se fait par de petites ouvertures d’environ un millimètre dans les parois externes, que les termites ouvrent régulièrement. Mais dans les termitières dépourvues de cultures de champignons, ces orifices sont absents. Comment le dioxyde de carbone est-il alors régulé ?

Guy Theraulaz et ses collègues ont étudié deux termitières construites par la même espèce Trinervitermes germinatus, l’une au Sénégal et l’autre en Guinée. Ils ont d’abord numérisé la structure interne des constructions à l’aide d’un scanner aux rayons X avec une résolution d’environ 0,5 millimètre. Les deux termitières présentent globalement les mêmes propriétés. Les différences, comme l’épaisseur des parois externes, pourraient être liées au fait que le matériau de construction est différent – plus argileux dans le site guinéen.

Les parois ont été examinées plus en détail. Les échantillons analysés par microtomographie aux rayons X présentent des pores de quelques micromètres à une centaine de micromètres. Ces pores sont le résultat de la façon dont les termites construisent les parois. Les insectes forment des petites boulettes de terre mélangées à de la salive qu’elles collent les unes aux autres. Les pores les plus petits se formeraient dans les boulettes individuelles, tandis que les pores les plus grands sont les interstices entre les boulettes. Les chercheurs ont observé que les pores de grande taille sont interconnectés : la perméabilité des parois est ainsi augmentée, ce qui facilite les échanges gazeux.

Par ailleurs, comme les pores sont remplis d’air et que celui-ci est un bon isolant thermique, les parois assurent aussi la thermorégulation de la termitière. La diffusion de la chaleur du soleil vers l’intérieur de la termitière est réduite, ce qui empêche la surchauffe et assure le maintien d’une température constante.

Dernier avantage de la présence des pores de grande taille : ils réduisent de 11 à 14 % la quantité de matériau nécessaire pour construire la termitière ; de quoi bâtir plus vite une structure aussi plus légère.

Autant d’idées pour inspirer les architectes ?

Vignette: Des termitières construites par des termites magnétiques (Amitermes meridionalis), en Australie.
© Shutterstock.com/Stanislav Fosenbauer

Commentaires

À propos de l'auteur

La nature ... plus d'un demi-siècle que je prends une part active à sa défense. … Et depuis 1976, j'accompagne l'action de l'association devenue "Humanité et Biodiversité". J'en suis administratrice… Nelly Boutinot

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 740051
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 321298
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 130449
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 53004
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 32471
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 339374

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy