Colloque interdisciplinaire des 9 et 10 décembre 2016 à Paris
 

Le colloque

 
Pourquoi ce colloque ?

L’objectif général du colloque est  de cerner, afin de l’approfondir et de la mettre en débat, une question qui apparaît centrale pour fonder les actions et les prises de position sur la « bonne » gestion du vivant : en quoi cette notion relativement récente de biodiversité, et les différents concepts scientifiques mais aussi politiques qu’elle a introduits vis-à-vis de notre vision de la nature vivante, amène-t-elle à revisiter, à compléter, voire à remettre en cause les conceptions éthiques « classiques » qui avaient été élaborées dans le monde occidental pour penser les relations entre les humains et les autres êtres vivants ?

Ce colloque s’organisera autour de trois axes d’approche complémentaires.

Nous partirons d’une analyse de la conception que nous avons dans nos sociétés de nos relations avec la nature et de la manière dont nous justifions la légitimité de nos actions vis-à-vis d’elle. Nous interrogerons, dans une perspective à la fois historique et anthropologique, cette conception « dualiste », séparant nettement l’homme du reste de la nature, qui caractérise les sociétés occidentales actuelles mais ne constitue nullement un modèle unanimement partagé sur notre planète. Nous évoquerons en particulier l’inadéquation de cette conception pour concevoir une gestion de la nature intégrant les concepts actuels de la biodiversité.

Un second angle d’approche du colloque s’appuiera sur une mise en perspective des conflits à propos de la nature et des valeurs mobilisées par les protagonistes de ces conflits. Nous partirons du constat d’une transition progressive, à partir du 19ème siècle, de conflits d’usage, à propos de ressources convoitées par divers utilisateurs antagonistes mais partageant les mêmes valeurs, vers des conflits de valeurs, mobilisant aussi des valeurs de non-usage et fondées sur des conceptions opposées de nos relations avec la nature. Le colloque s’interrogera sur la capacité du droit, de l’économie ou d’autres approches à prendre en compte ses conflits de valeurs et à proposer des cadres éthiques permettant d’arbitrer ces conflits.

Enfin, la question de la persistance du modèle dualiste et de son lien avec l’humanisme et ses valeurs sera interrogée. La vision actuelle de la biodiversité propose en effet une double « déconstruction » en présentant, d’une part, l’homme comme une simple composante contingente de la biosphère et, d’autre part, l’état actuel de cette biosphère comme un état transitoire d’un processus dynamique pour lequel la notion d’un « état de référence » fondée sur des lois écologiques ne saurait s’imposer. Cette re-présentation ne risque-t-elle pas de déresponsabiliser l’homme et n’ouvre-t-elle pas la porte à un certain relativisme ? Comment dans ce cadre mettre en place, à différentes échelles, des dispositifs permettant de construire, avec la diversité des acteurs, des politiques de « ménagement » durable de la biodiversité, y compris sur le plan de l’équité sociale ?

 

Comité d'organisation

Michel Badré, Administrateur Humanité & Biodiversité
Rémi Beau, Philosophe Université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense
Sandrine Bélier, Directrice Humanité & Biodiversité
Bernard Chevassus-au-Louis
, Président Humanité & Biodiversité
Bernard Labat, Chargé de mission Humanité & Biodiversité
Catherine Larrère, Philosophe, Professeure émérite Université Paris I
Gilles Pipien, Administrateur Humanité & Biodiversité

Ce colloque a été organisé avec l'appui d'étudiants d'AgroParisTech (Laboratoire ESE Orsay) et du Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable (REFEDD).
 

Comité scientifique

Michel Badré, Administrateur Humanité & Biodiversité
Rémi Beau, Philosophe Université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense
Valérie Boisvert, Economiste Université de Lausanne
Bernard Chevassus-au-Louis, Président Humanité & Biodiversité
François Colson, Ingénieur agronome Agrocampus Ouest
Nathalie Frascaria-Lacoste, Ecologue, Professeure à AgroParisTech
Julien Gauthey, Socio-économiste Onema
Vincent Graffin, Muséum national d'Histoire naturelle
Bernard Labat, Chargé de mission Humanité & Biodiversité
Catherine Larrère, Philosophe, Professeure émérite Université Paris I
Raphael Larrère, Agronome et Sociologue
Gilles Martin, Juriste, Professeur émérite Université Côte d'Azur
Baptiste Morizot, Epistémologue de la biologie Université Aix Marseille
Gilles Pipien, Administrateur Humanité & Biodiversité
Sébastien Treyer, Economiste

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